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Évaluation de la morbi-mortalité à deux ans des patients traités pour une fibrillation auriculaire non valvulaire après une hospitalisation pour surdosage en anticoagulants - 19/03/18

Doi : 10.1016/j.jdmv.2017.12.128 
R. Benainous 1, , G. Elourimi 1, S. Abad 1, E. Mazoyer 2, U. Warzocha 1, S. Baron 3, S. Le Jeune 1, M. Lopez-Sublet 1, B. Giroux-Leprieur 1, C. Larroche 1, J.-J. Mourad 1, R. Dhôte 1
1 Médecine interne, hôpital Avicenne, AP–HP, université Paris 13, Bobigny, France 
2 Hémostase, hôpital Avicenne, Bobigny, France 
3 Département d’information médicale, hôpital Avicenne (AP–HP), Bobigny, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

Les accidents des anticoagulants représentent la première cause d’accident iatrogène grave. L’indication du traitement dans la fibrillation atriale est à réévaluer en permanence, notamment en raison de la survenue d’évènements intercurrents, et en particulier après la survenue d’un surdosage grave. Il existe néanmoins peu de données de suivi de ces patients dans la vie réelle.

Objectif

Évaluer la morbi-mortalité à 2 ans des patients hospitalisés pour un surdosage en anticoagulant, traités pour une fibrillation atriale non valvulaire. Le critère d’évaluation principal était le pourcentage de patients pour lesquels au moins un événement médical grave est survenu dans les 2 ans qui suivent une hospitalisation pour surdosage en anticoagulant. Un événement médical grave était défini par la survenue d’un décès, d’une hémorragie grave, d’un surdosage avec un INR supérieur à 6, d’un accident vasculaire cérébral, d’une ischémie aiguë. Les objectifs secondaires étaient notamment de définir le pourcentage de patients pour lesquels le traitement anticoagulant a été interrompu ou poursuivi au cours de l’hospitalisation après une évaluation de la balance bénéfice/risque, de définir les caractéristiques des deux groupes et d’évaluer si la décision d’arrêter le traitement anticoagulant a été suivie par les médecins référents du patient à la sortie d’hospitalisation.

Résultats

Il s’agit d’une étude rétrospective, monocentrique, observationnelle et descriptive, portant sur 100 patients consécutifs hospitalisés entre 2011 et 2015. Les critères d’inclusion étaient notamment la fibrillation atriale non valvulaire, tout anticoagulant confondu, un motif d’hospitalisation principal ou associé défini par une hémorragie grave ou un surdosage en anticoagulant avec un INR supérieur à 6. Cent patients (âge moyen : 83±8 ans) ont été inclus. Quatre-vingt-douze pour cent des patients étaient traités par AVK. Au cours de la période de suivi, 73 patients ont présenté un événement médical grave et 50 patients sont décédés. Le traitement anticoagulant avait été interrompu pour 42 patients à l’issue de l’hospitalisation. Les facteurs associés à l’arrêt du traitement étaient un âge moyen plus élevé (84,7 ans vs 81,7 ans ; p=0,06) et un score moyen HASBLED plus élevé (p=0,08), le score CHA2DS2VASc et la proportion de comorbidités n’était pas différents. Il est survenu autant d’événements médicaux graves dans les deux groupes (31/42 vs 42/58). Il existait une tendance non significative à un taux de mortalité à deux ans plus important dans le groupe arrêt du traitement (25/42 vs 25/58). La survenue d’une infection aiguë était la cause de surdosage la plus fréquente (36 %). Le traitement a été plus souvent interrompu en cas d’hémorragie grave à l’admission. En cas de surdosage asymptomatique, le traitement était majoritairement poursuivi à la sortie. La décision d’arrêt du traitement a été suivie par les médecins référents dans 74 % des cas. Il est survenu autant d’événements médicaux graves pour les patients que la consigne d’arrêt du traitement ait été suivie ou non.

Conclusion

Notre étude effectuée en vie réelle (hors essais cliniques) de la population hospitalisée montre le pronostic très péjoratif à moyen terme de cette population âgée. Ainsi, la survenue d’un surdosage grave ayant nécessité une hospitalisation apparaît comme un marqueur puissant de ce risque évolutif, indépendamment de la décision thérapeutique prise à l’issue de l’incident. La reprise ou non des anticoagulants ne doit donc pas reposer uniquement sur l’évaluation des scores classiques, dont la pertinence peut être discutée dans cette frange de la population.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Accidents des anticoagulants, Mortalité


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Vol 43 - N° 2

P. 132 - mars 2018 Retour au numéro
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