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Mise en évidence d’un possible trouble factice (syndrome de Münchhausen) par exposition au chloramphénicol : première identification de l’antibiotique dans les cheveux - 20/11/20

Doi : 10.1016/j.toxac.2020.10.002 
A. Ameline , J.-S. Raul, P. Kintz
 Institut de médecine légale, Strasbourg, France 

Auteur correspondant.

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Résumé

Objectif

Caractériser l’exposition au chloramphénicol, un antibiotique bactériostatique de la famille des phénicolés, dans des cheveux après consommation cachée.

Introduction

Le chloramphénicol est un médicament utilisé dans le passé pour traiter la méningite, la peste, le choléra et la fièvre typhoïde. Ce traitement présente des effets secondaires importants dont le plus grave est l’anémie aplasique, une maladie rare et parfois mortelle qui se manifeste plusieurs semaines ou mois après l’arrêt de l’administration. En conséquence, le chloramphénicol a été retiré du marché français en 2008, mais est toujours commercialisé dans d’autres pays européens, comme la Roumanie ou la Russie.

Cas clinique

Nous rapportons le cas d’une femme de 41 ans, médecin, hospitalisée à de nombreuses reprises dans au moins 6 pays. Lors de son dernier séjour à l’hôpital de Strasbourg, elle demandait fréquemment à l’équipe médicale de lui fournir des antibiotiques supplémentaires, non indiqués pour ses symptômes et à large spectre, et réclamait la pose d’un dispositif invasif tel qu’un cathéter veineux central ou urinaire, sans raison clinique. Durant cette période, deux capsules beiges ont été retrouvées dans son lit d’hôpital, qui ne correspondaient à aucune prescription. L’analyse d’une capsule par LC-MS a permis d’identifier du chloramphénicol à 0,85g/g. En parallèle, une analyse par LC-DAD a confirmé le chloramphénicol. Avec son accord, une mèche de cheveux de la patiente (16cm, châtain foncé, non orienté) a été collectée afin de documenter une éventuelle exposition au chloramphénicol.

Méthode

Une méthode dédiée au chloramphénicol a été développée par UPLC-MS/MS (Xevo TQD) après extraction liquide-liquide à pH 7,0. Les ions spécifiques du chloramphénicol sont m/z 321>152 et 321>257. La linéarité a été vérifiée entre 0,1 et 20ng/mg avec un coefficient de corrélation de 0,999. Les limites de détection et de quantification ont été fixées à 0,005ng/mg et 0,1ng/mg, respectivement. Une confirmation a été réalisée sur un système UPLC-HRMS (G2-XS QTOF), dans les mêmes conditions (m/z 321,0058).

Résultats

Le chloramphénicol a été détecté dans la mèche de cheveux à 13,7ng/mg par UPLC-MS/MS et confirmé par UPLC-HRMS. L’identification de chloramphénicol dans les cheveux n’a jamais été rapportée dans la littérature. L’interprétation de la concentration, du dosage et de la fréquence de consommation est donc difficile à établir. Néanmoins, compte tenu de la concentration retrouvée, dans la gamme du ng/mg, il est acceptable de supposer que la patiente ait été exposée plusieurs fois à cette molécule. En effet, pour la plupart des médicaments déjà étudiés et rapportés dans la littérature, les concentrations après une seule exposition sont dans la gamme du pg/mg, c’est-à-dire mille fois moins que ce qui a été observé dans notre cas. Les patients souffrant de trouble factice, appelé autrefois syndrome de Münchhausen, sont à la recherche de compassion et d’attention. La consommation de chloramphénicol peut tout à fait entrer dans ce cadre puisque de nombreux effets secondaires sont associés à cette molécule. Cependant, l’utilisation de cet antibiotique dans un contexte de trouble factice n’a jamais été décrite.

Conclusion

Les auteurs ont présenté un possible cas de trouble factice par exposition au chloramphénicol. Les Résultats de l’analyse capillaire ont permis d’envisager une consommation répétitive présumée de cet antibiotique. Les cheveux sont la seule matrice pouvant enregistrer les expositions au fil de temps.

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