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La dynastie Vulpian face à l’école Charcot - 28/01/17

Doi : 10.1016/j.neurol.2016.12.007 
Bernard Brais  : Professeur titulaire de Neurologie et Génétique
 Institut neurologique de Montréal, Université McGill, Montréal, Québec, Canada 

Résumé

Il existe plusieurs traditions neurologiques en Europe. En France, l’École de la Salpêtrière fondée par Jean-Martin Charcot et Alfred Vulpian a toujours exercé une prééminence depuis sa fondation en 1862. Suivant le départ de Vulpian de l’hospice en 1869, c’est Jean-Martin Charcot qui devint le seul dirigeant de ce regroupement qui exercera pendant un quart de siècle une dominance en neurologie en Europe. Qui dit école, dit enseignement et Charcot fut sans conteste le plus illustre professeur de neurologie de sa génération. Son enseignement était couru par des médecins et des célébrités françaises comme internationales. Qui dit école, dit aussi élèves. Charcot est reconnu comme un maître qui a su assurer à ses meilleurs élèves l’accès aux postes hospitaliers et universitaires. Jules Dejerine et Augusta Klumpke ont suivi l’enseignement de Charcot et ont fréquenté plusieurs de ses élèves. Mais ce suisse et cette américaine ont plutôt trouvé havre scientifique pour leur développement au sein de l’équipe d’Alfred Vulpian. L’influence de Vulpian sur la carrière de Dejerine fut déterminante. L’association professionnelle et matrimoniale de celui-ci avec Augusta Klumpke, une des plus brillantes neuropathologistes de sa génération, plaça le couple en directe compétition avec certains élèves de Charcot dans la course aux postes dans la Ville Lumière. Ces rivalités contribuèrent à faire apparaître une nouvelle tradition neurologique à Paris, qui même si moins marquante par son influence que celle de Charcot a malgré tout assuré une diversité de vues sur la pratique et la recherche neurologique. Trois événements historiques forts ont fait ressortir au grand jour la rivalité grandissante entre Dejerine et l’école de Charcot et en particulier son contemporain Pierre Marie. Pendant le deuxième concours d’agrégation de Dejerine en 1886 la perception que le neurologue suisse était un rival de certains des élèves de Charcot fut discutée non seulement dans les corridors de la Faculté mais même sur la place publique (Figure 1). Le débat sur l’aphasie qui opposa Marie au tandem Klumpke et Dejerine fut aussi fait sous le signe d’une rivalité grandissante. La triste expulsion de la Salpêtrière de Madame Dejerine suite au décès de son mari par Pierre Marie imprimera sur les successeurs de la tradition Vulpian-Dejerine-Klumpke une certaine marginalité qui trouva son sens pour plusieurs dans une poursuite d’une neurologie ultra-scientifique où la réalisation professionnelle passera plus par la découverte scientifique de laboratoire que la carrière de grand professeur enseignant et clinicien. Malgré les épisodes plus noirs de cette rivalité, les sciences neurologiques françaises ont bénéficié de ces deux traditions qui favorisèrent une plus grande diversité des contributions à la neurologie.

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 Abstract de colloque Jules Dejerine : publication bilingue (version française).


© 2016  Publié par Elsevier Masson SAS.
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Vol 173 - N° S1

P. S6 - février 2017 Retour au numéro
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