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Quelles consommations en prison ? À partir de l’étude COnsommation de Substances et Médicaments au sein de pOpulations carcéraleS (COSMOS) - 04/11/18

Doi : 10.1016/j.therap.2018.09.022 
Morgane Rousselet 1, 2, 3, Marylène Guerlais 1, Pascal Caillet 1, Damien Mauillon 4, Bertrand Le Geay 5, Pascale Jolliet 1, 2, 3, Caroline Victorri-Vigneau 1, 2, 3,
1 Service de pharmacologie clinique (centre d’addictovigilance-CEIP), institut de biologie, CHU de Nantes, 9, quai Moncousu, 44093 Nantes, France 
2 UMR1246, université de Nantes, Nantes, France 
3 UMR1246, université de Tours, Tours, France 
4 Unité sanitaire en milieu pénitentiaire, service de médecine légale, CHU d’Angers, Angers, France 
5 Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA), unité sanitaire en milieu pénitentiaire, CHU de Nantes, Nantes, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

La consommation de substances psychoactives en prison existe même si elle est réglementairement interdite. Plusieurs études effectuées en France dans des populations carcérales ont évalué la prévalence de cette consommation. Cependant, l’évolution des consommations et des modalités de consommation entre le moment de l’entrée en établissement pénitentiaire et après quelques mois de détention n’a jamais été étudiée par le passé. L’objectif principal de l’étude COSMOS était d’évaluer l’évolution des modalités de consommation de substances psychoactives des détenus entre la période qui précédait l’incarcération et les premiers mois de détention.

Matériel et méthodes

Il s’agit d’une étude descriptive, transversale menée entre 2015 et 2016. Durant un an, dans les 6 maisons d’arrêt des Pays de la Loire, tous les détenus étaient sollicités au cours de leur troisième mois d’incarcération. Les substances utilisées (médicamenteuses ou non) avant et pendant l’incarcération et leurs modalités d’utilisation étaient explorées.

Résultats

Huit cents détenus ont participé à l’étude ; 93 % des sujets consommaient au moins une substance à leur entrée en détention, avec une moyenne de 2,75 substances/sujets. Au cours de l’incarcération on observe une évolution quantitative et qualitative des consommations :

– le nombre des consommateurs diminue (87,6 %) avec une moyenne de 2 substances/sujets ;

– on observe une diminution significative de la prévalence des consommations de toutes les substances à l’exception du tabac et des TSO. Certaines substances telles que l’alcool ne sont presque plus consommées ;

– la prévalence de consommation des médicaments anxiolytiques et hypnotiques augmente, de plus de 100 % et de 400 % respectivement ; 4 % des détenus ont débuté des consommations de médicaments hors du cadre de la prescription, 6 % du tabac, et 6 % du cannabis.

Conclusion

La prévalence de médicaments prescrits parmi les substances débutées en prison souligne l’existence de la prise en charge médicale. La détention induit un stress, les anxiolytiques et les hypnotiques sont les principaux médicaments prescrits. Cependant, dans notre étude, un mésusage et des prises massives sont rapportés pour des médicaments prescrits ; d’autres substances ont été débutées : des mesures de santé sont nécessaires pour aider les professionnels de la santé dans les prisons.

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Vol 73 - N° 6

P. 577 - décembre 2018 Retour au numéro
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