État des lieux des consommations problématiques de substances psychoactives à La Réunion et à Mayotte - 01/03/17
, Amélie DaveluyRésumé |
Introduction |
Le plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les conduites addictives 2013–2017 comporte plusieurs actions concernant l’outre-mer, notamment renforcer l’information sur la pharmacodépendance. La mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILD&CA) a missionné le centre d’addictovigilance de Bordeaux pour renforcer les échanges sur l’addictovigilance avec La Réunion et Mayotte. Cette mission a permis de faire un état des lieux des consommations problématiques dans ces deux départements.
Méthode |
Avant de partir, les différentes personnes impliquées dans l’addictologie à La Réunion et à Mayotte ont été contactées pour prendre rendez-vous. Deux pharmacologues sont partis 4,5jours ouvrables à La Réunion et 2jours à Mayotte. Plus d’une cinquantaine de personnes a été rencontrée ; deux soirées de formation ont été organisées.
Résultats |
La Réunion : l’alcool est la substance psychoactive de loin la plus consommée suivie du zamal, nom local du cannabis. Il y a une forte tradition de détournement de médicaments, notamment trihéxyphénidyle et benzodiazépines. La polyconsommation est fréquente. La méthamphétamine serait apparue depuis 2015 mais sans confirmation analytique. Mayotte : le bangué, nom local du cannabis est la substance la plus consommée. La consommation problématique de « chimique » a émergé en 2012–2013. Cette substance est consommée essentiellement par des jeunes adolescents et jeunes adultes, à l’origine de nombreux cas d’admission aux urgences et de consultations en addictologie en 2015. Il pourrait s’agir de cannabinoïdes de synthèse, mais il n’y a pas toujours de confirmation analytique.
Discussion |
Les rencontres avec les différents intervenants ont permis de cibler sur la nécessité de signaler les cas nouveaux ou graves afin que les particularités de ces 2 départements soient mieux prises en compte dans les données françaises. Les contacts existant entre le Centre d’addictovigilance et les structures d’addictologie des deux départements ont été renforcés. Il est important de mettre en place des circuits d’analyse des substances consommées lors des intoxications aiguës et ainsi que de mettre en place des échanges d’information formalisés.
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Vol 72 - N° 1
P. 151 - février 2017 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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