Description de l'environnement domestique et études épidémiologiques sur les pathologies respiratoires - 02/03/08
B. CLARISSE [1],
N. SETA [1],
A. EL HASNAOUI [2],
P. TERRIOUX [3],
I. MOMAS [1]
Voir les affiliations| pages | 22 |
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Position du problème : L'environnement domestique peut influer sur la santé respiratoire des individus. L'objectif de cet article est de faire la synthèse des études épidémiologiques évaluant le rôle des pollutions intérieures sur l'asthme et l'atopie, d'analyser les modalités de caractérisation du domicile et de présenter l'impact sanitaire des facteurs de risque considérés et les résultats de la confrontation entre données issues des questionnaires et des mesurages environnementaux.
Méthodes : La recherche bibliographique menée sur la base de données Medline, depuis 1990, a permis de répertorier 32 publications, concernant majoritairement les enfants. L'état de santé est objectivé par des examens médicaux ou caractérisé par des questionnaires relatifs aux symptômes ressentis. Pour décrire l'environnement domestique, toutes les études utilisent un questionnaire, éventuellement associé à des mesurages environnementaux.
Résultats : Les résultats indiquent, pour certains facteurs, des relations homogènes avec la santé respiratoire. Ainsi, les prévalences de différents signes asthmatiformes augmentent avec une exposition aux allergènes domestiques, au tabagisme passif, avec un logement humide ou certains types et modalités d'entretien de la literie. Les niveaux intérieurs de polluants chimiques liés à l'existence de peintures récentes sont également associés à divers symptômes respiratoires. À l'inverse, pour d'autres facteurs de l'environnement domestique, évalués de façon moins standardisée, la relation avec la fréquence des symptômes respiratoires s'avère inconstante. Il s'agit du cadre de vie des sujets, du mode de chauffage ou de cuisson des aliments, de l'équipement de l'habitat en humidificateur, en système de traitement de l'air ou de ventilation, de la présence d'animaux domestiques ou de moquettes au domicile.
Conclusions : Au regard de l'analyse de la bibliographie, il apparaît une disparité des modalités d'étude de l'environnement domestique, selon les polluants considérés. Dans ce contexte, nous proposons d'utiliser les questionnaires déjà validés pour le tabagisme passif, l'humidité du domicile et la présence d'animaux domestiques, éventuellement associés à des mesurages environnementaux pour les sources d'allergènes liées à l'habitat. En revanche, il nous semble nécessaire d'élaborer de nouveaux questionnaires pour évaluer l'exposition aux polluants chimiques, encore peu étudiés, et avant toute étude épidémiologique, de valider ces questionnaires par rapport à des mesurages environnementaux.
Background : Indoor environment can be partly responsible for respiratory health. The aim of this paper is to summarize epidemiological studies dealing with the relations between indoor pollutions and asthma or atopy, to analyze the ways of characterization of the dwellings and to expose health effects of the studied risk factors and results of the confrontation between data issued from questionnaires and from environmental measurements.
Methods : Thirty two papers were listed on Medline data base since 1990. These are mainly case-control studies and cross-sectional surveys and most often concern children. The health status is objectively evaluated by medical examinations or indirectly characterized by questionnaires on symptoms. All the studies use a questionnaire to describe indoor environment while some environmental measurements, mostly of biological pollutions, could be realized simultaneously.
Results : Some associations between different characteristics of the dwellings and respiratory symptoms are commonly found. Thus, exposure to allergens of the dwellings, environmental tobacco smoke, home dampness or characteristics and cleaning of the bedding increase the prevalence of respiratory symptoms. Residential exposure to chemical pollutants, due to the existence of recent paints are also related to different respiratory symptoms. By contrast, for other indoor risk factors, without standardized evaluation, the impact on respiratory health is inconstant. These factors are sociodemographic environment, heating and cooking installations, use of a humidifier, treatment air system or ventilation system, wall-to-wall carpets or pets at home.
Conclusions : On examining this review literature, disparity in description of the indoor environment, depending on the studied pollutants, is pointed out. That is why we advice to use ever validated questionnaires to evaluate environmental tobacco smoke, home dampness and presence of pets, in association with environmental measurements to study indoor sources of allergens. Conversely, to evaluate the home exposure to chemical pollutions poorly studied today, some new questionnaires have to be elaborated and validated with regard to environmental measurements before being used in epidemiological studies.
Mots clés :
Environnement intérieur
,
Asthme
,
Atopie
,
Maladies respiratoires
,
Étude épidémiologique
Keywords: Indoor environment , Asthma , Atopy , Respiratory diseases , Epidemiological study
Plan
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Vol 50 - N° 2
P. 179-200 - avril 2002 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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