Peaux sensibles en France : actualisation des données épidémiologiques - 25/11/17
Résumé |
Introduction |
Les peaux sensibles ont désormais une définition consensuelle internationale, proposée par un groupe d’experts réunis à l’initiative de la Société internationale sur le prurit (IFSI). La seule évaluation de la prévalence de la peau sensible en France date de 2004 et il a paru pertinent de la réévaluer plus de 10 ans après, ce d’autant plus qu’une augmentation a été mise en évidence aux États-Unis.
Matériel et méthodes |
Un échantillon national de 5000 individus représentatifs de la population française de 15 à 80 ans, a été constitué selon la méthode habituelle des quotas. Les sujets interrogés ont répondu à une question ouverte sur la présence ou non d’une peau sensible, sur l’apparition de brûlures, picotements ou irritation en présence de différents facteurs : émotion, froid, chaud, soleil, cosmétiques, air sec, climatisation, eau, pollution et variations de température. La qualité de vie était mesurée par le DLDI chez les sujets revendiquant une peau sensible et par le SF12 chez l’ensemble des sujets.
Résultats |
Sur 5000 personnes interrogées, 2443 étaient des hommes (48,9 %) et 2557 (51,1 %) étaient des femmes. À la question « Avez-vous une peau sensible ? », 51,9 % des hommes et 66,0 % des femmes ont répondu « assez sensible » ou « très sensible », (p<0,001). Parmi ceux-ci, 10,4 % des hommes et 16,5 % des femmes déclaraient avoir une peau « très sensible ». Une dermatose était associée : dans 65,88 % des peaux très sensibles, 41,2 % des peaux assez sensibles, 19,53 % des peaux peu sensibles et 9,84 % de la peau pas du tout sensible. Il est intéressant de noter que la sensibilité cutanée était effectivement confirmée par des questions plus précises sur la sensibilité à différents facteurs. La qualité de vie était significativement altérée qu’elle soit mesurée par le DLQI ou par le SF12. Le score du DLQI était de 10,4 ; 7,4 et 4,6 respectivement chez les sujets de peau très sensible, assez sensible et peu sensible. En ce qui concerne le SF12, la dimension mentale était significativement plus altérée selon la sensibilité revendiquée 39,9 pour les peaux très sensibles, 43 pour les peaux assez sensibles et 46,2 pour les peaux peu sensibles.
Discussion |
Cette étude est la première étude concernant les peaux sensibles dans la population française depuis plus de 10 ans et la première qui évalue la qualité de vie au travers de 2 questionnaires (spécifique et non spécifique). Elle montre que plus d’un Français sur deux (51,9 % H et 66,0 %F) revendiquent une peau « assez sensible » ou « très sensible » alors qu’en 2004 à la même question 44 % des H et 59 % des F avaient répondu « sensible » ou « très sensible ».
Conclusion |
Cette différence peut avoir plusieurs niveaux d’explication : (1) la notion de peau sensible mieux connue par la population, (2) la taille de l’échantillon (4 fois supérieur à celui constitué en 2004), (3) des facteurs d’environnement nouveaux ou plus agressifs.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mot clé : Peau sensible
Plan
Vol 144 - N° 12S
P. S235 - décembre 2017 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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