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Drogue et sexualité gay sous influence : « Quand on prend ça, c’est fait pour » - 05/07/19

Drugs and gay sex under influence. “Getting high to get laid”

Doi : 10.1016/j.sexol.2019.06.006 
L. Gaissad a, , A. Velter b
a EVCAU/ENSA Paris Val-de-Seine, 3, quai Panhard et Levassor, 75013 Paris, France 
b Direction de la prévention et de la promotion de la santé, Santé publique France, 12, rue du Val d’Osne, 94415 Saint-Maurice, France 

Auteur correspondant.
Sous presse. Épreuves corrigées par l'auteur. Disponible en ligne depuis le vendredi 05 juillet 2019

Résumé

Les grandes enquêtes sur les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) en France, initiées par Michael Pollak et Marie-Ange Schiltz il y a trente ans dans la presse gay, ont introduit la consommation de drogues à partir de 1997, au lendemain de la mise sur le marché des combinaisons hautement actives de médicaments antirétroviraux (ARV), efficaces contre le VIH, et qui ont entraîné la chronicisation du sida. Si le chercheur australien Kane Race identifie ce moment comme le début d’une lifetime of drugs, l’intérêt des enquêtes pour l’usage de substances psychoactives chez les gays deviendra plus courant à la décennie suivante, lorsqu’on découvre que les ARV maintiennent la charge virale à un seuil indétectable chez les sujets séropositifs qui, dans ces conditions, ne transmettent plus le virus. Au tournant des années 2010, la consommation de drogues devient une thématique prépondérante dans les enquêtes sur la sexualité gay et plus particulièrement leur usage en contexte sexuel désigné par le terme de chemsex (pour chemical sex). Le profil des hommes s’adonnant à cette pratique se caractérise par une sexualité intense avec un très grand nombre de partenaires sexuels dans les derniers 12 mois, une fréquentation régulière de plusieurs lieux de rencontres sexuels, des pratiques sexuelles spécifiques, l’abandon du préservatif pour les pénétrations anales, et par l’implication majoritaire d’HSH séropositifs au VIH, mais aussi d’HSH négatifs sous PrEP. À ce jour, les nombreuses recherches et publications n’appréhendent la pratique du chemsex que sous le prisme des risques associés en termes d’addiction et de compulsivité. Nous nous proposons ici de montrer comment l’émergence d’une littérature scientifique sur le chemsex contribue aujourd’hui à masquer les comportements strictement sexuels associés. Pour ce faire, nous nous appuierons sur deux types de matériaux complémentaires. D’une part, plusieurs enquêtes quantitatives sur les comportements sexuels et préventifs du VIH auprès des gays et autres HSH (Prevagay 2015, enquête rapport au sexe 2017). D’autre part, les premiers résultats de l’enquête Attentes et PArcours liés au CHEmSex (APACHES), menée à partir d’entretiens biographiques pour le compte de l’OFDT en 2018, et centrée sur les scripts sexuels, en même temps que sur la place du plaisir et des modes contemporains de socialisation dans cette subculture.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Summary

The major studies on men who have sex with men (MSM) in France (which began with Michael Pollak and Marie-Ange Schiltz forty years ago in Gay Press) introduced the idea of drug use in 1997, just after highly effective antiretroviral treatment (HAART) combinations were made available for HIV, making AIDS a manageable chronic condition. Australian researcher Kane Race identifies this time as the beginning of a “lifetime of drugs”, but the utility of surveys into the use of psychoactive substances among gay people was to emerge in the following decades, after it was discovered that ARV treatments could keep viral load at undetectable levels in HIV-positive people, who could therefore no longer infect others. In the early 2010s, the use of drugs became a major theme in surveys of gay sexuality, and in particular the use of drugs in a sexual setting, which was named “chemsex”. Men who adopt this practice tend to have intense sex lives, with a very large number of sexual partners over the past 12 months, regular attendance at sexual meeting places, specific sexual practices and do not use condoms for anal penetration. The majority who are involved are HIV-positive MSM or HIV-negative MSM on PrEP. To date, the research and publications looking at chemsex have only investigated it through the prism of the associated risks linked to addiction and compulsive behaviour. In this article we intend to show how the emergence of a scientific literature of chemsex has contributed to a masking of the strictly sexual behaviours associated with it. We will draw upon two complementary types of material: several quantitative surveys of sexual and HIV prevention behaviours among gay men and other MSM (Prevagay 2015, the 2017 “Rapport au Sexe” survey, known as ERAS). and the initial results of the Attentes et PArcours liés au CHEmSex/Expectations and Experiences of Chemsex survey (APACHES), which used biographical interviews carried out on behalf of OFDT in 2018, focusing on sexual scripts as well as the role of pleasure and contemporary ways of socialising in this subculture.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH), Chemsex, Comportements sexuels, Plaisir, VIH, Santé sexuelle

Keywords : MSM, Chemsex, Sexual behaviour, Pleasure, HIV, Sexual health, Mental health


Plan


 An English version of this article is available on line, at doi: zzzzzzzzzzz.


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