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Le goût sucré dans la tourmente. Entre suspicions et réalités - 21/03/20

The stormy history of sweet tastes: Between suspicions and realities

Doi : 10.1016/j.mmm.2020.01.012 
Jean-Louis Schlienger
 Faculté de médecine, université de Strasbourg, 8, rue Véronèse, 67200 Strasbourg, France 

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Résumé

La forte augmentation de la consommation des sucres ajoutés, et surtout des boissons sucrées, au cours du dernier demi-siècle est tenue pour responsable de divers problèmes de santé. Des méta-analyses et des essais contrôlés ont suggéré que la consommation des sucres simples est associée à un risque accru d’obésité, de syndrome métabolique, de diabète, et de maladies cardiovasculaires, sans qu’ait pu être apportée la preuve d’une relation causale. Toutefois, du fait d’un métabolisme particulier, le fructose, notamment sous la forme de sirop de glucose-fructose utilisé par l’industrie, semble avoir des effets indésirables spécifiques, comme l’hypertriglycéridémie et la stéatose hépatique. Quoiqu’il en soit, le sucre n’est pas un « toxique » — comme cela pu être affirmé — tant qu’il est consommé en accord avec les recommandations nutritionnelles et qu’il représente moins de 10 % de la ration énergétique. Le recours aux édulcorants intenses artificiels (EIA) pour réduire les apports énergétiques et la charge glycémique pourrait être une solution intéressante pour maintenir une alimentation palatable et préserver le goût sucré. Mais, des études récentes ont suggéré que les EIA n’étaient pas métaboliquement neutres et favorisaient la prise de poids, le diabète et la dysbiose du microbiote intestinal chez les sujets en bonne santé. Les études contrôlées sont moins alarmantes, chez l’enfant et l’adulte. Les EIA facilitent plutôt qu’ils ne pénalisent la situation métabolique chez les sujets obèses ou diabétiques. En l’état, en dehors d’abus manifestes, il n’existe pas de preuve de la nocivité des sucres ajoutés ou des EIA, et le goût sucré apparaît totalement légitime.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Summary

During the latest decades the steadily increase in consumption of sugars, and more specifically of sugar-sweetened soft drinks, has emerged as one of the main concerns in terms of public health. Meta-analyses and interventional randomized trials have suggested that added sugars are associated with increased risks for obesity, diabetes, metabolic syndrome, and cardiovascular diseases, but we are lacking of any strong evidence for cause-effect relationships. However, fructose, and mainly high fructose corn syrup, which are both widely used by the food industry, can result in specific harmful effects. Due to the particular features of the fructose metabolic pathway, it is reasonable to think that high consumption of this type of sugar can be directly linked to the development and progression of the fatty liver syndrome. Even though some nutritionists claim that sugars are “toxic”, we consider that this statement is somewhat exaggerated. Consequently, consumption of sugars is not prohibited, but nevertheless all national and international organizations recommend that its contribution to the daily dietary intake should fit with the healthy eating pattern of less than 10 percent of calories per day from added sugars. The use of non-nutritional sweeteners (NNS) may be an interesting solution to reduce both daily caloric intake and glycemic load while preserving the sweet taste. However, recent studies have suggested that NNS are not metabolically inert and can promote overweight and glucose intolerance and induce dysbiosis. Controlled trials are less alarming and NNS may be useful in individuals with obesity and diabetes. In conclusion, apart from manifest abuses, there is no evidence that added sugars and NNS are deleterious and, therefore, the use of sweet products is not unjustified, and the sweet taste appears fully admissible.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Sucres ajoutés, Fructose, Édulcorants intenses, Maladies métaboliques, Santé

Keywords : Added sugars, Fructose, Non-nutritive sweeteners, Metabolic diseases, Health


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Vol 14 - N° 2

P. 126-135 - mars 2020 Retour au numéro
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