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La ciguatéra : 25 ans d’expérience du Centre Antipoison de Marseille - 06/10/19

Ciguatera Fish Poisoning: 25-year experience of the Marseille Poison Control Centre

Doi : 10.1016/j.toxac.2019.09.004 
Luc de Haro a, , Corinne Schmitt a, Mathieu Glaizal a, Bastien Domangé a, Romain Torrents b, Nicolas Simon b
a Centre antipoison de Marseille et pharmacologie clinique, Hôpital Sainte-Marguerite, APHM, 13009 Marseille, France 
b Inserm, IRD, SESSTIM, centre antipoison de Marseille et pharmacologie clinique, Hôpital Sainte-Marguerite, Aix-Marseille Université, APHM, 13009 Marseille, France 

Auteur correspondant.
Sous presse. Épreuves corrigées par l'auteur. Disponible en ligne depuis le dimanche 06 octobre 2019

Résumé

La ciguatéra est une intoxication fréquente en zone tropicale. Depuis 1993, le Centre Antipoison de Marseille travaille sur le sujet de la Toxinologie marine et des intoxications par produits de la mer. Les auteurs rapportent l’expérience de ce service sur la ciguatéra de 1993 à 2017. Quarante-neuf intoxications ont été étudiées concernant 175 patients (25 cas avec un seul patient et 24 cas collectifs avec 2 à 30 patients). Cent douze patients étaient des touristes de métropole intoxiqués durant leurs vacances et 62 patients étaient des habitants d’Outremer intoxiqués chez eux. Un seul patient, un marin civil, a été intoxiqué lors de son activité professionnelle. L’espèce de poisson incriminée a été identifiée dans 70 % des cas et appartenait alors majoritairement à trois familles : 10 mérous (Serranidae), 5 barracudas (Sphyraenidae) et 5 vivaneaux (Lutjanidae). Les intoxications ont eu lieu en Atlantique dans 23 cas (98 patients), dans l’océan Indien dans 12 cas (53 patients) et dans l’océan Pacifique dans 14 cas (24 patients). Au total, 61 % des cas de ciguatéra (30/49 dossiers) ont été pris en charge au cours de la dernière décennie. Les symptômes sont apparus entre 2 à 12 heures après le repas contaminant, et le tableau clinique de la phase initiale était variable selon l’origine géographique. Tous les cas en Atlantique ont débuté par des signes digestifs, alors que plus de 50 % des cas dans la région Pacifique n’ont jamais présenté de signe gastro-intestinal, avec alors un tableau initial dominé par des signes neurosensoriels d’emblée comme des paresthésies et/ou des dysesthésies. Un cas mortel a été collecté en 1999 : un homme de 73 ans est décédé d’un arrêt respiratoire brutal après ingestion d’un barracuda dans un restaurant local à Cuba. L’évolution des 174 autres patients a été classique avec des symptômes persistant plusieurs semaines (63 % des patients), voire plus d’un trimestre (18 % des patients). Trente-six pour cent des patients de cette série ont rapporté des épisodes de rechute des signes neurologiques (paresthésies, dysesthésies, allodynie, prurit) plusieurs mois après l’intoxication, et ce après consommation de boissons alcoolisées ou de chair de poisson. De tels épisodes de résurgence sont rapportés dans la littérature mais leur mécanisme physiopathologique reste mystérieux.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Summary

Ciguatera Fish poisoning (CFP) is a common intoxication in the tropical countries. Since 1993, the Marseille Poison Centre is working on the topic of marine toxinology including seafood poisoning. The authors present the experience concerning CFP of this unit of clinical toxicology from 1993 to 2017. Forty-nine poisonings were studied concerning 175 patients (25 cases with one patient; 24 collective cases with 2 to 30 patients). In total, 112 patients were tourists poisoned during vacation and 62 patients were inhabitants of French Oversea territories. The remaining patient was a sailor poisoned during his job. The fish species was identified for 70% of the poisonings, mainly belonging to three fish families: 10 groupers (Serranidae), 5 barracudas (Sphyraenidae), 5 snappers (Lutjanidae). The poisonings took place in the Atlantic Ocean for 23 cases (98 patients), in the Indian Ocean for 12 cases (53 patients) and in the Pacific Ocean for 14 cases (24 patients). In total, 61% of the CFP (30/49 poisonings) were managed during the 10 last years. Symptoms appeared from 2 to 12 hours after the meal and varied slightly according to location. All poisonings occurring in the Atlantic Ocean areas began with gastrointestinal effects while in more than 50% of cases occurring in the Pacific Ocean areas, the patients had no gastrointestinal effects, and the onset was characterized by neurological symptoms such as paresthesia and dysesthesia. One deadly poisoning was observed in 1999: a 73-year-old man died of respiratory paralysis after eating a barracuda in a local restaurant in Cuba. The evolution of the 174 surviving patients has been classic for CFP with persistent symptoms for several weeks (63% of the patients) or even months (18% of the patients). 36% of the patients reported exacerbation of neurological signs (paresthesia, dysesthesia, cold allodynia, itching) several months after poisoning following consumption of alcoholic beverages or seafood. Such clinical feature resurgence has been reported previously but the mechanism is unclear.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Ciguatéra, Centre Antipoison, Allodynie au froid, Toxicologie marine, Gambierdiscus

Keywords : Ciguatera Fish Poisoning, Poison Control Centre, Cold Allodynia, Marine Toxicology, Gambierdiscus


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