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AVC du sujet jeune et usage de stupéfiants : analyse des pratiques et données statistiques - 10/05/18

Doi : 10.1016/j.toxac.2018.04.022 
Y. Sauvageon 1, P. Palazzo 2, J. Lelong 1, P. Mura 1, J.-P. Neau 2, B. Brunet 1,
1 Service de toxicologie et pharmacocinétique, CHU, Poitiers, France 
2 Service de neurologie, CHU, Poitiers, France 

Auteur correspondant.

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Résumé

Objectif

Selon les recommandations de la Société française de neurologie vasculaire, tout accident vasculaire cérébral (AVC) survenant chez un sujet jeune nécessite une recherche étiologique complète. Cela inclut notamment une recherche de l’usage de stupéfiants. L’objectif de cette étude est donc d’évaluer la prévalence d’usage de stupéfiants parmi les victimes d’AVC ou d’accident ischémique transitoire (AIT) âgées de moins de 55 ans ainsi que l’intérêt du dépistage systématique de drogues chez ces mêmes sujets. Un second objectif est de discuter de l’usage de drogues et en particulier du cannabis comme facteur de risque d’AVC chez le sujet jeune.

Méthodes

Une analyse rétrospective de tous les résultats des prélèvements urinaires et sanguins, issus de l’unité neurovasculaire du service de neurologie du CHU de Poitiers, reçus au laboratoire de toxicologie et pharmacocinétique entre septembre 2007 et septembre 2017 a été menée. Ont été inclus dans cette étude, à la fois les résultats de dépistages urinaires et les résultats de confirmations sanguines. Les dépistages urinaires ont été effectués par immunochimie (KIMS) avec un seuil à 50ng/mL pour le THC-COOH, 300ng/mL pour les opiacés et la cocaïne et 500ng/mL pour les amphétamines. Les confirmations sanguines ont été effectuées par chromatographie gazeuse ou liquide couplée à la spectrométrie de masse.

Résultats

Six cent deux dépistages urinaires ont été effectués en provenance de l’unité concernée. L’âge médian des patients était de 46 ans et la répartition des sexes était de 58,3 % d’hommes et 41,7 % de femmes. Soixante-treize résultats se sont avérés positifs soit 12,1 % des échantillons. La répartition des cas positifs pour les 4 familles de stupéfiants était la suivante : cannabis 42 (58 %), opiacés 30 (41 %), cocaïne 1 (1 %), amphétamines 0. Pour les cas positifs, la moyenne d’âge s’établissait à 41 ans avec une majorité d’hommes (68,5 %). Parmi les 30 cas positifs aux opiacés dans l’urine, seulement 3 cas se sont aussi avérés positifs dans le sang (morphine : 2 ; et codéine : 1). Parmi les 42 cas positifs au cannabis dans l’urine, 25 ont été retrouvés positifs au THC-COOH dans le sang dont 17 avec présence de THC (3 négatifs, 3 doublons, 11 non confirmés). Cinq cas ont été exclus pour un diagnostic autre qu’un AVC. Il est noté parmi les cas restants 31 AVC ischémiques constitués et 6 AIT. Aucun AVC hémorragique n’a été observé. Les territoires majoritairement atteints sont les artères sylviennes (21) et les artères cérébelleuses (6). Pour 24 % des cas, les étiologies sont vraisemblablement en lien avec l’usage de cannabis (5 vascularites et 4 causes cardiaques emboligènes liées à la consommation de cannabis). À ces chiffres peuvent s’ajouter 10 cas pour lesquels l’étiologie reste inconnue. Diverses hypothèses peuvent être avancées pour expliquer le rôle potentiel du cannabis comme facteur de risque d’AVC : tachycardie, hypotension orthostatique, pic hypertensif, vasculopathie, ou vasospasme. Une majorité des patients concernés sont des consommateurs chroniques de cannabis (≥1 fois par jour). Il est noté une tendance à la récidive pour certains patients.

Conclusion

Les liens entre la consommation de cannabis et le risque d’AVC ont déjà été décrits, mais l’augmentation du nombre d’usagers chroniques et de la teneur en THC des résines et herbes ainsi que l’apparition des cannabinoïdes synthétiques laissent à penser que le nombre de patients atteints pourrait augmenter. Il est important de favoriser un sevrage total en cannabis chez ces patients ayant déjà subi un AVC, d’autant plus s’il est prouvé que ces patients ont tendance à récidiver.

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