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Trois réflexions pour situer l’analyse psycho-criminologique française - 11/06/18

Three thesis to present the French psycho-criminological analysis

Doi : 10.1016/j.amp.2017.03.027 
Erwan Dieu , Astrid Hirschelmann
 EA 2241, centre interdisciplinaire d’analyse des processus humains et sociaux, université de Rennes 2, place du Recteur-Henri-Le-Moal, CS 24307, 35043 Rennes cedex, France 

Auteur correspondant.

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Résumé

Alors que l’approche sérielle psycho-criminologique est expérimentée au sein de l’Administration Pénitentiaire française, il convient de présenter brièvement cette approche, ses théories, modèles et pratiques, ainsi que sa place encore inexistante aux cotés des géants internationaux que sont les modèles réhabilitatifs « Risque-Besoins-Réceptivité » (Bonta et Andrews, 2007) et « Good Lives Model » (Ward et Gannon, 2006). Notre réflexion s’illustre en trois brèves : (i) la situation de l’analyse psycho-criminologique française, (ii) la concrétisation de l’analyse psycho-criminologique française via l’approche bioscopique sérielle, et (iii) le lien entre l’analyse psycho-criminologique française et les principaux modèles réhabilitatifs internationaux. En premier lieu, l’approche psycho-criminologique sérielle française déplace le focus d’analyse vers l’étude des dynamiques situationnelles plutôt que l’étude de la trajectoire d’existence sur un plan chronologique et monographique (Villerbu et al., 2009 ; LeBas, 2011). La psycho-criminologie (dynamique) ici se propose comme une science des situations psychiques et de leurs aménagements (Hirschelmann, 2013). L’acte ne serait donc pas une rupture existentielle, mais un marqueur subjectif de la vie du sujet. En second lieu, la psycho-criminologique française trouve une méthodologie pratique dans l’approche bioscopique sérielle. Le concept de « sérialité » de l’investigation psycho-criminalistique (Ressler et al., 1986 ; Douglas et al., 1992) est repensé dans une approche dynamique des trajectoires criminelles et des typicités infractionnelles qui amènent à interroger tout ce qui fait répétition dans le parcours de vie du sujet (Le Bas, 2011). Sur le plan méthodologique et par analogies rétrospectives et prospective, il convient d’analyser à travers les divers parcours du sujet (familial et conjugal, scolaire et professionnel, sanitaire, judiciaire, institutionnel, d’insertion et de probation, et possiblement sa sexualité et ses loisirs) ce qui amène à des répétitions, similarités, substitutions et cyclicités. Si des familiarités se retrouvent tant avec l’analyse des trajectoires de De Greeff (1956) que le concept de la « storyligne » (ou « lignes d’événement ») d’Agnew (1991, 2006), l’analyse bioscopico-sérielle combine les facteurs endogènes du sujet (émotionnels, sensoriels, cognitifs, mémoriels) et les facteurs exogènes liés à l’environnement (situationnels, relationnels, sociaux) depuis le positionnement subjectif et interprétatif du sujet en action. Deux axes organisent l’agencement des informations (Hirschelmann, 2016), la dimension temporelle et la dimension spatiale (e.g. Famille, Travail, Judiciaire) du parcours du sujet. L’analyse des données vise à lier et retracer, dans ce qui fait événement, les aléas significatifs ayant ponctué la vie du sujet pour amener celui-ci à travailler sur ses forces et vulnérabilités. En troisième lieu, si l’approche psycho-criminologique sérielle française démontre un intérêt dans l’analyse de divers champs infractionnels (Hirschelmann, 2013), celle-ci est encore difficilement saisissable, manque d’outils concrets et généralisables. Surtout, elle ne semble pas exister et interroger au regard des principaux modèles réhabilitatifs internationaux que sont le modèle « Risque-Besoins-Réceptivité » (Bonta et Andrews, 2007) et le « Good Lives Model » (Ward et Gannon, 2006) qui se réfèrent tous deux aux théories et pratiques des thérapies comportementales, cognitives et émotionnelles (Cottraux, 2011).

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Abstract

While the psycho-criminological serial approach is experimented within the French Prison Administration, it is worth presenting briefly this approach, its theories, models and practices, as well as its still non-existent position alongside the rehabilitative models “Risk-Need-Receptivity” (Bonta et Andrews, 2007) and “Good Lives Model” (Ward et Gannon, 2006). Our reflection is illustrated in three analyses : (i) the situation of French psycho-criminological analysis, (ii) the concretization of French psycho-criminological analysis via the serial bioscopic approach, and (iii) the link between the psycho-criminological analysis and the main international rehabilitative models. Firstly, the French psycho-criminological serial approach shifts the analysis focus to the study of situational dynamics rather than the study of the chronological and monographic life course (Villerbu et al., 2009 ; LeBas, 2011). Psycho-criminology (dynamical) here is a science of psychic situations and their development (Hirschelmann, 2013). The act would therefore not be an existential rupture, but a subjective marker of the subject's life. Secondly, French psycho-criminology finds a practical methodology in the serial bioscopic approach. The concept of “seriality” of psycho-criminalistic investigation (Ressler et al., 1986, Douglas et al., 1992) is rethought in a dynamic approach to criminal carriers and offense that lead us to question every repetition in the life course of the subject (Le Bas, 2011). From a methodological point of view and with retrospective and prospective analogies, it is necessary to analyze the various courses of the subject (family and conjugal, school and professional, health, judiciary, institutional, insertion and probation, and possibly his sexuality and his hobbies), which leads to repetitions, similarities, substitutions and cyclicities. While similarities with both De Greeff's (1956) trajectory analysis and Agnew's (1991, 2006) concept of “storyline” (or “event lines”) can be found, bioscopic-serial analysis combines the endogenous factors of the subject (emotional, sensory, cognitive, memorial) and environmental factors (situational, relational, social) from the subjective and interpretive positioning of the subject in action. Two axes organize the layout of information (Hirschelmann, 2016), the temporal dimension and the spatial dimension (e.g. family, work, Judiciary) of the subject's life course. The data analysis aims at linking and retracing, in what makes an event for the individual, the significant random events that have punctuated the life of the subject in order to induce him to work on his forces and vulnerabilities. Thirdly, although the French serial psycho-criminological approach shows an interest in the analysis of various offense-related fields (Hirschelmann, 2013), it is still difficult to grasp, because of the lack of concrete and generalizable tools. Above all, it does not seem to exist and question the main international rehabilitative models such as the “Risk-Needs-Receptivity” model (Bonta et Andrews, 2007) and the “Good Lives Model” (Ward et Gannon, 2006), both referring to the theories and practices of behavioral, cognitive and emotional therapies (Cottraux, 2011).

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Analyse sérielle française, Auteur d’infraction, Méthodologie d’analyse criminologique, Modèle réhabilitatif, Psycho-criminologie

Keywords : Criminological Analysis Methodology, French Serial Analysis, Offender, Psycho-criminology, Rehabilitative Model


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Vol 176 - N° 6

P. 586-590 - juin 2018 Retour au numéro
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