Médecine

Paramédical

Autres domaines


S'abonner

Le diabète sucré en Afrique : un enjeu de santé publique - 10/07/19

The burden of diabetes in Africa : a major public health problem

Doi : 10.1016/S0001-4079(19)31983-1 
Claude Jaffiol
 Membre de l’Académie nationale de médecine 

Résumé

RESUMÉ

438 millions de diabétiques sont attendus en 2030 dans le monde selon les prévisions de l’OMS, la majorité dans les pays en développement. La Fédération Internationale du Diabète estime que leur nombre augmentera de 98,1 % en Afrique au cours des vingt prochaines années avec une conséquence dramatique sur la santé des populations et sur les budgets très fragiles de ces pays. Cette évolution est liée aux changements survenus dans le mode de vie des habitants qui quittent les zones rurales pour s’installer dans les villes où ils espèrent trouver de meilleures conditions d’existence. Ce développement urbain est générateur de sédentarité et de mutations alimentaires qui, avec le vieillissement de la population, facilitent l’émergence de l’obésité et du diabète. Cette évolution concerne prioritairement le diabète de type 2. Le type 1 est beaucoup plus rare affectant les enfants et adolescents. Deux autres variétés sont propres aux africains de race noire, le diabète cétosique transitoire et le diabète fibro calculeux avec malnutrition. Le cours de la maladie est affecté par de multiples complications secondaires au mauvais équilibre glycémique et aux infections intercurrentes. La mortalité est élevée et la qualité de vie très altérée. La prise en charge se heurte à de multiples difficultés tenant à l’organisation du système de soins incapable de faire face à l’épidémie, à la limitation des budgets de santé en grande partie absorbés par la lutte contre les maladies transmissibles, à l’absence d’éducation des patients et à l’impossibilité pour beaucoup de se procurer l’insuline et les médicaments antidiabétiques, tenant enfin à des habitudes culturelles qui rendent difficile l’acceptation des messages hygiéno diététiques. La lutte contre la maladie passe en priorité par sa prévention indispensable pour réduire son incidence. Une action éducative concernant les zones rurales et urbaines fera appel à tous les moyens privilégiant le contact direct avec les habitants, en priorité femmes et enfants. Des campagnes de dépistage doivent être organisées régulièrement avec l’aide des paramédicaux pour repérer les diabètes méconnus et les hyperglycémies prédiabétiques. Le traitement des diabètes déclarés nécessite en priorité la gratuité des médicaments et la surveillance des grossesses chez les diabétiques. Un effort particulier doit être demandé aux firmes pharmaceutiques. Il serait souhaitable que les pays industrialisés apportent une aide contrôlée en participant à la formation des médecins spécialistes et à des enquêtes épidémiologiques. Il est hautement souhaitable que des mesures soient prises pour faciliter le retour à la campagne et à des méthodes de culture respectueuses de l’environnement.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

SUMMARY

W.H.O. predicts that there will be some 438 million diabetic patients in 2030, most of them living in developing countries. The IFD estimates that the prevalence of diabetes will rise by 98 % in Africa during the next 20 years, with dramatic implications for public health and national budgets of the poorest countries. Type 2 diabetes is the most common form in Africa ; type 1 is rarer than in western countries and tends to occur later. Two other forms seem specific to black Africans: ketosis-prone atypical diabetes, and tropical malnutrition-related diabetes. An increasing prevalence of obesity, diabetes and impaired glucose tolerance is observed in all parts of Africa. Several factors contribute to this situation, including aging, dietary transitions and lack of physical activity, all of which are related to rapid urbanization. In Africa, diabetes is associated with a high mortality rate, especially among insulin-dependent patients. Poor metabolic control can lead to severe ketosis and hypoglycemic accidents that carry a poor prognosis. Microvascular complications include retinopathy and nephropathy, and most patients cannot afford hemodialysis. Foot ulcers are frequent, due to trauma and neuropathies. Macrovascular complications are also increasing, with a high prevalence of hypertension. The poor prognosis of diabetes in Africa is related to late diagnosis, poor education, inadequate access to insulin, antidiabetic drugs and glycemia self-monitoring devices, absence of controlled diets, and difficult access to medical care in rural areas. Patient empowerment, knowledge and self-care must be improved. African governments must develop national prevention programs. Special attention must be paid to the prevention of obesity and diabetes. The urban environment, infrastructure, education, exercise and safe nutrition must be part of an overall policy designed to reduce the burden of chronic non transmissible diseases.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots-clés : Diabete, Afrique subsaharienne, Politique de santé

Key-words (Index medicus) : Diabetes mellitus, Africa south of the Sahara, Health policy



© 2011  l’Académie nationale de médecine. Publié par Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
Ajouter à ma bibliothèque Retirer de ma bibliothèque Imprimer
Export

    Export citations

  • Fichier

  • Contenu

Vol 195 - N° 6

P. 1239-1254 - juin 2011 Retour au numéro
Article précédent Article précédent
  • Séance dédiée aux facteurs de risques cardiovasculaires dans les pays en développement : évolution et enjeux
  • Jean-Paul Bounhoure
| Article suivant Article suivant
  • Le tabagisme dans les pays en développement : un facteur de risque et de pauvreté
  • Daniel Thomas

Bienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement ou un achat à l’unité.

Déjà abonné à cette revue ?

;

Mon compte


Plateformes Elsevier Masson

Déclaration CNIL

EM-CONSULTE.COM est déclaré à la CNIL, déclaration n° 1286925.

En application de la loi nº78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez des droits d'opposition (art.26 de la loi), d'accès (art.34 à 38 de la loi), et de rectification (art.36 de la loi) des données vous concernant. Ainsi, vous pouvez exiger que soient rectifiées, complétées, clarifiées, mises à jour ou effacées les informations vous concernant qui sont inexactes, incomplètes, équivoques, périmées ou dont la collecte ou l'utilisation ou la conservation est interdite.
Les informations personnelles concernant les visiteurs de notre site, y compris leur identité, sont confidentielles.
Le responsable du site s'engage sur l'honneur à respecter les conditions légales de confidentialité applicables en France et à ne pas divulguer ces informations à des tiers.