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Treatment of post-traumatic psychiatric disorders: A continuum of immediate, post-immediate and follow-up care mediated by specific psychotherapeutic principles. Clinical experience in French-speaking countries - 11/11/18

Traitement des troubles psychiques post-traumatiques : continuité des soins immédiats, post-immédiats et de suivi, soins associés par des principes psychothérapeutiques communs. Retour sur l’expérience clinique des pays francophones

Doi : 10.1016/j.encep.2018.02.003 
Yann Auxéméry
 Service médical de psychologie clinique appliquée à l’aéronautique, hôpital d’instruction des armées Percy, 1, rue du Lieutenant-Raoul-Batany, 92190 Clamart, France 

Abstract

Background

People who witness a horrific event are at risk of suffering from acute psychological disorders, potentially leading to chronic post-traumatic symptoms and severe medico-psycho-social complications. Traumatised individuals suffer from psychological damage that is initially indescribable: they are often unable to ask for care in the immediate aftermath of an event. Afterwards, traumatic events and their post-traumatic consequences are still often hidden or minimised by patients for reasons linked to the disorder itself (inexpressibility, shame, depressive thoughts, fear of stigmatisation, etc.). The provision of the initial stage of care has a major impact on the long-term prognosis. Although official French recommendations remain vague, and scientific studies lack power, there is a developing professional consensus on practices, and developments in neurobiology are opening up new opportunities to validate them.

Objective

Drawing upon our clinical experience and clinical principles provided by our mentors, our aim is to clarify the phases of psychotherapeutic treatment, and we describe three practices: immediate care (“defusing”), post-immediate care (“French debriefing” or “post-immediate psychotherapeutic intervention”) and follow-up care (“deferred debriefing” and psychotherapy). Although the international literature considers these phases as separate, here we describe a continuity of talking therapies that support long-term remission.

Results

The effectiveness of the combination of immediate, post-immediate and follow-up care has been confirmed by events surrounding the recent Paris and Nice attacks. Specific psychotherapeutic principles are unrelated to a particular school of psychotherapy (notably cognitive and behavioural therapies, analytical therapies, various forms of hypnosis, and eye-movement therapies, etc.). Instead, they refer to specific principles that are effective in the treatment of post-traumatic psychiatric disorders. By helping the individual to verbalise their experience, talking re-establishes dissociated psychological functions. A process of reconsolidation enables sensory memory to be integrated into verbal memory. Supported by psychotherapy, language can be used to discover, or construct, a new sense of meaning for the individual.

Conclusion

A single session of post-immediate or deferred debriefing has been found to have a miraculous effect on post-traumatic symptoms, confirmed by follow-up. When disorders are chronic and complex, however, treatment can last several months or years. In each case, although certain therapeutic principles are key, other psychotherapeutic and pharmacological treatments should be adapted to the individual's clinical situation, and the symptoms they present.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Résumé

Background

Les personnes confrontées brutalement à une scène horrifiante sont à risque de souffrir de troubles psychiques aigus. À distance, des symptômes post-traumatiques peuvent se pérenniser avec la survenue de complications médico-psycho-sociales sévères. L’inscription du patient dans le parcours de soins se construit parfois très à distance de l’événement traumatique dont les symptômes retardés sont marqués de honte, de culpabilité, et d’incommunicabilité. Dans les suites immédiates d’une blessure psychique, par nature indicible, une personne psychotraumatisée n’est souvent pas en mesure de formuler une demande directe de soins. Or la qualité de cette offre initiale impacte de manière importante le pronostic à long terme. En France, après les attentats de Paris en 1995, des « cellules d’urgence médico-psychologique » se sont structurées sur le modèle de la psychiatrie de guerre afin d’assurer les premiers temps de la prise en charge médico-psychologique au plus près des personnes confrontées directement à un événement potentiellement psychotraumatique. Se différenciant substantiellement du débriefing anglo-saxon d'alors, un « débriefing francophone » ou « intervention psychothérapeutique post-immédiate » a été formalisé. Depuis, les connaissances scientifiques ont précisé la diversité clinique des troubles psychiques post-traumatiques, leurs déterminants étiopathogéniques et leurs diverses possibilités thérapeutiques.

Objectifs

Nous clarifions chronologiquement la pratique des soins immédiats (ou defusing), post-immédiats (ou « débriefing francophone ») et de suivi (débriefing différé et psychothérapie), afin de préciser la continuité du traitement psychothérapique des troubles psychiques post-traumatiques. Alors que la littérature internationale envisage ces différents temps de soins séparément les uns des autres, nous détaillons les fonctions continues et spécifiques de la parole. Si les recommandations officielles françaises restent ténues et que les études scientifiques manquent de puissance, un consensus professionnel existe sur des pratiques pour lesquelles, l’essor neurobiologique ouvre des possibilités inédites de compréhension.

Résultats

Dans les suites d’un événement potentiellement psychotraumatique, l’ordonnancement des secours se succède selon trois phases. Cette subdivision schématique peut se justifier par l’évolution clinique des personnes exposées à laquelle répond l’organisation des actions protectrices et thérapeutiques. La structuration de ce parcours de soins immédiats, post-immédiats et de suivi a confirmé son effectivité lors des derniers attentats de Paris et de Nice. Mais quelle que soit la phase du processus de traitement, celui-ci nous semble obéir à des principes psychothérapeutiques spécifiques. Afin d’apaiser les conséquences du « trauma », signifiant emprunté à la chirurgie de guerre, nous pouvons dire de manière imagée qu’il s’agit de « suturer » la blessure psychique par la parole. Extrayant de l’indicible, la parole renoue les fonctions psychiques dissociées et permet l’intégration de la mémoire sensorielle en mémoire verbale par mobilisation du processus de reconsolidation. Continuant son cheminement par la psychothérapie, le langage peut découvrir, ou construire, un nouveau sens au parcours de vie.

Discussion

Une seule séance de débriefing post-immédiat ou différé est parfois « miraculeuse » sur les symptômes post-traumatiques, ce que confirmera le suivi. Lorsque les troubles sont chroniques et complexes, le traitement peut durer plusieurs mois ou années. Dans tous les cas, si des principes thérapeutiques spécifiques sont centraux, il convient d’adapter les traitements psychothérapeutiques et pharmacologiques aux formes cliniques des troubles post-traumatiques présentés et, à leurs expressions singulières.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Keywords : Post-traumatic stress disorder, Acute stress disorder, Defusing, Debriefing, Psychotherapy, French experience, Victim of war, Victim of assault, Victim of attack, Clinical practice, Neurobiological hypotheses

Mots clés : Trouble de stress post-traumatique, Trouble de stress aigu, Débriefing, Defusing, Psychothérapie, Victime de guerre, Victime d’agression, Victime de terrorisme, Pratique clinique, Hypothèses neurobiologiques


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Vol 44 - N° 5

P. 403-408 - novembre 2018 Retour au numéro
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