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Dépistage de l’hypovitaminose D en médecine générale : évaluation d’un score d’exposition solaire et d’une échelle visuelle analogique chez 79 adultes - 16/06/16

Doi : 10.1016/j.nupar.2016.04.039 
B. Lagoutte 1, , D. Picot 1, C. Bendavid 2, G. Coiffier 3, F. Beuneux 4
1 Nutrition, clinique Saint-Yves, Rennes, France 
2 Biologie, CHU, Rennes 
3 Rhumatologie, CHU, Rennes 
4 Médecine générale, Vern-sur-Seiche, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction et but de l’étude

Selon l’étude nationale nutrition-santé, 4,8 % des Français sont carencés en vitamine D et 80 % en insuffisance. En 2012, 8 millions de dosages ont coûté 144 M€ ; en 2014, la HAS a restreint les remboursements. Le but était d’évaluer et de valider une échelle visuelle analogique (EVA) et un score clinique d’exposition solaire, pour le dépistage de l’hypovitaminose D chez des adultes, en Ille-et-Vilaine, en utilisant comme référence le dosage sérique de la 25(OH)D ([25(OH)D]).

Matériel et méthodes

Étude transversale, quantitative, réalisée par des médecins généralistes de janvier à mai 2013. Population étudiée se composait d’adultes de 18 à 65ans chez qui un dosage de vitamine D avait été prescrit. Les critères d’exclusion étaient : grossesse, pathologies chroniques, forte pigmentation cutanée, prise de médicaments inducteurs d’ostéoporose, supplémentation en vitamine D au cours des 12 derniers mois. Un questionnaire d’exposition solaire de 9 items a été élaboré (après revue de la littérature) et une échelle visuelle analogique a été utilisée pour quantifier l’insolation. L’enquête était contemporaine du dosage de vitamine D ; la carence était définie par une concentration sérique de [25(OH)D]<10ng/mL, et l’insuffisance correspondait à une [25(OH)D]<30ng/mL. L’analyse comportait le calcul du coefficient de corrélation de Spearman (rs) entre la concentration sérique de [25(OH)D] et chaque item du questionnaire et entre la [25(OH)D] et l’EVA. Les trois items du questionnaire les mieux corrélés à la [25(OH)D] ont été sélectionnés, x correspondait à la somme des items 1,3 et 5 : y=x×(1[n×0,05]) où n est le nombre de mois depuis l’exposition solaire. On obtient un score=EVA+y. Les sensibilité (Se), spécificité (Sp) avec leur intervalle de confiance à 95 %, valeur prédictive positive (VPP), négative (VPN), rapports de vraisemblance positif (L) et négatif (λ), courbes ROC de l’EVA et du score, aire sous la courbe (AUC), choix de la valeur discriminante (Vdi) ont été calculés et un arbre décisionnel.

Résultats

Neuf médecins généralistes ont fait remplir 103 scores. Soixante-dix-neuf patients ont été étudiés (24 H et 55 F, 44±12ans), 11 patients ont été exclus et 13 n’ont pas réalisé le dosage. Résultats de la [25(OH)D] (moyenne±écart-type) : 20,2±8,1ng/mL, (médiane±IQ) : 19,1±9,1ng/mL. Cinq patients étaient carencés(6 %), 66 était en insuffisance(84 %). EVA pour le dépistage de la carence (rs=0,42 [p<0,001]). Pour Vdi=3, Se=1,00 [0,51–1,00], Sp=0,91 [0,81–0,96], VPP=0,42, VPN=1,00, L=10,6, λ=0,0, AUC : 0,96 [0,90–1,00]. Score pour le dépistage de l’insuffisance (rs=0,52 [p<0,001]). Pour Vdi=9,7, Se : 0,76 [0,65–0,85], Sp : 0,88 [0,51–0,99], VPP=0,98, VPN=0,29, L=6,09, λ=0,27, AUC : 0,85 [0,75–0,94]. Arbre décisionnel : Si EVA<3, le patient est carencé, le supplémenter en vitamine D sans dosage. Si EVA3, réaliser le score. Si score<9,7, le patient est en insuffisance de vitamine D, le supplémenter sans dosage. Si score9,7, prescrire le dosage de vitamine D selon le contexte clinique.

Conclusion

Le dosage plasmatique de la vitamine D doit être réservé à des indications pertinentes. L’EVA<3 dépiste la carence en vitamine D et le score<9,7 (EVA+3 questions) dépiste l’insuffisance. Ils permettent de prescrire une supplémentation sans dosage de la 25(OH)D. Cet outil simple est utilisable en médecine générale.

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Vol 30 - N° 2

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