Coupeurs de feu en radiothérapie : existe-t-il un bénéfice palpable ? - 23/09/17

Résumé |
Objectif de l’étude |
Les patients cancéreux ont de plus en plus souvent recours aux médecines complémentaires ou alternatives. Une grande partie de ces patients fréquentent des guérisseurs, magnétiseurs ou encore coupeurs de feu durant leur traitement de radiothérapie. S’il n’existe à l’heure actuelle aucune donnée scientifique d’efficacité, de nombreux patients en rapportent le bénéfice avec parfois un coût non négligeable. L’objectif de l’étude était de rapporter des données spécifiques sur les pratiques des coupeurs de feu en radiothérapie et d’en rapporter les éventuels bénéfices subjectifs et objectifs.
Matériel et méthode |
Une étude rétrospective a été effectuée incluant les patients ayant bénéficié d’une radiothérapie en intention curative pour un cancer du sein ou de la prostate au centre Lucien-Neuwirth (n=806). Le type de pratique du guérisseur, la fréquence et sa rémunération ont été étudiés. Le bénéfice subjectif du patient a été rapporté. La tolérance (fatigue et douleur) a été étudiée par une échelle visuelle analogique (de 0 à 10). Les données de tolérance objective basées sur les dossiers médicaux ont été rapportées selon la Common Terminology Criteria for Adverse Events du National Cancer Institute (NTCAE) v4.1.
Résultats |
Cinq-cents patients ont été inclus dans l’étude (350 femmes et 150 hommes). Au total, 256 patients (51,2 %) ont consulté un coupeur de feu pendant la radiothérapie, avec une majorité de femmes (58 %). Le toucher-thérapeutique était la pratique la plus fréquente. La plupart des patients consultaient chaque semaine (n=209, 41,8 %) ou chaque jour (n=84, 16,8 %). Plus de 80 % des patients exprimaient un bénéfice bon ou très bon sur leur traitement. Aucune différence de toxicité n’a été observée. La fatigue était significativement augmentée chez les patients consultant un guérisseur.
Conclusion |
Cette étude révèle que la majorité des patients pris en charge par radiothérapie consulte un guérisseur et rapporte un bénéfice sur la tolérance subjective de traitement, sans amélioration objective de la tolérance.
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Vol 21 - N° 6-7
P. 723 - octobre 2017 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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