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« Research Chemicals » benzodiazépines : analyse des données des centres français d’addictovigilance et revue de la littérature - 10/05/18

Doi : 10.1016/j.toxac.2018.04.100 
A. Serre 1, , C. Eiden 1, M. Gerardin 2, A.-S. Caoux 2, C. Chevallier 2, A. Daveluy 2, J.-P. Kahn 2, R. Leboisselier 2, B. Revol 2, V. Pizzoglio 2, L. Pochard 2, S. Djezzar 2, H. Peyrière 1
1 Centre d’addictovigilance, université de Montpellier, CHU, Montpellier, France 
2 Réseau français d’addictovigilance, France 

Auteur correspondant.

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Résumé

Objectif

Analyser les cas d’abus des Research Chemicals (RC) benzodiazépines (BZD) à partir des données collectées par le réseau français d’addictovigilance.

Description

Les RC-BZD ont été détectées pour la 1ére fois en Europe en 2007 avec le nimétazépam et le phénazepam [1]. Initialement développées par les industries pharmaceutiques, elles sont apparues plus tard sur internet comme RC. En France le premier cas d’abus a été reporté en 2011.

Méthode

Analyse des données des outils pharmaco-épidémiologique d’addictovigilance (Notification spontanée (NotS), OPPIDUM, Soumission chimique (SC), DRAMES) et des données de la littérature.

Résultats

Entre 2011 et avril 2017, 17 NotS ont été déclarés (hommes 87 %, âge médian 31 ans) et concernent 21 RC-BZD. Les principaux RC-BZD étaient l’étizolam (48 %) et le diclazépam (19 %). Une poly-consommation a été signalée dans tous les cas avec 1 à 5 substances psychoactives (SPA) associée aux RC-BZD, principalement d’autres nouveaux produits de synthèses (NPS). Un total de 41 SPA associées a été rapporté, principalement des cathinones (19,5 %) et des phénéthylamines (17 %). Les effets observés étaient principalement des troubles psychiatriques (agitation, anxiété, hallucination, délire, insomnie) (n=13) et des troubles neurologiques (n=8) avec somnolence, coma, amnésie et trouble de la conscience. Deux cas de consommation d’étizolam ont été retrouvés dans l’enquête OPPIDUM (2013 et 2015). L’enquête DRAMES a rapporté deux décès (2012 et 2016). L’analyse toxicologique révèle la présence d’étizolam (43,8ng/mL) et de morphine (171,9ng/mL) dans le 1er cas et dans le 2nd cas du lormétazépam (258ng/mL), du lorazépam (115ng/mL) (métabolites du diclazépam), de l’oxazépam (17,4ng/mL) et des cannabinoïdes naturels (urine) ainsi que du deschloroétizolam (11ng/mL) (sang périphérique). Aucun cas dans le programme de SC n’a été déclaré. Un total de 15 cas rapportés concernant les RC-BZD a été retrouvé dans la littérature entre 2007 et 2017 (âge médian 30 ans) impliquant l’étizolam (n=7), le phénazepam (n=7) et le flubromazolam (n=2) [3, 2]. Les effets observés incluent une dépendance, des surdosages en association avec des opiacés (dont 4 décès), des troubles psychiatriques et neurologiques. Les concentrations plasmatiques se situaient entre 27ng/mL et 263ng/mL pour l’étizolam, 59 à 411ng/mL pour le flubromazolam et 2,52ng/mL pour le phénazépam.

Conclusion

Les données du réseau français d’addictovigilance et de la littérature tendent à montrer que les utilisateurs de RC-BZD sont principalement des hommes jeunes poly-consommateur notamment de NPS. En raison de la variabilité de la puissance et de la demi-vie, certaines RC-BZD semblent être plus problématiques (complications et risque de surdosages). La détection de ces substances au niveau analytique est également un enjeu important. Le dépistage urinaire immunochimique ne permet pas de distinguer les BZD classiques et les RC-BZD (similitudes structurelles et métabolites). Compte tenu de l’émergence de ces substances et des données disponibles, il est nécessaire de surveiller les RC-BZD.

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Vol 30 - N° 2S

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