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Le double visage des études nutritionnelles : entre « fake news » et véritables informations - 21/03/20

The two faces of nutritional studies: From “fake” to “real” news

Doi : 10.1016/j.mmm.2019.11.001 
Louis Monnier 1, , Claude Colette 1, Abdelilah El Azrak 2, Bernard Bauduceau 3, Lyse Bordier 3, Noureddine Essekat 2, Jean-Louis Schlienger 4
1 Université de Montpellier, institut universitaire de recherche clinique, Montpellier, France 
2 Association marocaine des médecins diplômés en diabétologie, nutrition et éducation thérapeutique (ADN), Casablanca, Maroc 
3 Hôpital d’instruction des Armées Bégin, service d’endocrinologie, Saint-Mandé, France 
4 Université de Strasbourg, faculté de médecine, Strasbourg, France 

Louis Monnier, Institut de recherche clinique, 641, avenue du Doyen-Giraud, 34093 Montpellier cedex 5, France.Institut de recherche clinique641, avenue du Doyen-GiraudMontpellier cedex 534093France

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Résumé

La nutrition moderne est basée sur des études nutritionnelles épidémiologiques ou interventionnelles destinées à démontrer les effets bénéfiques (préventifs ou curatifs) et éventuellement les conséquences néfastes de tel ou tel nutriment ou de telle ou telle classe d’aliment. Compte tenu de la multiplicité des combinaisons alimentaires et des variants génétiques, le nombre des interférences et des interrelations peut atteindre des valeurs de l’ordre de plusieurs millions. De ce fait, il est quelque peu difficile d’isoler l’influence sur la santé d’un nutriment donné, ce qui laisse une porte grande ouverte pour les allégations nutritionnelles. Deux exemples types peuvent être cités. Le premier concerne le rôle attribué par certains aux supplémentations en vitamine D pour prévenir des affections qui se situent en dehors du domaine de la pathologie phosphocalcique. Le deuxième exemple est celui des acides gras oméga 3 en tant qu’agent protecteur contre les maladies cardiovasculaires. Malheureusement pour ceux qui avaient soutenu ces hypothèses, plusieurs essais contrôlés randomisés viennent de montrer que ces allégations pouvaient être classées au rang des « fake news ». De surcroît, il mérite d’être rappelé qu’il est toujours aléatoire en nutrition, comme d’ailleurs dans d’autres disciplines, de transformer des associations reconnues en relation de cause à effet. En revanche, éviter la consommation excessive de viandes rouges ou transformées est une information importante, sans pour autant tomber dans les régimes d’exclusion (régimes « sans viande ») comme certains le préconisent. En dehors de la santé, il est important de s’intéresser aux problèmes de l’impact des comportements et habitudes alimentaires sur l’environnement. En effet, il y a un nombre croissant de preuves pour dire que la consommation exagérée de produits carnés conduit à une transformation de l’habitat naturel (déforestation, par exemple) au profit des terres consacrées à la culture des céréales, sources de nourriture pour le bétail. Cet élevage intensif est à son tour responsable du réchauffement climatique par une production excessive de gaz à effet de serre. En conclusion, nous devons répéter que nous avons besoin d’études bien construites et bien conduites. Quand l’objectif n’est pas atteint, l’aphorisme d’Henry Kissinger cité dans l’introduction de cet article résonne comme un message d’alerte.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Summary

The challenge of epidemiologic research and interventional trials in nutrition is to demonstrate that many categories of nutrients and/or foods can exert either beneficial preventive and therapeutic impacts or eventually adverse effects on clinical outcomes. As at a worldwide level, humans consume thousands of possible daily food combinations with thousands of genetic variants, the number of interferences/interrelationships is as high as several millions and it is somewhat difficult to disentangle the potential impact on health outcomes due to a single dietary component. As a consequence, nutrition is a privileged target for false allegations. Two typical examples are provided, firstly by the role attributed to vitamin D supplementations for preventing diseases not directly related to its action on the calcium and phosphorus metabolism and, secondly, by the suggestion of potential cardiovascular benefits from omega 3 fatty acids. Unfortunately for those who had supported such hypotheses, several controlled randomized trials have recently refuted these allegations. Once again, it is worth reminding that the observation of associations between one given nutritional factor and a clinical outcome is not synonymous of a cause–effect relationship. In contrast, there is an increasing number of data indicating that excessive consumptions of red and processed meats can result in adverse health outcomes. Therefore, the new recommendations are to restrain the consumption of such food products even though a reasonable intake should be maintained. Beyond the health domain, environmental consequences of dietary behaviors/habits have emerged as an important burden with regards to the increasing evidence that exaggerated consumptions of meat lead to the conversion of natural habitats (forests) into arable lands in order to produce more cereal plants for intensive livestock feeding, both having harmful impacts on the climate through an enhanced production of greenhouse gases. To conclude this review, we have to reiterate the needs for well-designed and well-conducted trials. Whether this goal is not achieved, the aphorism of Henry Kissinger cited in the introduction of this article sounds as a message of awareness.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Études nutritionnelles, « Fake news », Recommandations basées sur des preuves scientifiques

Keywords : Nutritional studies, Fake news, Scientific evidence-based recommendations


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Vol 14 - N° 2

P. 101-113 - mars 2020 Retour au numéro
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  • Louis Monnier, Claude Colette, Driss Rochd, Mohamed Belfatmi

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