Évaluation de l’addiction aux antalgiques opioïdes dans une population de patients douloureux chroniques non cancéreux et pris en charge dans un centre d’évaluation et de traitement de la douleur (CETD), via le questionnaire sur les troubles liés à l’usage de substances du DSM-V - 01/03/17
, P. Ginies 2, E. Nogue 3, Y. Damdjy 1, M.-C. Picot 3, H. Donnadieu-Rigole 4, H. Peyrière 1| pages | 2 |
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Résumé |
Introduction |
L’identification des patients douloureux chroniques, non cancéreux présentant une consommation problématique d’antalgiques opioïdes devient une nécessité compte tenu de l’augmentation conséquente du mésusage de ces médicaments.
Méthodes |
Étude transversale basée sur un hétéroquestionnaire associant des données sociodémographiques, cliniques et addictologiques (11 critères des troubles de l’usage de substances : DSM-V), proposé à chaque patient pris en charge au CETD entre le 1/09/2015 et 31/03/2016.
Résultats |
Cinquante-deux patients ont participé (73 % de femmes), d’âge moyen 51±13 ans [écart : 25–82]. Un état anxieux et dépressif était rapporté dans 46 % et 50 % des patients. La douleur était neurogène (30 %), nociceptive (30 %) et psychofonctionnelle (15 %). Le principal diagnostic étiologique était une fibromyalgie dans 57 % des cas. À l’entrée, 78,8 % des patients avaient une EVA≥6 [min–max 3–10]. Quarante-neuf pour cent des patients étaient sous opioïde faible (62,2 % tramadol) et 51 % sous opioïde fort (morphine 43,6 %, oxycodone 41 %, fentanyl 12,8 %). La dose moyenne d’équi-analgésie à l’entrée était de 87,7mg±126,5 [écart : 3–600]. Une addiction (score≥2 depuis>12 mois) a été retrouvée chez 76,7 % des patients. Des signes de tolérance ou de sevrage étaient présents chez 61,8 % et 55,2 % des patients. En prenant pour chaque patient le score DSM-V le plus élevé, 9,6 % des patients avaient une addiction légère, 15,4 % une addiction modérée et 51,9 % une addiction sévère. La moyenne des scores DSM-V était de 6,54±3,1 (IQR25–75 : 4–9) pour les opioïdes forts et de 4,14±3,73 (IQR25–75 : 1–7) pour les opioïdes faibles, p=0,003. La moyenne des doses d’équi-analgésie était plus élevée en cas d’addiction sévère : absence d’addiction 20,8mg±15,8 (IQR25–75 : 8–30) ; addiction légère 47,2±64,9 (IQR25–75 : 15–60) ; addiction sévère 84,7±127,6 (IQR25–75 : 15–100), p=0,04. Le sexe, la situation familiale, un état anxieux/dépressif n’étaient pas associés à un score maximum plus élevé.
Discussion |
Cette étude montre une forte prévalence de critères de trouble de l’usage aux antalgiques opioïdes dans cette population de patients douloureux chroniques. Pour les addictions les plus sévères, une consultation d’addictologie pourrait être envisagée.
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Vol 72 - N° 1
P. 169-170 - février 2017 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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