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Étude prospective des brûlures oculaires par bases au CHU de Fort de France - 08/03/08

Doi : JFO-09-1999-22-8-0181-5512-101019-ART90 

M. Gérard [1],

H. Merle [1],

L. Ayeboua [1],

R. Richer [1]

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Abstract

Three-years prospective study of ocular alkali burn in Martinique (French West Indies)

Purpose

We report the results of a three-years prospective study focusing on ocular alkali burns conducted in the University hospital of Fort de France (French West Indies).

Patients and methods

This case record survey included all alkali burns evaluated by ophthalmologists in the emergency unit of the Fort de France hospital. All recruited patients were either called to identify the alkali (pH determined with a Prolab® pH-meter) or underwent an anterior chamber puncture showing evidence of an aqueous humor pH above 8. The recorded data were: age, gender, cause of burn, in case of aggression the relation between the victim and the aggressor, initial clinical findings, Ropper Hall classification. The therapeutic protocol was initiated according to this classification. The course of the ocular burn was noted. Economical and medicolegal consequences were assessed from duration of off work time and from information provided by the public prosecutor respectively.

Results

Twenty-four patients who had 39 burned eyes were included. Most ocular burns (18) were caused by aggressions with Alcali® (ammonia, pH = 12.8). Most victims were men accused of adultery. In the West Indies, Alcali® is thought to have power to drive away evil spirits. Most victims were young men (mean age 42 years).Eight court suits have been filed and in 5 cases the judge dismissed the charge. In 13 eyes, the delay to the first ocular wash was 30 minutes and resulted in serious ocular burn (Ropper Hall class 3 or 4). After application of the therapeutic protocol, 6 of these eyes recovered in an average 55 days; 3 required limbal autograft, 2 were successful. Three of these severe burns were complicated by spontaneous perforation (1 eye), atrophy (1 eye), and leucoma (1 eye). One patient was lost to follow-up. All minor ocular burns (Ropper Hall class 1 and 2) healed within an average 12 days (range 3-38 days).

Conclusion

Particular circumstances of ocular alkali burns in Martinique (French West Indies) have been identified in this study which established the seriousness of these burns and their social and sometimes legal consequences. The importance of prevention is emphasized. It would seem that minor ocular alkali burns do not require a treatment duration longer than 15 days. Finally, the clinical data reported in this study show that a delay of several minutes is required for the development of severe ocular alkali burns.

Abstract

Etude prospective des brûlures oculaires par bases au CHU de Fort de France

Introduction

Nous rapportons les résultats d'une étude prospective sur les brûlures oculaires par base mené depuis trois ans au CHU de Fort de France.

Patients et méthodes

Cette étude a concerné les patients qui se sont présentés aux urgences ophtalmologiques du CHU de Fort de France. Le caractère basique du produit a été affirmé par la dénomination du produit en cause par le patient avec mesure de son pH au pHmètre Prolabo® et/ou un pH d'humeur aqueuse mesuré à la bandelette supérieur à 8. Les données recueillies ont été : l'âge, le sexe du brûlé ; les circonstances de survenue et, en cas d'agression le lien du brûlé avec l'agresseur ; l'examen clinique initial et le stade de la brûlure en fonction de la classification pronostique de Ropper Hall. Un protocole thérapeutique a été institué en fonction de cette classification. L'évolution clinique de chaque brûlure a été notée. Les répercussions socio-économiques ont été appréciées par la durée de l'arrêt de travail, et l'aspect médico-légal par information auprès du procureur de la république.

Résultats

24 patients ont été inclus, ce qui représente 39 yeux. 18 brûlures sont des agressions survenant le plus souvent dans un contexte d'adultère. Le produit en cause est alors l'Alcali® (ammoniaque, pH = 12,8). Son utilisation dans ce contexte peut être rapporté aux croyances locales où il est réputé chasser les mauvais esprits. La victime est en général un homme jeune, dont l'âge moyen est de 42 ans. Sur le plan judiciaire 8 plaintes ont été déposées et 5 sont classées sans suite. 13 yeux, caractérisés par un retard du premier lavage de plus de 30 minutes, présentent une brûlure grave (stade 3 ou 4 de la classification de Ropper Hall). Parmi ceux-ci : 6 yeux ont guéri avec le traitement médical dans un délai moyen de 55 jours, 1 œil a présenté une perforation spontané, 3 yeux ont bénéficié d'une autotransplantation limbo-conjonctivale avec 2 réussites, 1 œil a évolué vers une phtyse et a été éviscéré, 1 œil présente une taie de l'hémicornée, et 1 patient est perdu de vue. Toutes les brûlures bénignes (stade 1 ou 2 de la classification de Ropper Hall) ont cicatrisées avec un délai moyen de 12 jours et des extrêmes de 3 et 38 jours.

Conclusions

Cette étude a permis de mettre en évidence des circonstances de survenue particulières des brûlures oculaires par bases en Martinique. Elle a établi la gravité de ces brûlures ainsi que leurs conséquences sociales et parfois légales. Elle a démontré l'intérêt d'une prévention. Un premier résultat semble avoir été obtenu sur la durée du traitement des brûlures oculaires bénignes qui doit être de 15 jours. Enfin, les données cliniques humaines rapportées dans cette étude ont semblées montrer l'existence d'un délai de plusieurs minutes avant qu'une brûlure oculaire par bases ne devienne grave.


Mots clés : Brûlures oculaires. , bases. , ammoniaque. , lavage oculaire externe.

Keywords: Ocular burn. , alkali. , ammonia, . , ocular wash.


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Vol 22 - N° 8

P. 834 - septembre 1999 Retour au numéro
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