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Intoxication aiguë au sulfate de cuivre après administration par voie rectale - 20/11/20

Doi : 10.1016/j.toxac.2020.10.012 
M. Martin 1, 2, , E. Abe 1, J.-C. Alvarez 1, 2
1 Laboratoire de toxicologie, hôpital Raymond-Poincaré, Garches, France 
2 Plateforme MasSpecLab, UMR1173, Inserm, Montigny-le-Bretonneux, France 

Auteur correspondant.

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Résumé

Objectif

Le cuivre a historiquement été utilisé pour ses propriétés abortives ou contraceptives. Néanmoins, nous décrivons ici un cas d’intoxication au sulfate de cuivre administré par voie rectale, selon certaines croyances à visée procréative. Description du cas Madame B, 40 ans, originaire du Cameroun, est atteinte de VIH découvert depuis 2 ans, traité par Stribild® (Elvitegravir/Cobicistat/Emtricitabine/Tenofovir). Elle vit avec son mari, séropositif aussi et est désireuse d’une grossesse. Une infertilité a été explorée, ayant entrainé une myomectomie. Elle décide de s’administrer par voie rectale une substance inconnue, sous forme de cristaux bleus, envoyée par sa famille du Cameroun pour favoriser soi-disant la survenue d’une grossesse. À J1, Mme B consulte au service d’accueil des urgences (SAU) pour douleurs abdominales, nausées et diarrhée, où un traitement symptomatique lui est prescrit. À J2, elle consulte de nouveau pour les mêmes symptômes, avec anurie depuis 24heures. Au SAU, on constate une dégradation respiratoire avec désaturation à 74 % et insuffisance rénale aiguë dans un contexte de rhabdomyolyse (créatinine=587μmol/L). La patiente est transférée en réanimation. Les examens mettent en évidence des troubles cardiaques et ventilatoires. À J6, la défaillance cardiogénique se complique d’un arrêt cardiaque récupéré après 8minutes de massage cardiaque et 1mg d’adrénaline. L’insuffisance rénale aiguë nécessite des séances d’épuration extra-rénale. À J8, la patiente est en état de choc septique sur pneumopathie droite avec hyperthermie. Une antibiothérapie large est mise en place et permet une amélioration. La sédation est arrêtée à J12. Les séances d’hémodialyse sont poursuivies jusqu’à la sortie de la patiente, à J35. Un échantillon de cristaux bleus a été envoyé au laboratoire pour analyse après 6jours d’hospitalisation et une cuprémie a été réalisée conjointement.

Résultats

L’échantillon de cristaux bleus a été identifié selon la Pharmacopée Européenne comme du sulfate de cuivre (Cu) pentahydraté (CuSO4.5H2O). En effet, l’ajout d’ammoniaque diluée à une solution de 5g de cristaux bleus dans 100mL d’eau forme un précipité bleu. Le précipité bleu se dissout en donnant une solution bleu foncé après un nouvel ajout d’ammoniaque. De plus, une solution aqueuse à 1g/L a été analysée, après dilution, en spectrométrie de masse en plasma induit couplé (ICP-MS) haute résolution (Element XR, ThermoFisher). Le dosage par méthode validée du Cu dans les cristaux a montré une concentration de 250mg/L, correspondant à une teneur en cuivre de 0,25g/g. La cuprémie est légèrement augmentée à 25μmol/L (N<20μmol/L).

Conclusion

Les intoxications aiguës au cuivre sont caractérisées par un syndrome dysentérique (douleurs abdominales, nausées, vomissements, diarrhée), une hyperthermie appelée « fièvre des métaux », une irritation de la peau et des muqueuses, une hémolyse, une cytolyse hépatique, une rhabdomyolyse, une atteinte rénale, une chalcose (coloration verdâtre de l’œil). Les symptômes de Mme B, l’identification du sulfate de cuivre pentahydraté et la cuprémie encore élevée à J6 sont donc en faveur d’une intoxication au sulfate de cuivre, compliquée d’une défaillance multiviscérale sévère d’évolution favorable. Aucun cas d’intoxication par voie rectale n’a été décrit, à ce jour, dans la littérature.

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Plan


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Vol 32 - N° 4

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