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Séropo super héros - 08/08/19

HIV-positives men as superheros

Doi : 10.1016/j.sexol.2019.05.007 
M. Ohayon
 Le 190, Centre de Santé Sexuelle, 190, rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris, France 

Sous presse. Épreuves corrigées par l'auteur. Disponible en ligne depuis le jeudi 08 août 2019
Cet article a été publié dans un numéro de la revue, cliquez ici pour y accéder

Résumé

L’évolution du pronostic de l’infection par le VIH et l’impact des stratégies biomédicales sur la prévention de la transmission ont renforcé la singularité de la situation des hommes vivant avec le VIH à l’intérieur des minorités homosexuelles. Au fur et à mesure que la question des devoirs, centrés sur la prévention, glissait vers celle du pouvoir, le séropositif, héros martyr des années 1980–1990 est devenu celui qui s’est affranchi de la peur du sida. La charge virale indétectable, standard du traitement, rend l’individu lui-même indétectable voire invisible. Au sein d’un groupe profondément marqué par l’histoire du sida, il s’agit là de superpouvoirs. Le séropo est donc devenu un superhéros. La clinique sexologique des gays vivant avec le VIH dit autre chose. Au-delà des adaptations bien connues de la sexualité, qu’il s’agisse d’une abstinence imposée, d’une modification des rôles sexuels, d’une limitation des relations à des partenaires de même statut ou de la constitution de couples parfois à tout prix, les gays séropositifs semblent aujourd’hui devoir négocier avec cette image qu’on leur a imposée, dans un contexte où la rencontre sexuelle adopte de plus en plus un modèle néolibéral. Injonction à jouir, à ne pas avoir de problème, à être satisfait de ces superpouvoirs acquis malgré soi, dans un contexte où l’invisibilité est exigée, n’aident pas les séropos à réparer les conséquences de leur infection sur leur sexualité. En adoptant les comportements qui leurs sont attribués, certains exercent leurs superpouvoirs et transgressent tous les interdits (pratiques sexuelles, drogues) pour pouvoir, enfin, ressentir à nouveau quelque chose. Il est probable que nos superhéros ne le sont que dans le regard des autres. La prise de distance des gays avec l’épidémie qu’on peut attendre, dans le futur, du développement de la PrEP, permettra-t-il de mettre fin à cette fabrication d’un fantasme qui colle à la peau des gays séropositifs et nourrit largement la clinique sexologique ?

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Summary

Improvements in the prognosis for HIV infection and the impact of biomedical strategies for the prevention of transmission have created very specific situations for men who live with HIV within the homosexual minorities. Originally focused on their duty in preventing transmission, the issue at stake gradually moved towards one of power, with the HIV-infected person, the hero/martyr of the 1980s and 90s, becoming the hero who has vanquished the fear of Aids. Undetectable viral load, the standard of current treatment, makes the individual himself undetectable, invisible. In a population so profoundly affected by the history of Aids, these are superpowers. The HIV-positive guy has become a superhero. The clinical situation for gay men living with HIV says otherwise. In addition to the modifications they have had to make to their sex-lives, be it compulsory abstinence, a change in sexual roles, limiting sexual partners to those who are also HIV-positive or forming a couple at all costs, gay HIV-positive men today seem forced to negotiate with this image that has been forced upon them, in a context where sexual encounters increasingly adopt a neoliberal model. A command to climax, to avoid any problems, to be satisfied with these superpowers even if they didn’t want them in the first place, in a context where invisibility is demanded. None of this helps HIV-positives to repair the consequences of the infection on their sexuality. By adopting the behaviours that have been assigned to them, some of them use their superpowers and transgress all the interdicts (sexual practices, drugs) simply to feel something again. It is probable that our superheros are only superheroes in the eyes of others. In the future, we can expect gays to distance themselves from the epidemic with the development of PrEP; but will that put an end to this fabricated fantasy that gets under the skin of HIV-positive gay men and provides ample opportunity for sexological clinical repercussions.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Infection VIH, HSH (hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes), Bareback, PrEP

Keywords : HIV infection, MSM (men who have sex with men), Bareback, PrEP


Plan


 An English version of this article is available on line, at https://doi.org/10.1016/j.sexol.2019.05.007.


© 2019  Publié par Elsevier Masson SAS.
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