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Apport analytique dans la prise en charge d’une intoxication au chlorpyriphos - 10/05/18

Doi : 10.1016/j.toxac.2018.04.027 
B. Lelievre 1, , J.-F. Wiart 2, S. Abrard 4, M. Deguigne 5, G. Meyer 5, G. Drevin 1, P. Compagnon 1, C. Abbara 1, J.-M. Gaulier 2, 3, D. Allorge 2, 3, D. Boels 5
1 Laboratoire de pharmacologie-toxicologie, CHU, Angers, France 
2 CHU de Lille, unité fonctionnelle de toxicologie, Lille, France 
3 Université de Lille, EA 4483, IMPact de l’Environnement Chimique sur la Santé humaine (IMPECS), Lille, France 
4 Service d’anesthésie-réanimation, centre hospitalier, Le Mans, France 
5 Centre antipoison et toxicovigilance, CHU, Angers, France 

Auteur correspondant.

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Résumé

Objectif

Rapporter l’intérêt de l’apport analytique dans le diagnostic et la prise en charge d’une intoxication avec un insecticide organophosphoré devant un tableau clinique peu contributif.

Description du cas

Une femme de 51 ans est hospitalisée après ingestion volontaire d’un insecticide organophosphoré (375mL de chlorpyriphos méthyl [CHLOM]) (Nuvagrain®), d’éthanol et de médicaments : tramadol, étodolac, diazépam et acide valproïque. À sa prise en charge, l’aspiration gastrique permet de récupérer 250mL d’un liquide pouvant correspondre au Nuvagrain®. Aux urgences, elle présente un score Glasgow de 10/15, une mydriase bilatérale réactive, des vomissements avec une hémodynamique stable (PA : 121/46mmHg et FC : 71 bpm). Devant l’évolution clinique péjorative (hypotension (80/50mmHg) et aggravation des troubles de la conscience), la patiente est intubée et transférée en réanimation. Un traitement antidotique par pralidoxime (Contrathion®) est débuté. Un prélèvement sanguin est effectué à l’admission, soit à H4 après l’ingestion supposée. Le liquide prélevé lors de l’aspiration gastrique et les urines n’ont pas pu être récupérés pour analyse. L’évolution de l’état de la patiente est favorable, avec une sortie à j7.

Méthode

Les analyses biochimiques sont effectuées par des méthodes (immuno)-enzymatiques (méthode à la butyrylcholine pour les cholinestérases). Un premier screening toxicologique est réalisé au CHU d’Angers après extraction liquide/liquide en milieu alcalin et analyse par LC-DAD. La présence de pesticides a été également recherchée par UPLC-QTOF (G2-XS en mode ESI−) par le CHRU de Lille, après précipitation du sérum par du méthanol.

Résultats

Le bilan montre une éthanolémie à 1,66g/L, une ammoniémie à 105μmol/L associée à une concentration en acide valproïque à 135mg/L. L’activité cholinestérase plasmatique est de 13 536U/L (N : 4000–12 600U/L). Le screening toxicologique montre la présence de midazolam et de citalopram (<0,1mg/L). La recherche de pesticides confirme la présence de 3,5,6-trichloro-2-pyridinol (métabolite du CHLOM) à une concentration sanguine de 781ng/mL.

Conclusion

La présence d’éthanol et du CHLOM peut expliquer le tableau clinique de la patiente. Le dosage de la butyrylcholinestérase est moins bien corrélé aux effets toxiques que celui de l’acétylcholinestérase (AChE). De plus, aux faibles doses, les organophosphorés inhibent surtout les AChE [1]. L’administration d’atropine n’a pas été nécessaire en raison de l’absence de syndrome muscarinique. Devant cette intoxication suspectée aux organophosphorés, le pralidoxime a été administré car son efficacité est optimale en cas d’administration précoce. Peu de cas d’intoxication au CHLOM sont décrits et documentés. Un seul cas de décès avec des concentrations de CHLOM dans le sang périphérique à 6,6mg/L et de son métabolite à 42,9mg/L a été publié [2].

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Vol 30 - N° 2S

P. S29 - juin 2018 Retour au numéro
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