Patients douloureux chroniques suivis dans un centre d’évaluation et de traitement de la douleur : quelles notifications en addictovigilance ? - 01/03/17
, François Etcheverrigaray 1, Julien Nizard 3, Hélène Lomenech 1, Marylène Guerlais 1, Pascale Jolliet 1, 2, Caroline Victorri-Vigneau 1, 2Résumé |
Introduction |
Les patients admis en hôpital de semaine au Centre d’évaluation et de traitement de la douleur (CETD) se présentent souvent avec une prise en charge antalgique ancienne et multiple, et parfois une pharmacodépendance. Les centres d’addictovigilance (CEIP-A) recueillent et analysent les notifications de consommation problématique de substances psychoactives, médicamenteuses ou non, transmises par les professionnels de santé. L’objectif de ce travail est de présenter les notifications recueillies dans cette population particulière.
Méthodes |
Nous avons analysé l’ensemble des notifications émanant des professionnels de santé du CETD du CHU de Nantes reçues au CEIP-A de Nantes entre le 1er janvier 2014 au 31 décembre 2015. Nous avons réalisé une analyse descriptive des substances mentionnées sur les notifications ainsi qu’une caractérisation de la pharmacodépendance aux différentes substances selon le score de pharmacodépendance [1].
Résultats |
Le CEIP-A a reçu 108 notifications pour 433 patients hospitalisés sur la période, comportant 162 substances identifiées comme faisant l’objet d’une consommation problématique. Les principales substances sont : antalgiques (45,7 %) et benzodiazépines/apparentés (34,0 %). Dix patients (8,6 %) signalent une consommation problématique de cannabis, dont l’effet recherché est antalgique et/ou anxiolytique/hypnotique. Sur les 162 substances identifiées, une évaluation a pu être réalisée pour 134. Pour l’ensemble des substances, les items qui sont le plus souvent positifs sont les signes de sevrage à l’arrêt (78,6 %), le désir d’arrêt ou les essais infructueux pour arrêter la consommation (78,3 %), la tolérance (70,6 %) et la dose ou durée supérieure à ce qui était prévu (61,7 %).
Discussion |
L’analyse des scores de pharmacodépendance montre, pour l’ensemble des substances, une prédominance des signes physiques et compulsifs de la dépendance, avec peu de conséquences dommageables en dehors des effets indésirables médicamenteux. Ces caractéristiques évoquent une pharmacodépendance avec une recherche d’effet antalgique et non un comportement addictif. Outre l’intérêt de ces signalements en addictovigilance, l’évaluation des caractéristiques des consommations problématiques chez les patients suivis au CETD apporte un éclairage sur les difficultés rencontrées par ces patients avec leur traitement au long cours et peut participer à l’amélioration dans la prise en charge de la douleur.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Plan
Vol 72 - N° 1
P. 169 - février 2017 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
