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Consommation d’analgésiques chez les sujets présentant un trouble d’usage de substances - 04/11/18

Doi : 10.1016/j.therap.2018.09.007 
Camille Ponté 1, , Sibylle de Germay 1, Joëlle Micallef 2, Maryse Lapeyre-Mestre 1
le

Réseau français d’addictovigilance

1 Centre d’addictovigilance-CEIP, CHU de Toulouse, Faculté de Médecine, 37 allées Jules-Guesde, 31000 Toulouse, France 
2 Centre d’addictovigilance-CEIP PACA-Corse, hôpital de la Timone, Marseille, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

OPPIDUM et OPEMA sont des dispositifs de pharmacosurveillance sur les substances psychoactives, menés par le Réseau français d’addictovigilance [1]. Ils reposent sur des enquêtes transversales auprès de sujets présentant un trouble d’usage de substances. Cette étude visait à décrire la consommation d’analgésiques des sujets inclus dans ces enquêtes.

Méthode

Les données des sujets inclus entre 2006 et 2016, et consommant au moins un analgésique, ont été décrites : données sociodémographiques, premier produit consommé, analgésiques consommés, profil d’usage (simple ou mésusage) des analgésiques et des médicaments de substitution aux opiacés (MSO) et structure fréquentée (CSAPA, CAARUD, médecine générale, hôpital ou prison).

Résultats

Parmi les sujets inclus dans ces enquêtes, 2681 ont consommé au moins un antalgique ; ils représentaient 2,8 % des sujets en 2006 et 5,7 % en 2016. Ils avaient en moyenne 38±11 ans et étaient majoritairement des hommes. Parmi les sujets sous MSO, 20,2 % avaient recours à un analgésique opioïde. Un profil de mésusage a été identifié chez 62,4 % des sujets, majoritairement dans les CAARUD (96,9 %). Les profils de mésusage étaient largement exposés à la morphine, en comparaison aux profils d’usage simple. On retrouvait une prédominance masculine chez les mésuseurs de morphine, tramadol et oxycodone, et féminine chez les mésuseurs de codéine. Les analgésiques mésusés étaient majoritairement obtenus par prescription, et vente libre pour la codéine, sauf pour la morphine majoritairement obtenue illégalement. Concernant le premier produit consommé, on observait une diminution du nombre de sujets ayant consommé des opiacés illicites au début des années 1990, au profit de la codéine, de la morphine et du tramadol, pour les périodes plus récentes.

Discussion

La prévalence de consommation d’analgésiques rapportée dans OPPIDUM et OPEMA a doublé parmi les sujets inclus entre 2006 et 2016. La caractérisation des profils de mésusage devrait aider à l’identification d’un trouble d’usage des analgésiques. La réglementation des médicaments à base de codéine en vigueur depuis 2017 devrait modifier les tendances de consommation dans cette population. La surveillance des analgésiques, en particulier des opioïdes, doit être maintenue afin d’adapter les mesures de prévention et de réduction des risques liés au mésusage.

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Vol 73 - N° 6

P. 570 - décembre 2018 Retour au numéro
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  • Trouble de l’usage et douleurs chroniques : enquête de prévalence chez les patients consultant au CETD du CHU de Bordeaux concernant la consommation de tabac, alcool, cannabis, opioïdes forts et faibles
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