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Stress et dermatite séborrhéique - 26/03/08

Doi : AD-11-2007-134-11-0151-9638-101019-200520006 

L. MISERY [1 et 2],

S. TOUBOUL [1],

C. VINÇOT [2],

S. DUTRAY [1 et 2],

G. ROLLAND-JACOB [3],

S.-G. CONSOLI [1],

Y. FARCET [1],

N. FETON-DANOU [1],

F. CARDINAUD [1],

V. CALLOT [1],

C. DE LA CHAPELLE [1],

D. POMEY-REY [1],

S.-M. CONSOLI [1],

POUR LE GROUPE PSYCHODERMATOLOGIE

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Résumé

Introduction

Il est admis que les poussées de dermatite séborrhéique sont souvent induites par le stress, ceci figurant dans toutes les revues générales sur le sujet. Pourtant, aucune étude ne vient appuyer cette affirmation.

Malades et méthodes

Cette étude prospective a été réalisée en deux temps. Le premier questionnaire recueillait des informations sur : l'identité du malade, ses antécédents somatiques ou psychiatriques et la dermatite séborrhéique. Les facteurs favorisant les poussées étaient recherchés par une question ouverte puis il était demandé au malade s'il avait eu un stress dans la semaine ou le mois précédent. Le deuxième questionnaire réalisé 4 mois plus tard, reprenait les mêmes questions (à l'exception des antécédents). Les deux questionnaires comportaient des échelles d'évaluation psychopathologique destinées à dépister chez les malades des symptômes d'anxiété et de dépression (HAD « Hospital Anxiety and Depression scale », Beck, STAI « State Trait Inventory anxiety ») et à estimer leur stress perçu (PSS « Perceived Stress Scale » de Cohen et Williamson).

Résultats

Quatre-vingt-deux malades (36 femmes et 46 hommes) ont été inclus dans l'étude. Quatre-vingt-deux pour cent des malades avaient une atteinte du cuir chevelu, 33 p. 100 du visage, 19 p. 100 de la poitrine et 13 p. 100 d'autres localisations (oreilles, plis). Selon les malades, le premier facteur déclenchant les poussées était le stress, que ce soit le facteur déclenchant habituel, celui de la première poussée ou celui de la poussée actuelle. Un événement stressant était effectivement trouvé dans la plupart des cas. Le fait que le stress soit reconnu comme un facteur déclenchant des poussées n'était pas associé à un score de dépression (HAD ou Beck) plus élevé mais était associé à un score d'anxiété (trait et état) plus élevé. Le retentissement psychologique de la maladie était fort chez 11 p. 100 des malades, moyen chez 20 p. 100, modéré chez 35 p. 100, nul chez 25 p. 100, 9 p. 100 ne se prononçant pas. Les malades avec une localisation au visage étaient plus dépressifs au Beck Depression Index. Deux caractéristiques notées lors de l'inclusion se sont révélées prédictives de la survenue d'au moins une nouvelle poussée ou de la persistance de la poussée antérieure 4 mois plus tard : l'incrimination par le patient du stress à l'origine de la poussée antérieure et le niveau d'anxiété trait.

Discussion

Cette étude permet de confirmer qu'un événement stressant précédait souvent les poussées de dermatite séborrhéique et que le rôle du stress serait un facteur pronostique péjoratif. Cette étude est la première étude à montrer un lien possible entre un événement de vie stressant et une poussée de dermatite séborrhéique. Elle incite à confirmer ces résultats par un travail comparant les malades atteints de dermatite séborrhéique à des sujets qui en sont indemnes. Elle montre que la dépression est plus souvent présente en cas d'atteinte faciale, alors que le trait-anxiété serait un facteur aggravant.

Abstract

Stress and seborrheic dermatitis.

Background

It is widely accepted that episodes of seborrheic dermatitis are frequently induced by stress, as stated in all general reviews of the subject. However, there have been no studies to confirm this view.

Patients and methods

This prospective study was performed in two phases. An initial questionnaire collected information on patients' identity, somatic and psychiatric history and seborrheic dermatitis characteristics. Information on triggering episodes was sought by means of an open question and patients were then asked if they had experienced stress during the week or month prior to the active episode. A second questionnaire containing the same questions (except for history) was completed four months later. The two questionnaires contained psychopathological evaluation scales designed to detect symptoms of anxiety and depression among patients (HAD: Hospital Anxiety and Depression scale; Beck; STAI: State-Trait Anxiety Inventory) and determine their perceived stress (PSS: Perceived Stress Scale by Cohen and Williamson).

Results

Eighty-two patients (36 women and 46 men) were included in the study. 82% of patients presented involvement of scalp, 33% of the face, 19% of the chest and 13% of other sites (ears, skinfolds). Patients themselves identified stress as the main triggering factor, whether for episodes in general, for the first episode or for the current episode. A stressful event was in fact found in the majority of cases. The fact that stress was recognised as a triggering factor for episodes was not associated with a higher depression score (HAD or Beck) but was associated with a higher anxiety score (STAI). The psychological effects of the disease were pronounced in 11% of patients, moderate in 20%, mild in 35%, and nil in 25%, with 9% of patients stating no opinion. Patients with facial involvement were more depressed in terms of Beck Depression Index score. Two characteristics noted at inclusion were predicteive for the onset of at least one further episode or persistence of an ongoing episode four months later: patients' designation of stress as the cause of the previous episode, and STAI score.

Discussion

This study confirms that seborrheic dermatitis is often preceded by a stressful event and that stress tends to suggest a poor prognosis. This is the first study to show a possible link between stressful life events and episodes of seborrheic dermatitis. It suggests the need to confirm these results through a study comparing patients with seborrheic dermatitis and subjects without the disease. It also shows that depression is more common among patients with facial involvement and that anxiety is an aggravating factor.


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Vol 134 - N° 11

P. 833-837 - novembre 2007 Retour au numéro
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