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Tatoués, qui êtes-vous ? Étude épidémiologique sur un échantillon représentatif de 5000 français - 25/11/17

Doi : 10.1016/j.annder.2017.09.375 
N. Kluger 1, 2, , L. Misery 3, 4, S. Seité 5, C. Taieb 6, 7
1 CHU d’Helsinki, Finlande 
2 Consultation « tatouages », CHU Bichat–Claude-Bernard, France 
3 CHU de Brest, France 
4 Laboratoire de neurosciences, université de Bretagne Occidentale, France 
5 La Roche-Posay laboratoire dermatologique, France 
6 EMMA, European Market Maintenance Assessment, Vincennes, France 
7 Santé publique, hôpital Necker, Paris, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

Le tatouage permanent est en constante progression dans les pays occidentaux. Aux États-Unis, près d’un adulte sur 3 est tatoué. L’objectif de cette étude était de mesurer la prévalence des français tatoués, leurs motivations ainsi que les éventuelles complications dermatologiques rapportées par ces derniers.

Matériel et méthodes

Il s’agissait d’une étude épidémiologique nationale (France métropolitaine), transversale, conduite sur la population générale auprès d’un échantillon 5000 Français représentatif, constitué par la méthode des quotas. Le questionnaire administré a été construit par le groupe de travail spécifiquement constitué pour ce projet et auteur de ce travail.

Résultats

Presque 17 % des répondeurs déclaraient avoir un ou plusieurs tatouages (H : 14,4 % ; F : 19,1 %). Soixante pour cent d’entre eux n’avaient qu’un seul tatouage. L’âge moyen du premier tatouage était de 25,9 ans (23,5 ans chez les H vs 26,2 chez F (p<0,001). Les localisations les plus fréquemment tatouées étaient le dos (49 %) et les membres supérieurs (31 %), plus rarement le visage (13,3 %) et les zones intimes (9,9 %). Les tatouages étaient plus fréquents chez les personnes habitant en communes urbaines (17,5 %), et chez les ouvriers, employés (25,3 %). 4,9 % des retraités étaient tatoués. Les fumeurs étaient 2 fois plus nombreux à être tatoués (27,8 % vs 12,7 %, p<0,05). Les motivations rapportées comprenaient principalement l’embellissement du corps (29,4 %) et la distinction vis-à-vis des autres (23,2 %). Les motivations érotiques et la sexualité étaient plus fréquemment mentionnées chez les hommes (9,97 %) que chez les femmes (4,91 %, p<0,05) alors que la réappropriation du corps était plus fréquente chez la femme (16,8 % vs 9,7 %, p<0,05). Au total, 17,5 % des tatoués reconnaissaient avoir ou avoir eu un problème cutané sur au moins un de leurs tatouages. Le problème était résolu pour 11 %, récurrent pour 4,5 %, chronique et persistant pour 1,8 %. Les complications déclarées étaient irritation (42 %), infection (25 %), trouble de la cicatrisation (24 %) et démangeaisons (23 %).

Discussion

Nous rapportons ici la plus large étude ayant porté sur les tatouages en France. Nous confirmons cependant la progression constante de la prévalence du tatouage en métropole avec 17 % des adultes de 18 ans tatoués, en particulier chez les femmes (19 %). Les motivations à se tatouer varient selon le sexe. Si 17 % rapportaient un problème cutané sur tatouage, seuls 6,3 % des tatoués se plaignaient de complications récurrentes ou chroniques sur un de leur tatouage, ce qui est le chiffre trouvé dans la littérature.

Conclusion

La mise à disposition de ces données objectives, issues d’échantillons d’effectifs significatifs et à la méthodologie robuste, permet de mieux apprécier le profil du « français tatoué » et devrait permettre de mieux prévenir et prendre en charge les complications liées aux tatouages et d’anticiper les demandes de détatouage.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Complications Tatouages, Prévalence Tatouage, Tatouages


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Vol 144 - N° 12S

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