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Quand les abeilles butinent des plantes toxiques : mise en évidence de ricinine dans du pollen d’abeille - 10/05/18

Doi : 10.1016/j.toxac.2018.04.085 
J. Bois-Maublanc 1, , P. Armingaud 2, R. Kerdraon 3, T. Francia 1, L. Got 1, S. Lefeuvre 1
1 Laboratoire de biochimie, CHR d’Orléans, Orléans, France 
2 Service de dermatologie, CHR d’Orléans, Orléans, France 
3 Service de pathologie, CHR d’Orléans, Orléans, France 

Auteur correspondant.

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Résumé

Objectif

Présenter un cas d’intoxication au pollen d’abeille, produit de phytothérapie d’apparence inoffensive. Le pollen d’abeille est utilisé pour stimuler les défenses naturelles de l’organisme. Il s’agit de pelotes composées du pollen de plusieurs fleurs qui se fixent sur les pattes arrière des abeilles lorsqu’elles butinent et qui sont ensuite récoltées à l’entrée des ruches.

Description

M. G., 38 ans, est hospitalisé dans le service de dermatologie suite à l’apparition de lésions papulo-érythémateuses du visage et du tronc avec hyper-éosinophilie. L’anamnèse mentionne la prise de pollen d’abeille en automédication comme fortifiant depuis quelques jours. Le patient ne présente pas d’autres symptômes et le bilan biologique est normal. Les lésions ne réagissent pas au traitement par corticoïde à action locale et générale, mais s’estompent 3 semaines après l’arrêt de l’exposition au pollen d’abeille. Les patch-tests standards ainsi que ceux au pollen sont négatifs à 48 et 72heures. L’examen anatomopathologique d’une biopsie cutanée retrouve la présence de phénomènes de nécrose au niveau des glandes sébacées et est en faveur d’une origine toxique.

Méthodes

L’hypothèse d’une origine toxique étant émise après l’hospitalisation, l’analyse sur un échantillon biologique n’a pu être effectuée. Toutefois, un échantillon du pollen d’abeille nous a été fourni par le patient. Un screening toxicologique qualitatif ciblé par LC-HRMS (Q Exactive Focus, Thermofisher Scientific) a été réalisé après solubilisation du pollen dans l’eau puis extraction par acétonitrile. La séparation est réalisée sur une colonne Accucore Phenyl-hexyl (100×2,1mm, 2,6μm). L’acquisition des données se fait pendant 15minutes en mode Full MS avec confirmation en dd-MS2.

Résultats

Le screening met en évidence la présence de ricinine. Cet alcaloïde est présent à l’état naturel uniquement dans le ricin (Ricinus communis), arbrisseau de la famille des Euphorbiacées [1]. Le ricin est principalement cultivé pour ses graines nécessaires la fabrication d’huile cosmétique. La ricinine est utilisée comme biomarqueur de l’exposition à cette plante et surtout à une toxine qu’elle contient, la ricine [2]. La ricine est un poison extrêmement puissant qui inhibe la synthèse des protéines entraînant la mort cellulaire. Les symptômes diffèrent selon la voie d’exposition et la quantité absorbée allant du simple trouble digestif à une défaillance multiviscérale. Le ricin ou la ricine elle-même ont été impliqués dans des homicides ainsi que dans de nombreuses intoxications accidentelles ou volontaires, parfois létales [3].

Conclusions

Le screening a permis d’étayer l’hypothèse d’une origine toxique des lésions dermatologiques du patient à partir d’une matrice atypique. Le mode d’intoxication rencontré dans ce cas est inédit puisque aucune donnée ne figure dans la littérature concernant la toxicité de la ricine et/ou de la ricinine lors d’une exposition chronique par ingestion à de faibles doses. De plus, ce cas clinique conduit à recommander, une nouvelle fois, une sensibilisation de la population contre les dangers de l’automédication et plus particulièrement de la phytothérapie.

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Vol 30 - N° 2S

P. S63-S64 - juin 2018 Retour au numéro
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