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De l’homéopathie à la place des antibiotiques dans les infections des voies respiratoires : certainement moins nocif, éventuellement plus efficace - 28/11/19

Homeopathy instead of antibiotics in Respiratory Tract Infections: certainly less harmful, possibly more effective

Doi : 10.1016/j.revhom.2019.10.012 
Lex (ALB) Rutten, MD
 Aard 10–4813NN, Breda, Netherlands 

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Résumé

La résistance aux antibiotiques (AMR pour Antimicrobial Resistance) est déjà un gros problème en médecine, causant plus de 700,000 morts par an dans le monde. On craint même que cela ne devienne la cause principale de décès dans les 30 années à venir, avec environ 10 millions de morts par an. Environ 75 % des antibiotiques sont prescrits pour des infections des voies respiratoires (RTI pour Respiratory Tract Infections) alors qu’il faut avoir traité 4000 patients avec des antibiotiques pour avoir évité une seule complication sérieuse. Les effets indésirables sévères des antibiotiques excèdent largement ce bénéfice et l’AMR vient inverser la balance bénéfice-risque. Malgré cet évident effet négatif des antibiotiques dans les RTI, les autorités sanitaires déclarent que les antibiotiques doivent être préférés à l’homéopathie. Il y aurait une « insuffisance de preuves fiables » pour l’homéopathie dans les RTI. L’homéopathie pourrait même causer du tort en « retardant la mise en route d’un traitement conventionnel efficace ». Si on lit plus attentivement les preuves existantes, on constate l’absurdité de ces déclarations. Il n’y a aucune évidence d’un effet nocif direct ou indirect de l’homéopathie. La méta-analyse de Shang/Egger sur l’homéopathie dans les RTI portant sur huit essais montre au contraire un « effet bénéfique substantiel » (odds ratio (OR) 0.36, 95 % CI 0.26-0.50) sans que l’on puisse opposer de biais qualitatifs. D’autres méta-analyses ont montré un effet positif–mais non significatif statistiquement–après sélection a posteriori de sous-groupes d’un ou deux essais. Tenter de confirmer l’hypothèse placebo pour l’homéopathie en créant des sous-groupes aux résultats non significatifs statistiquement n’est pas une démarche scientifique. Comme le disait le philosophe Popper : “Aucun décompte des cygnes blancs observés ne saurait prouver que tous les cygnes sont blancs [l’homéopathie est un placebo]. Il suffit de voir un cygne noir pour prouver le contraire”. Les résultats de Shang/Egger correspondent donc à ce cygne noir. Ces résultats sont corroborés par toutes les autres méta-analyses dans toutes les indications sauf celle des « les courbatures après un marathon » ; et même quand on se limite aux essais cliniques de grande qualité et d’une taille supérieure à la moyenne. On peut donc comparer les preuves en faveur de l’homéopathie aux meilleures preuves produites en médecine conventionnelle. Beaucoup de patients ne sont pas soulagés par des traitements qui ont pourtant apporté la preuve de leur efficacité avec des essais cliniques contrôlés. La sélection individualisée de médicaments homéopathiques est alors une solution reproductible pour ces patients – en utilisant leurs symptômes comme facteurs de pronostic – comme dans le processus de diagnostic. La science médicale devrait se développer dans ce sens. La recherche de facteurs de pronostic pourrait être développée en algorithmes pour améliorer et rendre plus accessible l”utilisation de l’homéopathie ; on pourrait aussi l’utiliser pour améliorer la sélection des patients nécessitant réellement des antibiotiques.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Summary

Antimicrobial resistance (AMR) is already a big problem in medicine, causing more than 700,000 deaths per year worldwide. It is expected to become the main cause of death within 30 years with 10 million deaths each year. About 75% of all antibiotics is used in respiratory tract infections (RTI), but we need to treat more than 4,000 patients with antibiotics to prevent one serious complication. Severe adverse effects of antibiotics outweigh this benefit and AMR comes on top of this trade-off of benefit and harm. Despite the clear harm of antibiotics in RTI, authoritative bodies in medicine claim that antibiotics should be preferred over homeopathy. They state that there is “insufficient reliable proof” for homeopathy in RTI. Homeopathy could even be harmful because it would “cause delay of effective conventional treatment”. A closer look at the existing evidence shows the absurdity of such claims. There is no proof of direct or indirect harm of homeopathy. Shang/Egger's meta-analysis of homeopathy in eight RTI trials shows “substantial beneficial effect” (odds ratio (OR) 0.36, 95% CI 0.26-0.50) without proof of quality bias. Other meta-analysis show positive - but not statistically significant - effect after post-hoc selection of subsets of one or two trials. Trying to confirm the placebo-hypothesis for homeopathy by creating small subsets with statistically non-significant positive results is unscientific. Like the philosopher Popper stated: “No number of sightings of white swans can prove the theory that all swans are white [homeopathy is placebo]. The sighting of just one black one may disprove it”. Shang/Egger's finding is obviously a black swan. This finding is corroborated by meta-analysis of all trials for all indications except the indication ‘muscle soreness after marathon’; even if we confine ourselves to high quality trials with greater than median sample size. The proof for homeopathy can therefore be compared with the best proof in conventional medicine. Many individual patients experience no relief from medicines despite RCT proof. The selection of homeopathic medicines for individual patients is a reproducible solution for such patients – using prognostic factors (symptoms) – like in the diagnostic process. Medical science should further develop in that direction. Prognostic factor research can be applied to develop treatment algorithms for improved and more accessible application of homeopathy; it can also be used for better selection of patients that need antibiotics.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Homéopathie, Antibiorésistance, Essais cliniques randomisés contrôlés, Plausibilité, Significativité statistique

Keywords : Homeopathy, Antimicrobial resistance, Randomised Controlled Trials, Plausibility, Statistical significance


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Vol 10 - N° 4

P. 171-177 - décembre 2019 Retour au numéro
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