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OBSERVATION DE CAS D’INCOMPATIBILITÉS FŒTO-MATERNELLES ANTI-D SÉVÈRES, NÉCESSITANT UNE PRISE EN CHARGE PAR EXSANGUINO-TRANSFUSION IN UTERO - 09/03/08

Doi : JGYN-05-2005-34-3-C1-0368-2315-101019-200503642 

Kohl Tiphaine

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Résumé

L’incompatibilité fœto-maternelle anti-D est une maladie hémolytique induite par le passage transplacentaire d’allo-anticorps anti-D maternels dirigés contre les globules rouges fœtaux de rhésus positif. Dans les pays développés, son incidence est actuellement de 0,5 à 1  naissances. Elle est symptomatique chez la moitié des enfants, à savoir que 2 à 5 % d’entre eux décèdent malgré la prise en charge. Depuis la mise en place d’une prévention efficace, généralisée en 1970, cette maladie aurait dû tendre à disparaître. Les cas persistants relèvent-ils d’allo-immunisations imprévisibles ? Doit-on considérer que la prévention, telle qu’elle est pratiquée à l’heure actuelle, est satisfaisante ?

Afin de répondre à ces questions, une étude de dossiers a été réalisée à la maternité Pinard (hôpital Saint-Vincent de Paul, Paris 14ème), spécialisée dans la prise en charge de l’incompatibilité rhésus. Le protocole d’étude inclus les patientes qui ont été adressées pour une incompatibilité fœto-maternelle anti-D sévère, entraînant chez l’enfant une prise en charge par exsanguino-transfusion in utero ; et qui ont accouché à la maternité Pinard, entre janvier 2000 et octobre 2002. Vingt-sept dossiers obstétricaux ont ainsi été retenus. Ont été étudiés : les éventuels antécédents de prévention rhésus ; le profil des femmes ; la prise en charge et le devenir de leurs enfants durant leur trois premiers mois de vie. Il s’agît d’un travail descriptif, effectué dans le cadre d’un mémoire de fin d’étude de sage-femme.

Les résultats montrent que dans un tiers des cas, l’allo-immunisation survient en l’absence de séroprophylaxie, alors qu’un risque évident était identifiable. D’autre part, il ressort que trois patientes ont eu à tord une injection de sérum anti-D alors qu’elles présentaient déjà une allo-immunisation anti-D diagnostiquée. Ainsi malgré une politique de santé très favorable à la prévention rhésus, un certain nombre d’erreurs commises par les soignants a pu être constaté.

Durant leur grossesse, les patientes ont bénéficié d’un suivi très strict : clinique, biologique, échographique, vélocimétrique (doppler ombilicaux), par analyse du rythme cardiaque fœtal. Exceptées deux des patientes, toutes ont subi une amniocentèse (voire deux ou trois dans certains cas). Les enfants ont été transfusés en moyenne cinq à six fois entre la période fœtale et leurs trois premiers mois de vie ; l’un d’entre eux l’a été à onze reprises. Seul un des nouveau-nés n’a pas présenté d’ictère : il avait bénéficié de deux transfusions intra-péritonéales et de quatre exsanguino-transfusions in utero ; le test de Kleihauer, réalisé à la naissance, montrait que son taux d’hématies fœtales n’était que de 1 % (soit 99 % de globules rouges adultes post-transfusionnels). Les autres enfants ont été traités en moyenne quatre à cinq jours par photothérapie, leur durée d’hospitalisation allant de trois à trente et un jours.

Lorsqu’on observe ces histoires familiales, il est profondément regrettable de conclure qu’un tiers d’entre elles auraient peut-être été évité si la séroprophylaxie anti-D avait été réalisée. Bien que rares, ces allo-immunisations ne sont pas acceptables. Afin que la prévention soit réalisée de façon rigoureuse, il semble primordial de sensibiliser à nouveau sages-femmes et médecins à ce problème.




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Vol 34 - N° 3-C1

P. 307 - mai 2005 Retour au numéro
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