Médecine

Paramédical

Autres domaines


S'abonner

Ordonnances suspectes : avant/après le 12 juillet 2017 - 04/11/18

Doi : 10.1016/j.therap.2018.09.014 
Emilie Jouanjus 1, 2, , Maryse Lapeyre-Mestre 1, 2

le Réseau français d’addictovigilance

1 Centre d’addictovigilance-CEIP, service de pharmacologie médicale et clinique, CHU de Toulouse, 37, allées Jules-Guesde, 31000 Toulouse, France 
2 Inserm UMR 1027, équipe de pharmaco-épidémiologie, université Toulouse III Paul-Sabatier, Toulouse, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

Les spécialités à base de codéine, dextrométhorphane, éthylmorphine ou noscapine ont été inscrites sur la liste des substances vénéneuses le 12 juillet 2017 [1], en raison de l’identification des cas d’abus et de mésusage à visée récréative chez des adolescents et jeunes adultes, ayant donné lieu à 2 décès en 2017. L’accès à ces médicaments a ainsi été limité, mais le recours à d’autres moyens d’obtention, dont la falsification d’ordonnances, est à craindre. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact de cette réglementation à partir de l’analyse de ces spécialités identifiées dans l’enquête ordonnances suspectes indicateur d’abus possible (OSIAP) entre 2013 et 2017.

Méthodes

Les ordonnances enregistrées entre 2013 et 2017 mentionnant au moins une spécialité à base de codéine, dextrométhorphane, éthylmorphine ou noscapine, seuls ou en association, ainsi que celles mentionnant des spécialités à base de pholcodine, ont été extraites de la base de données OSIAP [2]. Des taux de citations ont été calculés en rapportant le nombre de citations annuels à celui des ordonnances recueillies pendant l’année considérée. Une analyse descriptive a été réalisée à l’aide du logiciel SAS 9.4, basée sur la comparaison des OSIAP présentées avant et après le 12 juillet 2017.

Résultats

Au total, 95 citations de spécialités renfermant de la codéine (n=82), du dextrométhorphane (n=6), de la pholcodine (n=5), ou de l’association codéine/éthylmorphine (n=2) ont été identifiées. Il n’y en avait aucune concernant la noscapine. À l’exception de la codéine, les taux annuels de citations sur l’ensemble de la période étaient compris entre 0 et 0,3 %, sans variation significative d’une année sur l’autre. Pour la codéine, on observait déjà une augmentation en 2016, avec 0,7 % des citations (9 citations), progressant à 10,2 % (soit 62 citations) à partir du 12 juillet 2017.

Discussion

Ces résultats suggèrent que le recours à la falsification d’ordonnances a fortement augmenté depuis le 12 juillet 2017 pour les spécialités à base de codéine, tandis que les autres spécialités concernées ne semblent pas avoir été impactées. Cependant, la vigilance doit être maintenue lors de la délivrance, notamment à l’égard des spécialités apparentées qui, telle la pholcodine, sont encore accessibles sans ordonnance.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Plan


© 2018  Publié par Elsevier Masson SAS.
Ajouter à ma bibliothèque Retirer de ma bibliothèque Imprimer
Export

    Export citations

  • Fichier

  • Contenu

Vol 73 - N° 6

P. 573 - décembre 2018 Retour au numéro
Article précédent Article précédent
  • Ordonnances suspectes indicateur d’abus possible (OSIAP) : analyse des données enregistrées depuis 2013
  • Emilie Jouanjus, Grégory Guernec, Maryse Lapeyre-Mestre, Réseau français d’addictovigilance
| Article suivant Article suivant
  • Panorama des travaux d’addictovigilance menées grâce aux bases de données médico-administratives
  • Mathilde Dupui, Maryse Lapeyre-Mestre, Joelle Micallef

Bienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement ou un achat à l’unité.

Déjà abonné à cette revue ?

;

Mon compte


Plateformes Elsevier Masson

Déclaration CNIL

EM-CONSULTE.COM est déclaré à la CNIL, déclaration n° 1286925.

En application de la loi nº78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez des droits d'opposition (art.26 de la loi), d'accès (art.34 à 38 de la loi), et de rectification (art.36 de la loi) des données vous concernant. Ainsi, vous pouvez exiger que soient rectifiées, complétées, clarifiées, mises à jour ou effacées les informations vous concernant qui sont inexactes, incomplètes, équivoques, périmées ou dont la collecte ou l'utilisation ou la conservation est interdite.
Les informations personnelles concernant les visiteurs de notre site, y compris leur identité, sont confidentielles.
Le responsable du site s'engage sur l'honneur à respecter les conditions légales de confidentialité applicables en France et à ne pas divulguer ces informations à des tiers.