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Pertinence de la conciliation médicamenteuse à l’admission dans deux services de soins - 12/12/17

Doi : 10.1016/j.phclin.2017.10.034 
Morgane Renault-Mahieux, Amel Benbouzid , Antoine Sapin, Delphine Jalaguier, Anis Kammoun, Sandra Camps
 Pharmacie, institut mutualiste Montsouris, 42, boulevard Jourdan, 75014 Paris, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

La conciliation médicamenteuse (CM) a pour objectif d’assurer la continuité et la sécurité des soins du patient. La HAS recommande son déploiement dans le plus grand nombre d’unités de soins. Cependant, la CM requiert du temps et mobilise du personnel hospitalier. Avec des ressources limitées, elle ne peut être mise en place dans toutes les unités de soin. L’objectif de cette étude était de mettre en place la CM dans les services d’oncologie (SO) et de cardiologie (SC) et d’évaluer sa pertinence après respectivement 5 et 10 mois.

Matériels et méthode

Les critères de sélection des patients pour la CM étaient l’âge supérieur à 75 ans ou 65 ans polymédiqués en SC et les patients avec une durée de séjour supérieure à 2jours en SO, sauf lorsqu’ils n’étaient pas en état d’être interrogés (confusion, douleur, soin palliatif). Pour chaque patient, les divergences entre la prescription hospitalière et le bilan médical optimisé le plus exhaustif possible obtenu par la CM ont été recueillies et caractérisées. Les motifs d’hospitalisation des patients conciliés ont été relevés.

Résultats et discussion

Quatre-vingt-sept patients ont été conciliés en SO et 77 en SC (38,2 % et 25,1 % des admissions). En SO, les patients conciliés étaient hospitalisés pour un traitement par chimiothérapie (21 %) ou des complications dues à leurs cancers (79 %). En SC, les patients étaient hospitalisés principalement pour réévaluer leur pathologie cardiaque (41 %) ou pour intervention chirurgicale. Au total, 547 divergences (6,3/patient) ont été identifiées en SO et 325 (4,2/patient) en SC. Respectivement, 33 % et 34 % (NS) étaient des divergences documentées intentionnelles, 55 % et 49 % (NS) des divergences non documentées intentionnelles et 12 % et 17 % (p<0,05) sont des divergences non intentionnelles (DNI). 40 % des patients conciliés avaient une DNI en SO et 38 % (NS) en SC. En SO, 13/64 DNI (17,2 %) ont été considérées à risque modéré pour les patients et 2 DNI (3 %) à haut risque. En SC, 16/47 DNI (8,6 %) (NS) à risque modéré et 0 (NS) à haut risque. Pour chaque service, 80 % des DNI ont été corrigés. Un plus grand nombre de patients ont été conciliés en SO en 5 mois qu’en SC en 10 mois : une des explications est la différence du type de patients hospitalisés. En SC, les hospitalisations sont programmées et ont pour objectif d’adapter le traitement ou d’évaluer le patient avant une intervention. En SO, elles sont dues à des dégradations de l’état du patient et les oncologues se focalisent surtout sur le traitement symptomatique et la chimiothérapie et consacrent moins de temps au traitement habituel. La CM était attendue en SO et les cliniciens adhèrent au programme demandant l’inclusion de nouveaux patients initialement non considérés : 62 % des patients hospitalisés sont conciliés au moins une fois. À l’opposé, de moins en moins de patients sont inclus en SC parce qu’ils venaient avec leurs prescriptions et attendaient une modification du traitement : les cliniciens préféraient que l’activité pharmaceutique se concentre sur l’éducation thérapeutique des patients sur leurs nouveaux traitements. Notre revue de la littérature révèle qu’il existe deux fois plus de DNI dans les services de chirurgie que dans les services de médecine.

Conclusion

La CM est un processus chronophage et elle sera développée dans les services de chirurgie au lieu du SC. Elle est maintenue dans le SO.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Conciliation médicamenteuse, Oncologie, Cardiologie


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Vol 52 - N° 4

P. 391 - décembre 2017 Retour au numéro
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