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Intoxication à l’acide gamma-hydroxybutyrique (GHB) : à propos d’un cas chez un slameur - 20/11/20

Doi : 10.1016/j.toxac.2020.10.006 
P. Duguès 1, 2, , J.-C. Alvarez 1, 2
1 Laboratoire de toxicologie, hôpital Raymond Poincaré, Garches, France 
2 Plateforme MasSpecLab, UMR1173, Inserm, Montigny-le-Bretonneux, France 

Auteur correspondant.

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Résumé

Objectif

Présenter un cas d’intoxication à l’acide gamma-hydroxybutyrique (GHB) dans un contexte de slam (pratique associée à l’injection de stimulants en contexte sexuel chez les hommes homosexuels) nécessitant une hospitalisation en service de réanimation.

Description du cas

Monsieur R., 40 ans, manager en milieu textile, a été admis en réanimation pour un coma calme dans un contexte de polyintoxication ayant nécessité une intubation. Monsieur R. consomme régulièrement de la cocaïne par voie sniffée depuis 15 ans dans un contexte festif et par voie intraveineuse depuis 3 ans. Il est dépisté positif au VIH et est traité par dolutégravir/abacavir/lamivudine (Triumeq®). Il consomme également du GHB, sous forme de γ-butyrolactone (GBL), dans un contexte de slam. Depuis 2 ans, Monsieur R. perd le contrôle de sa consommation et prend quotidiennement de la cocaïne et du GHB. Il a été hospitalisé en psychiatrie il y a un an et est suivi depuis avec un traitement par bromazépam et zolpidem. Monsieur R. est amené au service d’accueil des urgences par la police et les pompiers après appel de ses voisins pour état d’agitation. Le patient présente des traces de piqûres au niveau du bras gauche et est très agité. Il est transféré en réanimation suite à des troubles de la conscience avec un coma calme (score de Glasgow à 3), une bradypnée avec épisodes d’apnée et myosis bilatéral. Un bilan toxicologique urinaire et sanguin est demandé avec recherche de stupéfiants. Un criblage toxicologique en LC-MS/MS Haute Résolution a été demandé dans le sang et les urines.

Résultats

Le criblage a permis de mettre en évidence des cathinones uniquement dans les urines : 3-methylmethcathinone (3-MMC) et 4-methylethcathinone (4-MEC), ainsi que les métabolites de la cocaïne. Du GHB a également été détecté par GC-MS, quantifié dans le plasma à une concentration de 301mg/L.

Discussion

La concentration en GHB retrouvée chez Monsieur R. est compatible avec une prise de GBL ou de GHB dans les 6heures précédant le prélèvement. Des comas ont été rapportés dans la littérature avec des concentrations en GHB de 72 à 300mg/L. Le GHB est très souvent remplacé par le GBL, rapidement transformé en GHB, d’effet plus rapide, moins cher et plus facilement disponible sur le marché. L’administration de GBL entraîne des concentrations maximales plus élevées de GHB. Les substances utilisées dans un contexte de slam sont parfois consommées simultanément, l’association de plusieurs produits stimulants ayant pour effet d’entraîner des sensations d’euphorie et d’augmenter l’excitation et l’endurance sexuelle. On retrouve notamment le GHB (15 %) ou GBL (34 %), les cathinones de synthèse (4-MEC (59 %) et 3-MMC (65 %)) ainsi que la cocaïne (12 %).

Conclusion

La pratique du slam expose à un risque infectieux lié à la consommation de drogue et aux pratiques sexuelles : 82 % des slamers sont séropositifs. Il existe également un risque d’interaction pharmacologique et un risque neuropsychologique avec des complications psychiatriques.

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Plan


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Vol 32 - N° 4

P. 247-248 - décembre 2020 Retour au numéro
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