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Suicides par les plantes : à propos de 2 cas d’ingestion d’if et de laurier rose - 10/05/18

Doi : 10.1016/j.toxac.2018.04.024 
P. Nisse 1, , J. Tison 1, G. Choukroun 2, I. Malissin 3, J. Poupon 4, M. Mathieu 1
1 Centre antipoison et toxicovigilance, CHRU, Lille, France 
2 Réanimation, centre hospitalier sud-Francilien, Corbeil-Essonnes, France 
3 Réanimation médicale et toxicologique, CHU Lariboisière, Paris, France 
4 Laboratoire de toxicologie biologique et pharmacologie, CHU Lariboisière, Paris, France 

Auteur correspondant.

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Résumé

Objectif

Les intoxications par les plantes sont le plus souvent accidentelles par défaut de perception du risque ou par confusion alimentaire avec une espèce comestible. En France, les suicides par ingestion de plantes restent rares. Nous rapportons 2 suicides par ingestion de feuilles de laurier rose et d’If.

Descriptions des cas

Cas no 1 : les pompiers interviennent en forêt pour prendre en charge un homme de 53 ans présentant un malaise avec vomissements. Il révèle avoir ingéré une infusion de feuilles de laurier rose avec du pastis. Le patient est conscient, Glasgow 15, bradycardie à 40/min et hypotension artérielle à 70/40mmHg. L’ECG retrouve une bradycardie sinusale avec un BAV du 1er degré et un trouble de la repolarisation avec un ST en cupule en DII, DIII, aVL, V3 à V6. Après un remplissage et l’administration d’atropine, il est dirigé vers le service de réanimation où lui seront administrés 400mg de Digifab® à 2 reprises. L’évolution est marquée par l’installation d’une insuffisance circulatoire compliqué secondairement d’un arrêt cardiaque sur fibrillation ventriculaire réfractaire aux tentatives de défibrillation et aux bolus d’adrénaline. Malgré la mise en place d’une assistance circulatoire par ECMO, l’évolution sera rapidement fatale dans un tableau de défaillance multi-viscérale. Cas no 2 : un homme de 34 ans est hospitalisé pour une tentative de suicide par ingestion supposée d’alimémazine, d’oxazépam et d’alcool. L’évolution étant rapidement favorable, il est transféré en « lit porte » où il en profite pour boire une infusion de laurier rose et des feuilles d’if préalablement mixées. Il va présenter des vomissements puis un 1er arrêt cardiaque sur fibrillation ventriculaire. Il va recevoir successivement du bicarbonate molaire, du gluconate de calcium, des bolus d’adrénaline, du sulfate de magnésium et 80mg de digifab®. Il sera transféré en réanimation toxicologique pour mise en place d’une assistance circulatoire dans un contexte d’arrêt cardiaque réfractaire. Il va présenter un état de choc post ressuscitation avec syndrome de fuite capillaire aboutissant à son décès.

Résultats

Cas 1 : la digoxinémie est dosée à 0,98ng/mL (estimation oléandrinémie 4,1μg/mL) [1], recherche de toxiques sang et urines négative. Cas 2, digoxinémie à 2,68ng/mL (estimation [1] oléandrinémie 11,2μg/mL), citalopram à 0,23mg/L, diazépam à 0,13mg/L, présence de lamotrigine et de périndopril. Les taxines ne sont pas recherchées.

Conclusion

La fréquence des intoxications par les plantes toxiques est estimée à 1,5 % en France. Les suicides par les plantes sont très rares sur l’hexagone. La toxicité du laurier rose est due à la présence d’hétérosides cardiotoniques, dont l’oléandrine, de structure proche de celle des digitaliques. La toxicité de l’if est due à la présence de taxines, notamment taxine A, taxine B et la baccatine. La taxine B possède des propriétés cardiotoxiques directes. Les modes de préparation sont souvent les mêmes, infusion, décoction ou mixage parfois associés comme dans le cas 2. Au moins un site sur internet, « the suicide method file, V2.0 » donne les renseignements nécessaires pour réussir son suicide en utilisant des plantes (ou des champignons).

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Plan


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Vol 30 - N° 2S

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