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Surveillance biologique de l’exposition professionnelle (SBEP) aux médicaments anticancéreux au sein d’un hôpital Mauritanien - 21/08/18

Doi : 10.1016/j.toxac.2018.07.066 
A. Villa 1, M. Mohamedou 2, F. Pillière 3, C. Verdun-Esquer 4, M. Molimard 5, 6, M. Sidatt Cheikh El Moustaph 7, M. Canal-Raffin 5, 6,
1 Consultation de pathologie professionnelle, hôpital Fernand-Widal, 75010 Paris, France 
2 Centre national d’oncologie, Nouakchott, Mauritanie 
3 Institut national de recherche et de sécurité, INRS, département études et assistance médicales, Paris, France 
4 Service de médecine du travail et pathologie professionnelle, CHU de Bordeaux, Bordeaux, France 
5 Laboratoire de pharmacologie clinique et de toxicologie, CHU de Bordeaux, Bordeaux, France 
6 Université de Bordeaux, Inserm 1219, Bordeaux, France 
7 Office national de la médecine du travail (ONMT), Nouakchott, Mauritanie 

Auteur correspondant.

Résumé

Objectif

En Mauritanie, l’activité du Centre national d’oncologie (CNO) n’a cessé de croître entraînant une augmentation de la manipulation de médicaments anticancéreux (MAC). Dans ce contexte, la contamination des professionnels aux MAC a été évaluée.

Méthode

L’intervention s’est déroulée en 2015, dans 2 services de soins, et a évalué des infirmiers (IDE) préparant et administrant des MAC et des agents en charge de l’hygiène (AH). Chaque participant a fourni un prélèvement urinaire en fin de poste et fin de semaine. Cinq molécules ont été recherchées à l’aide de méthodes spécifiques, de haute sensibilité (UHPLC-MS/MS) avec des limites de quantification (LQ) très basses (cyclophosphamide (CP), ifosfamide (IF), méthotrexate (MTX) : 2,5 ng/L ; doxorubicine (Doxo) : 10 ng/L ; alpha-fluoro-béta-alanine (FBAL, métabolite du 5-fluoro-uracile) : 20 ng/L). Un sujet était considéré comme « contaminé » dès lors qu’un MAC était détecté à une concentration urinaireà la LQ ou à l’état de traces.

Résultats

Douze personnes ont participé (6 IDE, 6 AH) et 12 échantillons urinaires ont été recueillis et analysés. Le pourcentage de contamination interne était de 66,6 % pour l’ensemble des participants (n=8/12), 100 % pour les IDE (6/6) et 33 % pour les AH (2/6). Chez 62,5 % (n=5/8) des sujets contaminés, 2 à 4 des MAC recherchés ont été détectés dans les urines. Le CP a été retrouvé dans les urines de tous les sujets contaminés. Le FBAL a été retrouvé chez 4 sujets, le MTX chez 3, la Doxo chez 1. Seul l’IF n’a pas été détecté dans les échantillons. Les niveaux de concentrations urinaires (toutes molécules confondues) s’étendaient de 3 à 844 ng/L pour les IDE et de 3 à 44 ng/L pour les AH. Les valeurs médianes des concentrations urinaires étaient respectivement de 87 ng/L, 15,1ng/L et 4,4 ng/L pour le FBAL, le CP et le MTX. La valeur de la Doxo était 218 ng/L.

Conclusion

Il n’existe pas à ce jour de valeur biologique d’interprétation mais la contamination de ces personnels est avérée puisqu’un ou plusieurs MAC ont été détectés à l’état de traces dans les urines ou à une concentration urinaire supérieure à égale à la LQ de la méthode analytique qui doit être la plus basse possible. Cependant, étant donnée la dangerosité des MAC, la mise en place de mesures correctives est indispensable auprès de ce personnel. La SBEP est l’outil de choix pour tracer les expositions insuffisamment maîtrisées et constitue un signal d’alarme. Ces résultats démontrent la nécessité de sensibiliser les professionnels aux risques liés à la manipulation des MAC.

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Vol 30 - N° 3

P. 184 - septembre 2018 Retour au numéro
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