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À propos d’un cas d’intoxication impliquant la méthoxétamine et l’alpha-pyrrolidinovalérophénone - 10/05/18

Doi : 10.1016/j.toxac.2018.04.061 
J. Tournebize 1, , V. Gibaja 1, M. Bisch 2, E. Pape 3, N. Gambier 3, L. Nace 4, J.-C. Alvarez 5, J.-P. Kahn 1, 6, 7
1 Centre d’évaluation et d’information sur la pharmacodépendance-addictovigilance (CEIP-A) de Nancy, French Addictovigilance Network (FAN), CHRU, Nancy, France 
2 Maison des addictions, CHRU, Nancy, France 
3 Service de pharmacologie clinique et toxicologie, CHRU, Nancy, France 
4 Service d’accueil des urgences, CHRU, Nancy, France 
5 Laboratoire de pharmacologie et de toxicologie, CHU Raymond-Poincaré, Garches, France 
6 Pôle de psychiatrie et de psychologie clinique, centre psychothérapique de Nancy, Nancy, France 
7 Université de Lorraine, Nancy, France 

Auteur correspondant.

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Résumé

Objectif

Ces dernières années, de nombreux pays sont concernés par l’augmentation de la disponibilité de nouvelles substances psychoactives appelées également nouveaux produits de synthèse (NPS) sur le marché des drogues. Fin 2016, l’EMCDDA surveillait plus de 620 NPS apparus sur le marché européen [1]. Malgré la popularité de ces nouveaux produits, les risques cliniques et immédiats liés à leur consommation restent méconnus des cliniciens. Nous rapportons le cas d’un jeune de 20 ans hospitalisé après injection de deux NPS.

Description du cas

Un homme âgé de 20 ans, jeune expérimentateur, dépendant aux opiacés, substitué par méthadone à 60mg/j, a été admis au service des urgences après s’être injecté de la méthoxétamine (MXE) et de l’alpha-pyrrolidinovalérophénone (α-PVP). Depuis 7 jours, il consommait de façon journalière ces deux substances achetées sur internet. À son admission, il présentait les signes ou symptômes cliniques suivants : syndromes confusionnel et dissociatif, propos délirants, hallucinations auditives et visuelles, agitation nécessitant une contention, nystagmus fluctuant, sueurs, ataxie, tachycardie (110 bpm), hypertension artérielle (156/100mmHg). Les examens cardiologique (ECG) et pneumologique étaient normaux. À son admission, le patient a pu fournir 2 échantillons des produits et des prélèvements sanguins et urinaires ont été réalisés. Après la prise en charge aux urgences (<24h), l’évolution a été favorable.

Méthodes

Une recherche de toxiques a été réalisée par immunochimie ainsi qu’un criblage toxicologique par LC-MS/MS à partir des échantillons sanguin et urinaire. L’analyse des poudres a été effectuée par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse.

Résultats

Les dépistages urinaires par immunochimie étaient négatifs tandis que le criblage toxicologique a retrouvé la présence d’α-PVP et de MXE aux concentrations respectives de 4237ng/mL et supérieure à 5000ng/mL. Les analyses sanguines ont confirmé la présence d’α-PVP et de MXE aux concentrations respectives de 22ng/mL et 47ng/mL. L’analyse des poudres a permis d’identifier l’α-PVP et la MXE à des teneurs respectives de 48 % et 82 %.

Conclusion

Cette observation met en évidence la diversité des symptômes cliniques, lors d’une intoxication aux NPS. Devant des troubles psychiatriques et somatiques faisant suspecter une prise de stimulants, le clinicien doit également envisager une consommation de NPS, en particulier chez l’adolescent ou le jeune adulte de sexe masculin. Les NPS n’étant pas détectables par les tests classiques de dépistage des stupéfiants, seule l’analyse toxicologique par spectrométrie de masse permettra d’identifier les substances en cause et de confirmer le diagnostic.

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Vol 30 - N° 2S

P. S50 - juin 2018 Retour au numéro
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