Consommations de substances psychoactives chez les sujets jeunes suivis en structures spécialisées dans la prise en charge des addictions : données issues de l’enquête OPPIDUM 2015 - 01/03/17
, Elisabeth Frauger 1, Adeline Giocanti 2, Quentin Boucherie 1, Joëlle Micallef 1et
le French Addictovigilance Network (FAN)1
Résumé |
Introduction |
L’expérimentation de substances psychoactives (SPA) concerne de plus en plus de sujets jeunes. Depuis une dizaine d’années en France, des consultations jeunes consommateurs (CJC) reçoivent des sujets âgés de 12 à 25ans atteints de troubles liés à l’usage de SPA. L’objectif de notre étude est de décrire cette population ainsi que les spécificités des consommations rapportées.
Méthode |
Observation des produits psychotropes illicites détournés de leur utilisation médicamenteuse (OPPIDUM) est une étude pharmaco-épidémiologique nationale, annuelle et transversale. S’appuyant sur un réseau de structures spécialisées dans la prise en charge des addictions, elle permet de recueillir des informations sur les modalités de consommation des SPA prises la semaine précédant l’enquête par les patients présentant un abus, une pharmacodépendance, ou sous traitement de substitution aux opiacés. Nous avons analysé les données relatives aux sujets jeunes (13–17ans et 18–24ans) inclus dans l’enquête réalisée en octobre 2015.
Résultats |
Parmi les 5003 sujets inclus, 102 (2 %) étaient âgés de 13 à 17ans et 436 (9 %) de 18 à 24ans. Parmi les 13–17 et les 18–24, respectivement 97 et 69 % des sujets consommaient du cannabis : 43 % des 13–17 et 61 % des 18–24 étaient dépendants ; 50 et 73 % en consommaient quotidiennement et 18 et 25 % avec de l’alcool. Les autres SPA consommées parmi les 2 groupes d’âge étaient : médicaments de substitution aux opiacés (1 et 51 %), héroïne (1 et 12 %), cocaïne (2 et 13 %) benzodiazépine (3 et 9 %) et drogues de synthèse (3 et 6 %). Les sujets ayant consommé au moins une SPA par voie nasale représentaient 2 % des 13–17 et 20 % des 18–24, et par voie intraveineuse, 8 % des 18–24 (cocaïne : 12, héroïne : 12, morphine : 12).
Discussion |
Compte tenu des propriétés addictives de nombreuses substances et de l’importance de leur utilisation, les jeunes populations s’exposent à des conséquences sanitaires. L’enquête OPPIDUM, par l’identification des spécificités et des modalités de consommations de cette population, permet de dégager des pistes d’amélioration dans la prévention et la prise en charge de ces sujets.
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Vol 72 - N° 1
P. 153 - février 2017 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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