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Intoxication par le laurier rose en France : étude rétrospective d’après les données des centres antipoison entre 1999 et 2016 - 21/08/18

Doi : 10.1016/j.toxac.2018.07.101 
L. Capaldo 1, , A. Courtois 1, 2, F. Giraud 1, I. Blanc-Brisset 1, M. Labadie 1
1 Centre antipoison de Nouvelle Aquitaine, CHU de Bordeaux, Bordeaux, France 
2 Unité de recherche Œnologie, institut des sciences de la vigne et du vin, université de Bordeaux, Villenave d’Ornon, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Objectif

Le laurier rose (Nerium oleander) est un arbuste ornemental très répandu en France et plus particulièrement sur le pourtour méditerranéen. Toutes les parties de la plante contiennent des hétérosides cardiotoniques (oléandrine, folinérine, adynérine et digitoxigénine), analogues aux digitaliques, responsables de signes principalement digestifs et cardiaques potentiellement graves [1]. L’objectif était de décrire les cas d’intoxications au laurier rose à partir des données des centres antipoison français sur l’ensemble du territoire français.

Méthode

Il s’agit d’une étude rétrospective multicentrique des cas d’exposition au laurier rose recueillis entre le 18 juin 1999 et le 19 juillet 2017. Seuls les cas de mono-exposition au laurier rose ont été retenus.

Résultats

Sur les 4214 personnes exposées, 4009 cas concernaient une mono-intoxication au laurier rose, avec une moyenne de 220,9±103,7 cas chaque année. Sur la période de 2004 à 2016, il a été observé une augmentation constante du nombre des cas chaque année passant de 26,8 cas pour 10 000 dossiers (soit 143 dossiers) en 2004 à 53,4 cas pour 10 000 dossiers (soit 409 dossiers) en 2016. La majorité des cas est survenue après une exposition orale (3179 cas) ou buccale (828 cas). Le sex ratio est de 0,97 avec une répartition par âge de 2320 cas pour la classe de 0 à5 ans, 426 cas pour la classe 6 à 15 ans, 839 cas pour la classe 16 à 65 ans, et 115 cas pour la classe d’âge>65 ans. Pour 309 cas, l’âge n’était pas connu. Lorsque la localisation géographique des personnes exposées était connue (62,2 %), l’analyse de leur répartition montre que la majorité des cas est survenue dans la moitié sud de la France avec 1783 cas enregistrés dans le sud de la France contre 609 cas dans le Nord. Les circonstances d’exposition les plus fréquentes sont liées à un défaut de perception du risque (1913 cas) ou à un accident (1180 cas). Dans 279 cas, il s’agissait d’une conduite suicidaire. La gravité était nulle pour 3149 cas, faible pour 410 cas, moyenne pour 102 cas, et forte pour 39 cas. Parmi ces derniers, 4 décès ont été observés, tous dans un contexte suicidaire. Les dosages de digoxine ont été réalisés pour 94 personnes et pour 9 d’entre elles un dosage d’oléandrine a également été réalisé. Pour une personne seul un dosage d’oléandrine a été réalisé. Pour les 4 cas de décès, aucun dosage d’oléandrine n’a été réalisé, mais une concentration de digoxine de 0,98ng/mL à H6 a été retrouvée dans un cas.

Conclusion

Les intoxications par le laurier rose sont des intoxications fréquentes en France et plus particulièrement dans le sud. Elles surviennent majoritairement chez l’enfant et avec de petites quantités ; leur gravité reste le plus souvent nulle. Néanmoins ces intoxications présentent un risque non négligeable, notamment dans un contexte suicidaire, et conduire au décès du patient.

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Vol 30 - N° 3

P. 168 - septembre 2018 Retour au numéro
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