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Toxicité de la glycine : syndrome de résection transurétrale prostatique - 21/08/18

Doi : 10.1016/j.toxac.2018.07.069 
L. Anquetil 1, B. Djobo 1, 2, I. Kim 2, M. Joncquel 2, D. Allorge 1, 3, J. Langlois 4, J.-M. Gaulier 1, 3,
1 CHU de Lille, unité fonctionnelle de toxicologie, Lille, France 
2 CHU de Lille, unité fonctionnelle de métabolisme, Lille, France 
3 Université Lille, EA 4483 - Impecs - Impact de l’environnement chimique sur la santé humaine, Lille, France 
4 CHU de Lille, service de réanimation Lille, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Objectif

Le syndrome de résection transurétrale de la prostate (RTUP ou TURP, Transurethral resection of the prostate) est une complication rare, mais grave, de cette intervention chirurgicale [1]. Ce syndrome apparaît à la suite d’une absorption massive dans le compartiment intravasculaire du liquide d’irrigation faiblement hypotonique qui est utilisé lors du lavage et qui contient de la glycine. Les manifestations cliniques sont variées : nausées et vomissements, troubles neurologiques, et manifestations cardiovasculaires potentiellement létales. Nous présentons un cas fatal d’intoxication illustrant ces complications, résultats de la toxicité de la glycine associée à l’hyperhydratation et l’hyponatrémie aiguë de dilution.

Description du cas

Un homme de 69 ans subit une première intervention de RTUP dans le but de retirer une tumeur de l’uretère droit. À la suite de cette intervention, une dérivation du rein droit par pyélostomie est réalisée. Dix jours après, le patient se présente aux urgences pour perte de la sonde de pyélostomie. Il subit alors une seconde intervention : au cours de celle-ci, une résorption importante du liquide d’irrigation est observée avec un bilan entrées/sorties négatif. Une laparotomie retrouve une perforation de la vessie avec résorption d’environ 1,5 L de liquide d’irrigation au niveau péritonéal. Le patient décède le lendemain d’une bradycardie extrême suivie d’une asystolie malgré la prise en charge en réanimation. Des prélèvements biologiques sont réalisés 3h après la seconde intervention et analysés : en particulier, le dosage de la glycine plasmatique est réalisé par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem.

Résultats

Ce dosage met en évidence une augmentation majeure de la glycine plasmatique (9057μmol/L ; valeurs usuelles : 192 à 353μmol/L). En lien avec cette hyperglycinémie, une hyperammoniémie à 125μmol/L est observée, d’une part, et les gaz du sang artériels montrent une acidose métabolique (pH à 7,00 et bicarbonates à 8mmol/L), d’autre part. En effet, l’ammoniac et l’acide glyoxylique sont deux métabolites issus de la glycine. Le bilan révèle également une insuffisance rénale aiguë, une hyponatrémie sévère à 112mmol/L, une hyperkaliémie à 7,8mmol/L, associées à une hypoprotidémie à 31g/L. Cette hyponatrémie aiguë de dilution secondaire à l’hypervolémie est principalement responsable des manifestations cardio-circulatoires graves, dont la bradycardie observée.

Conclusion

Ici, les troubles hémodynamiques associés au bilan biologique, et notamment à la concentration plasmatique de glycine, permettent de confirmer ce cas de TURP syndrome. Généralement, l’intensité et la sévérité des symptômes sont corrélées à la quantité de glycine absorbée [2] : ses métabolites, ammoniac et acide glyoxylique, sont notamment responsables d’une toxicité cérébrale directe pouvant entraîner une encéphalopathie voire un coma. Le TURP syndrome est une urgence thérapeutique nécessitant l’arrêt de l’intervention et le traitement d’une part, des conséquences hémodynamiques et respiratoires de la surcharge volémique, et d’autre part, de l’hyponatrémie. Il survient rarement, mais ses conséquences peuvent être fatales.

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Plan


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Vol 30 - N° 3

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