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L’addiction à l’alimentation : définition, mesure et limites du concept, facteurs associés et implications cliniques et thérapeutiques - 19/12/16

Doi : 10.1016/j.lpm.2016.03.014 
Sarah Cathelain 1, 5, Paul Brunault 1, 2, 3, , 5 , Nicolas Ballon 2, 3, 4, Christian Réveillère 1, Robert Courtois 1, 3
1 Université François-Rabelais de Tours, département de psychologie, EA 2114, « psychologie des âges de la vie », 37041 Tours, France 
2 CHRU de Tours, équipe de liaison et de soins en addictologie, 37044 Tours cedex 09, France 
3 CHRU de Tours, clinique psychiatrique universitaire, 37044 Tours cedex 09, France 
4 Université François-Rabelais de Tours, UMR Inserm U930 ERL, 37200 Tours, France 

Paul Brunault, CHRU de Tours, Équipe de liaison et de soins en addictologie, 2, boulevard Tonnellé, 37044 Tours, France.

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Résumé

Les addictions, qui se caractérisent par une impossibilité à contrôler un comportement malgré la connaissance de ses conséquences négatives, ont des déterminants biologiques, psychologiques et sociaux.

S’il est désormais bien démontré qu’il est possible de développer une addiction vis-à-vis de certaines substances psychoactives (i.e., alcool, tabac, cannabis) et de la pratique des jeux de hasard et d’argent (i.e., jeu pathologique), la possibilité de développer une addiction sans drogue (ou addiction comportementale) vis-à-vis d’autres comportements sources de plaisir (i.e., alimentation, conduites sexuelles, achats) est encore débattue.

Le concept d’addiction à l’alimentation, qui fait référence à une relation de dépendance d’un individu vis-à-vis de certains aliments riches en graisse ou en sucre, a été récemment proposé en appliquant au comportement alimentaire les critères DSM de dépendance à une substance.

Pour mesurer l’addiction à l’alimentation, la Yale Food Addiction Scale est actuellement l’auto-questionnaire de référence (diagnostic d’addiction à l’alimentation et évaluation du nombre de symptômes d’addiction à l’alimentation).

L’addiction à l’alimentation est plus fréquente chez les patients obèses, chez les patients présentant certaines caractéristiques psychopathologiques (dépression, trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité, forte impulsivité), célibataires ou encore, qui présentent certaines altérations neurobiologiques du système de la récompense. Il n’est par contre pas démontré à l’heure actuelle que ce trouble soit systématiquement responsable d’une prise de poids et/ou d’une obésité.

Un nombre croissant de travaux soulignent les proximités cliniques, neurobiologiques et en termes de facteurs de risque (biologiques, psychopathologiques, socioculturels) entre l’addiction à l’alimentation et les autres addictions. Afin de tester la pertinence de considérer l’addiction à l’alimentation comme une addiction à part entière, il serait intéressant de réaliser des études auprès de patients pouvant présenter d’autres dommages que l’obésité : patients souffrant de syndrome métabolique, diabète de type 2, hypertension, dyslipidémie, athérosclérose, accident vasculaire cérébral ou cardiopathie ischémique.

L’addiction à l’alimentation est un concept clinique multidimensionnel qui requiert une prise en charge intégrative impliquant des axes psychothérapeutiques, pharmacologiques et sociaux. L’intérêt de ce concept réside également dans ses implications en termes de prévention et de santé publique, via par exemple la possibilité de mesures de prévention précoces ciblées sur les patients vulnérables (informations et interventions précoces, voire réglementation).

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Summary

Addictions, which are characterized by the inability to control a behavior despite existence of physical or psychological consequences, have biological, psychological and social determinants.

Although the possibility of developing an addiction to some psychoactive substances (e.g. alcohol, tobacco, cannabis) and to gambling (i.e., gambling disorder) is now well demonstrated, the possibility to develop a non-drug addiction (i.e., behavioral addiction) to certain behaviors which provide pleasure (e.g. eating, having sex, buying things) is still in debate.

The concept of food addiction, which refers to people who exhibit substance dependence criteria in relation to some high-fat and high-sugar foods, was recently proposed by applying substance dependence DSM criteria to eating behavior.

To assess food addiction, the Yale Food Addiction Scale is now the only self-administered questionnaire (diagnosis and estimate of the number of symptoms of food addiction).

Prevalence for food addiction is higher in overweight and obese patients, and in patients with certain psychopathological characteristics (i.e., depression, Attention Deficit Hyperactivity Disorder, high impulsivity), in patients who are single and in patients with neurobiological alterations in the reward system. However, it is still unclear whether food addiction is necessary associated with subsequent increase in body weight and/or obesity.

An increasing number of studies demonstrated that drug addiction and food addiction shares some similar clinical, neurobiological and psychopathological and sociocultural risk factors. To test the pertinence to include food addiction as an addiction, it would be interesting to conduct future studies in patients who may experience harms related to their food addiction, including not only patients with obesity, but also patients with metabolic syndrome, type 2 diabetes, hypertension, dyslipidemia, atherosclerosis, stroke, or coronary heart disease.

Food addiction is a clinical and multidimensional concept which requires integrated care with psychotherapy, pharmacological and social lines of approach. This concept has also practical implications in terms of prevention and public health (e.g., prevention, brief interventions, possible law enforcement regarding some kinds of food which could present some addictive properties).

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Vol 45 - N° 12P1

P. 1154-1163 - décembre 2016 Retour au numéro
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