Médecine

Paramédical

Autres domaines


S'abonner

Consommations problématiques des antalgiques codéinés en automédication : résultats de l’étude DANTE (une Décennie d’ANTalgiques En France) - 04/11/18

Doi : 10.1016/j.therap.2018.09.055 
Marylène Guerlais 1, , Caroline Victorri-Vigneau 1, Delphine Lauzeille 1, Marie Baumevieille 2, Alexandra Boucher 3, Cécile Chevallier 4, Sylvie Deheul 5, Céline Eiden 6, Nathalie Fouilhé 7, Valérie Gibaja 8, Reynald Le Boisselier 9, Stéphanie Pain-Barc 10, Liselotte Pochard 11, Françoise Haramburu 2, Amélie Daveluy 2, Anne Roussin 12

French Addictovigilance Network

1 Service de pharmacologie clinique, centre d’addictovigilance-CEIP, hôpital universitaire de Nantes, Hôtel-Dieu, institut de Biologie, 9, quai Moncousu, 44093 Nantes cedex 1, France 
2 Centre d’addictovigilance-CEIP, service de pharmacologie médicale, CHU, Inserm, Bordeaux Population Health Research Center, Team, Pharmacoepidemiology, UMR 1219, Bordeaux, France 
3 Centre d’addictovigilance-CEIP, CHU Lyon, Lyon France 
4 Centre d’addictovigilance-CEIP Île de France, Centre Val de Loire, Paris, France 
5 Centre d’addictovigilance-CEIP, CHU, Lille, France 
6 Centre d’addictovigilance-CEIP, CHU, Montpellier, France 
7 Centre d’addictovigilance-CEIP, CHU, Grenoble, France 
8 Centre d’addictovigilance-CEIP, CHU, Nancy, France 
9 Centre d’addictovigilance-CEIP, CHU, Caen, France 
10 Centre d’addictovigilance-CEIP, CHU, Poitiers, France 
11 Centre d’addictovigilance-CEIP, CHU, AP–HM, institut de neurosciences de la Timone, CNRS/AMU, Marseille, France 
12 Centre d’addictovigilance-CEIP, service de pharmacologie médicale et clinique, centre hospitalier universitaire de Toulouse, Toulouse, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

La codéine, partiellement métabolisée en morphine, est inscrite sur la liste 1 des substances vénéneuses. Jusqu’en juillet 2017, plusieurs spécialités à base de codéine étaient de prescription médicale facultative (PMF) en raison d’une dose d’exonération pour la délivrance. Dans le cadre de l’étude DANTE portant sur l’automédication par antalgique de PMF, nous avons évalué les consommations problématiques liées à la l’usage de codéine associée au paracétamol et comparé les résultats à ceux du paracétamol seul.

Méthode

Les 1325 pharmacies sentinelles des centres d’addictovigilance ont été sollicitées pour participer à cette étude nationale transversale. Pendant une semaine, en octobre 2016, les patients majeurs demandant spontanément à l’officine un médicament à l’étude, à visée antalgique, ont été invités à remplir un auto-questionnaire anonyme.

Résultats

Le taux de participation des pharmacies a été de 41,7 %, celui des patients de 60,6 %. Pour la codéine, le taux de participation des patients était significativement plus faible qu’avec le paracétamol (49,6 %, p<10−3). Deux cent vingt deux questionnaires concernaient la codéine et 251 le paracétamol. Pour la codéine, ils ont été remplis par des patients plus jeunes (45,6 ans en moyenne) que pour le paracétamol (49,2 ans, p<0,05) et 67,6 % étaient des femmes (versus 72,4 %, pour le paracétamol). Quarante-neuf pour cent des patients consommaient la codéine quotidiennement ou de façon pluri-hebdomadaire (versus 27,8 % pour le paracétamol, p<10−3) : 35 % d’entre eux avaient déjà eu un refus de délivrance par le pharmacien soit 3 fois plus que pour le paracétamol seul (11,3 %) ; 14 rapportaient un craving ; 14 déclaraient une recherche d’effet supplémentaire à l’antalgie. Un surdosage est rapporté par 31 % des consommateurs réguliers de codéine, soit 2,5 fois plus que pour le paracétamol (13 %). Ils ont également plus nombreux à souhaiter arrêter leur consommation (38 % versus 23 % pour le paracétamol).

Discussion

L’étude DANTE souligne, chez les patients avec une demande de codéine à visée antalgique, l’existence de troubles de l’usage liés possiblement à une douleur insuffisamment soulagée mais également un détournement d’usage. En raison du risque de présentation d’ordonnance falsifiée, une communication vers les patients et professionnels doit être faite pour faciliter le repérage et la prise en charge de ces troubles.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Plan


© 2018  Publié par Elsevier Masson SAS.
Ajouter à ma bibliothèque Retirer de ma bibliothèque Imprimer
Export

    Export citations

  • Fichier

  • Contenu

Vol 73 - N° 6

P. 561 - décembre 2018 Retour au numéro
Article précédent Article précédent
  • Le risque en terme d’addiction ?
  • Hélène Peyrière, Anne Batisse, Charles Cazanave, Hélène Donnadieu-Rigole
| Article suivant Article suivant
  • Décès en relation avec l’abus de médicaments et substances (DRAMES) et nouveaux produits de synthèse (NPS) : combien de cas depuis 5 ans ?
  • Nathalie Fouilhé Sam-Laï, Hélène Eysseric, Nassima Yahiaoui, Jean-Michel Gaulier, Véronique Dumestre-Toulet, Michel Mallaret

Bienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement ou un achat à l’unité.

Déjà abonné à cette revue ?

;

Mon compte


Plateformes Elsevier Masson

Déclaration CNIL

EM-CONSULTE.COM est déclaré à la CNIL, déclaration n° 1286925.

En application de la loi nº78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez des droits d'opposition (art.26 de la loi), d'accès (art.34 à 38 de la loi), et de rectification (art.36 de la loi) des données vous concernant. Ainsi, vous pouvez exiger que soient rectifiées, complétées, clarifiées, mises à jour ou effacées les informations vous concernant qui sont inexactes, incomplètes, équivoques, périmées ou dont la collecte ou l'utilisation ou la conservation est interdite.
Les informations personnelles concernant les visiteurs de notre site, y compris leur identité, sont confidentielles.
Le responsable du site s'engage sur l'honneur à respecter les conditions légales de confidentialité applicables en France et à ne pas divulguer ces informations à des tiers.