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La consommation de psilocybes, une expérience pas si magique - 21/08/18

Doi : 10.1016/j.toxac.2018.07.039 
M. Brunet , C. Bruneau, G. Le Roux, D. Boels
 Centre antipoison et toxicovigilance Grand Ouest, CHU d’Angers, Angers, France 

Auteur correspondant.

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Résumé

Objectif

Nous rapportons ici un cas de rhabdomyolyse sévère compliqué d’un état de choc, d’une acidose métabolique et d’une insuffisance rénale aiguë suite à l’ingestion de sclérotes de Psilocybe tampanensis atlantis.

Description du cas

Lors d’une soirée avec des amis, un homme de 36 ans, 179kg, consomme 40g de P. tampanensis atlantis, achetés sur internet. Il les prépare en infusion, boit l’eau puis ingère les champignons avec de l’alcool. Il est retrouvé le lendemain, confus, au sol sur la voie publique par les pompiers. À son admission aux urgences, il est tachycarde à 156/min, normotendu, en acidose métabolique (pH 6,95, bicarbonates 8,4 mmol/L, pCO2 38mmHg). L’alcoolémie est à 1,72g/L. Rapidement, le patient devient hypotendu avec des marbrures et des signes de choc nécessitant une expansion volémique, une intubation et un transfert en réanimation. Le bilan d’entrée montre une rhabdomyolyse majeure avec une élévation des CPK à 170 000 UI/L et une insuffisance rénale aiguë organique anurique avec une créatininémie à 363μmol/L. Le patient est traité par alcalinisation, hydratation et hémodialyse. La recherche de toxiques dans le plasma revient positive pour la méthadone (en très faible concentration) ainsi que pour l’hydroxyzine et la cétirizine (à faible concentration). L’évolution est marquée par un pic des CPK à 279000 UI/L à J2. L’état de choc est à l’origine d’une colite ischémique nécessitant une colectomie dans les premiers jours. Suite à des épisodes de confusion et d’hallucinations, un scanner cérébral avec injection montre des lésions cortico sous corticales. Le patient récupère totalement sa fonction rénale en 2 mois. Une neuromyopathie diffuse de réanimation avec prédominance du tronc sciatique gauche au niveau de la fesse est diagnostiquée 1,5 mois après la consommation des champignons. La suite de la prise en charge du patient se fait dans un centre de convalescence.

Conclusion

Les psilocybes, contenant de la psilocibine, sont connus pour provoquer un syndrome narcotinien. Ce syndrome est décrit comme provoquant des signes neuropsychiques et sensoriels rapides : une euphorie, une hyperesthésie sensorielle, des hallucinations visuelles et auditives, une distorsion du temps et de l’espace… Également, une tachycardie, une hypertension artérielle, une sécheresse buccale, un flush facial et plus rarement des convulsions. Cependant un seul cas de rhabdomyolyse a été rapporté dans la littérature suite à la consommation de champignons hallucinogènes : Psilocybe cubensis [1]. Dans ce cas, la rhabdomyolyse n’est pas simplement expliquée par une obésité et une immobilisation prolongée devant l’absence de lésion au niveau des zones d’appui. L’imputabilité de la consommation de P. tampanensis atlantis reste probable quant à la survenue de la rhabdomyolyse chez ce patient. Suite à ce cas, une alerte nationale a été faite pour prévenir des risques encourus par les consommateurs de P. tampanensis atlantis potentiellement à l’origine d’une rhabdomyolyse majeure pouvant engager le pronostic vital.

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Vol 30 - N° 3

P. 174-175 - septembre 2018 Retour au numéro
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  • Les sclérodermes : qu’en est-il de leur toxicité ?
  • C. Bruneau, X. Bretaudeau, P.A. Moreau, A. Courtois, N. Delcourt, A. Villa, C. Cézard, M. Evrard, C. Schmitt, N. Ihadadene, M. Deguigne, G. Le Roux

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