Intoxications aiguës lors de l’usage détourné des médicaments antitussifs et antihistaminiques chez les adolescents et jeunes adultes : étude à partir des données du CAPTV de Toulouse - 01/03/17
, Émilie Jouanjus 2, Margaux Lafaurie 2, 3, Camille Ponté 2, Geneviève Durrieu 3, Maryse Lapeyre-Mestre 2, Nicolas Franchitto 1, 4Résumé |
Introduction |
L’utilisation détournée de médicaments antitussifs à des fins récréatives a été mise en évidence ces dernières années chez les adolescents et les jeunes adultes. L’ANSM a ainsi publié en 2014 une information de mise en garde concernant le détournement de sirops à base de dextrométhorphane, et plus récemment en mars 2016, sur la consommation de « purple drank », une boisson composée de sirops à base de codéine, de prométhazine et de soda. Afin d’évaluer les risques toxicologiques liés à ces comportements, nous avons étudié de façon rétrospective de 2013 à 2015 les cas d’intoxications ayant fait l’objet d’un appel au Centre antipoisons et de toxicovigilance (CAPTV) de Toulouse.
Méthodes |
Les intoxications associées à l’utilisation des spécialités contenant de la codéine (sauf associations, formes sirop exclusivement), du dextrométhorphane, de l’alimémazine, de la noscapine, de l’oxomémazine ou de la prométhazine, survenues entre le 01/01/2013 et le 31/12/2015 ont été extraites à partir de la base nationale des cas d’intoxication (BNCI) du système d’information des centres antipoisons (SICAP) de Toulouse. Les critères d’inclusion étaient un âge compris entre 10 et 25 ans et l’utilisation du médicament à des fins récréatives.
Résultats |
L’extraction des données du SICAP a permis de recenser 12 cas d’exposition en Midi-Pyrénées, chez des patients âgés de 13 à 22 ans. Les médicaments impliqués étaient majoritairement le dextrométhorphane (7 cas), puis l’alimémazine (4 cas) et la codéine (1 cas). Onze patients sur 12 ont été hospitalisés, principalement lors de consommation de dextrométhorphane, pour lequel les cas les plus sévères ont été recensés. Ces patients ayant consommés du dextrométhorphane ont ainsi tous présenté des atteintes neurologiques (confusion, agitation, ataxie, somnolence et/ou myoclonie). Cinq patients ont présenté une mydriase bilatérale et 3 patients des signes cardiovasculaires (tachycardie et/ou hypertension). Enfin, un patient retrouvé inconscient (score de Glasgow=6) et présentant une hyperthermie (38,7°C) a été intubé dans un service de soins intensifs.
Discussion |
Les cas identifiés dans la BNCI du SICAP de Toulouse révèlent l’existence d’un détournement d’usage des spécialités antitussives et antihistaminiques par des adolescents et jeunes adultes en Midi-Pyrénées, parmi lesquelles les spécialités à base de dextrométhorphane semblent entraîner les intoxications les plus sévères.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Plan
Vol 72 - N° 1
P. 146 - février 2017 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
