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Projet Musitox® : consommation de substances psychoactives lors des festivals de musique en Aquitaine en 2017 - 21/08/18

Doi : 10.1016/j.toxac.2018.07.107 
M. Labadie 1, , L. Capaldo 1, C. Richeval 2, S.-C. Regueme 3, C. Bragança 1, A. Courtois 1, 4, J. Partrat 5, K. Titier 6, N. Castaing 6, D. Allorge 2, J.-M. Gaulier 2, A. Daveluy 7
1 Centre antipoison de Nouvelle Aquitaine, CHU de Bordeaux, Bordeaux, France 
2 Unité Fonctionnelle de toxicologie, CHU de Lille, Lille, France 
3 Département promotion interne, direction de la recherche clinique, CHU de Bordeaux, Bordeaux, France 
4 Unité de recherche œnologie, institut des sciences de la vigne et du vin, université de Bordeaux, Villenave d’Ornon, France 
5 Service des urgences, SMUR, centre hospitalier général, Agen, France 
6 Laboratoire de pharmaco-toxicologie, CHU de Bordeaux, Bordeaux, France 
7 CEIP-A, université de Bordeaux, Bordeaux, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Objectif

Les intoxications par les substances psychoactives (SPA) sont nombreuses en Europe, notamment dans les festivals de musique, et peuvent-être responsables de décès pour lesquels les centres antipoison et d’addictovigilance sont régulièrement sollicités. Les objectifs de cette étude sont de déterminer les molécules circulant dans ces événements festifs avec identification analytique à l’appui, et de décrire les tableaux cliniques les plus graves pour améliorer la prise en charge ultérieure.

Méthode

Après avis favorable du CPP IDF1 (ClinicalTrials.gov ID : NCT03203213), était inclu tout patient majeur admis au poste médical avancé (PMA) du festival Garorock de Marmande (30 juin–2 juillet 2017) avec des troubles neurologiques et/ou du comportement (i) présentant une agitation à l’admission ou pendant la surveillance au PMA et qui dira (ou son entourage) avoir consommé des SPA ou qui sera dans l’incapacité de dire qu’il a pris une SPA et pour lequel aucune autre étiologie n’est évidente, et/ou (ii) pour lequel la gravité du cas nécessite une admission aux urgences ou en réanimation, que le médecin ait connaissance ou non d’une prise de SPA (et en l’absence d’une autre étiologie évidente) et/ou (iii) si le médecin du PMA considère qu’une analyse toxicologique est nécessaire pour la suite de la prise en charge. Chaque patient bénéficiait d’un examen clinique, d’un prélèvement sanguin sur buvard Dried Blood Spot ou DBS) et capillaire, ainsi que des soins adaptés.

Résultats

Vingt cinq patients (13 femmes, 12 hommes) de 18 à 30 ans ont été inclus, 25 DBS analysés, et 24 prélèvements de cheveux analysés. Quatorze (93 %) indiquaient qu’ils avaient pris des SPA. Les signes observés étaient neurologiques [mydriase (71 % – 17), troubles de la conscience (88 % – 22), hyper ou hypotonie (respectivement 40 % – 6 et 47 % – 7), agitation (44 % – 11), mouvements anormaux (36 % – 9)], cardiovasculaires [tachycardie 46 % (11)], respiratoires [polypnée 55 % (6)], ou autres [hypoglycémie 4 % (1), fièvre 7 % (1)] et 16 % (4) ont été hospitalisés. L’évolution a été favorable pour tous. Les substances avouées consommées (23 patients) étaient : « cristal », ecstasy, « MD », MDMA, champignons et cannabis, parfois associés. Dans les DBS étaient retrouvés de l’ecstasy (surtout MDMA), du THC, de la cocaïne et leurs métabolites, du paracétamol, de l’hydroxyzine, de la chloroquine, du lévamisole, de la quinine, de la quinidine, et de la cétirizine. Les mêmes substances ont été décelées dans les cheveux mais également de la MDEA, du MDMB-CHMICA, de la doxylamine, de l’oxomémazine et de la codéine.

Conclusion

L’étude a permis de décrire précisément les tableaux cliniques. Aucun nouveau produit de synthèse n’a été retrouvé dans le sang, mais certains d’entre eux ont des concentrations sanguines circulantes tellement faibles qu’elles ont pu échapper à la détection dans les DBS.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

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Vol 30 - N° 3

P. 171 - septembre 2018 Retour au numéro
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