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Complications à long terme des injections massives de silicones non médicaux : étude clinique et cytologique chez 77 transgenres - 23/11/16

Doi : 10.1016/j.annder.2016.09.184 
C. Bertin 1, , R. Abbas 2, V. Andrieu 3, F. Michard 4, C. Rioux 4, V. Descamps 1, Y. Yazdanpanah 4, F. Bouscarat 5
1 Dermatologie, hôpital Bichat, France 
2 Département de biostatistiques, hôpital Bichat, France 
3 Hématologie, hôpital Bichat, France 
4 Maladies infectieuses et tropicales, hôpital Bichat, France 
5 Dermatologie, hôpital Bichat et CEGIDD, AP–HP, Paris, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

Les injections de silicones (IS), très pratiquées chez les transgenres (TG) peuvent entraîner des complications aiguës emboliques, des infections et des manifestations inflammatoires plus chroniques (« siliconomes »). Nous rapportons les données d’une étude transversale pilote évaluant la diffusion sanguine des silicones dans les monocytes circulants, et les complications dermatologiques observées chez ces patients.

Matériel et méthodes

Tous les TG consultant de Juin à novembre 2015 en dermatologie et maladies infectieuses ont été inclus après consentement. Les données démographiques (atcd médico-chirurgicaux, statut VIH, co-infections, prise d’hormones, prothèses mammaires et IS), cliniques (complications locales ou à distance des sites injectés), cytologiques (frottis sanguin : recherche et quantification de vacuoles intracellulaires, proportion de monocytes « vacuolisés ») immunovirologique (CD4, ARN VIH plasmatique), et paramètres d’inflammation (CRP, ferritine) ont été recueillies. Les variables quantitatives étaient comparées par test de Wilcoxon, les variables qualitatives par test exact de Fisher (Logiciel R Stat 3.0).

Résultats

Au total, 77 TG étaient inclus : âge moyen : 40ans (20–68), 79 % étaient VIH+, traités et bien contrôlés (645 CD4±268, ARN-VIH bas ou indétectable). Les TG VIH+ étaient plus âgés (42 vs. 35 ans ; p=0,002). Tous les TG avaient reçu des IS, non médicales (93 %), en quantité variable (4±2,79l, 0,5–15l), principalement dans les hanches et les fesses, en moyenne 16 ans avant (2–36 ans) et présentaient au moins une complication : migration-varices (MV) 70 %, pigmentation-inflammation 56 %, infection-abcès 14 %. Le statut VIH n’influait pas sur le type de complications notées. La présence de MV était associée à l’ancienneté des injections (17 vs. 13ans ; p=0,025). Tous les frottis montraient des vacuoles monocytaires (94 % des monocytes, moyenne 8,6 vacuoles/monocyte [3–14]). La présence de vacuoles n’était pas corrélée aux paramètres suivants : volume des IS, délais/injections, statut VIH, taux de CD4, paramètres inflammatoires. Le nombre de vacuoles/monocyte était plus élevé chez les sujets VIH- (10 vs. 8 ; p=0,035)

Discussion

Cette étude pilote confirme la prévalence élevée des complications dermatologiques des IS chez les TG et montre la présence la diffusion et la persistance chronique voire définitive du silicone dans le sang après IS. Le terme silicone englobe des substances diverses. Une caractérisation des produits injectés, du phénotype et de la fonctionnalité de ces monocytes « saturés » vont faire l’objet d’études complémentaires.

Conclusion

La diffusion systémique des silicones dans l’organisme après IS et la persistance chronique de silicone circulant intramonocytaire est inévitable. Les conséquences immunologiques de cette saturation restent à déterminer. Un message de prévention doit être diffusé pour éviter ces pratiques et prévenir les complications.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Silicone, Transgenres, VIH


Plan


 Les illustrations et tableaux liés aux abstracts sont disponibles à l’adresse suivante : http://dx.doi.org/10.1016/j.annder.2016.10.003.


© 2016  Publié par Elsevier Masson SAS.
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Vol 143 - N° 12S

P. S165 - décembre 2016 Retour au numéro
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