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Inhalation d’irritant : quel suivi à la sortie des urgences ? - 26/02/21

Doi : 10.1016/j.toxac.2020.10.037 
C. Verdun-Esquer , S. Rousseau
 Service santé Travail Environnement, CHU de Bordeaux, France 

Auteur correspondant.

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Résumé

Objectifs

L’exposition accidentelle à des aérosols irritants expose entre autres au risque de survenue d’un asthme induit par les irritants. C’est cette dernière complication qu’il s’agira de dépister au décours du bilan initial fait aux urgences, les premiers symptômes pouvant être retardés.

Méthode

Cet asthme a été initialement décrit après la Première Guerre Mondiale (exposition aux gaz de combats) puis dans diverses circonstances. En 1985, Stuart M. Brooks et al. en fait une description nosographique connue sous le terme de syndrome de dysfonction réactive des bronches (Reactive Airways Dysfunction syndrome ou RADS) autrement appelé syndrome de Brooks [1]. Les critères du RADS étaient stricts associant : un syndrome asthmatiforme avec toux et dyspnée sibilante, apparaissant dans les 24heures suivant l’exposition et persistant au moins 3 mois, survenant après une exposition unique à l’agent causal, ce dernier étant un gaz, une fumée ou un aérosol caustique ou fortement irritant, présent à une concentration élevée, le tableau clinique étant associé à un possible trouble ventilatoire obstructif à la spirométrie, à une hyperréactivité bronchique non spécifique (HRBNS), le tout survenant chez un patient sans antécédent respiratoire et après avoir éliminé une autre pathologie.

Depuis lors, des tableaux similaires ont été rapportés suite à des expositions multiples à des irritants, ainsi qu’à des expositions répétées mais à de faibles doses, ou avec un délai d’apparition des symptômes pouvant aller jusqu’à 7jours. Ces publications ont débouché sur de nouvelles dénominations telles que « Irritant Induced Asthma ou IIA », ou « Low dose RADS »…, et un assouplissement des critères diagnostiques. En 2014, l’European Academy of Allergy and Clinical Immunology a proposé une classification des asthmes induits par les irritants (IIA) en fonction des caractéristiques cliniques, d’exposition et du niveau de preuve du lien entre les expositions à des irritants et l’induction d’un asthme chez un individu donné. On parle alors d’asthme induit par les irritants certain, probable ou possible [2]. Cette terminologie permet de les opposer à l’asthme immunoallergique avec temps de latence.

La physiopathologie reste à l’étude, mais les principales hypothèses sont une altération de l’épithélium bronchique par les composés irritants, entrainant une réponse pro-inflammatoire de la paroi bronchique, une atteinte neurogène par exposition des terminaisons nerveuses, responsables d’un remodelage de la paroi des voies aériennes.

L’évolution est mal connue, les facteurs prédictifs liés à l’individu ou aux circonstances d’exposition restent incertains. Certaines publications font néanmoins ressortir le rôle de la concentration et de la durée de l’exposition comme facteurs pouvant expliquer la persistance de l’IIA. La persistance d’une HRBNS est rapportée jusqu’à 18-24 mois après l’accident d’inhalation dans certaines études. Ainsi de manière générale, l’évolution reste incertaine allant de la guérison, à la persistance voire l’aggravation.

Un suivi à l’issue de la phase aiguë est donc indispensable pour rechercher cet IIA. Si le bilan initial, traité par ailleurs, a surtout pour objectif de rechercher une complication aiguë, un suivi doit être proposé au-delà. Il n’y a à ce jour aucune recommandation sur la nature de ce suivi. Au vu des données de la littérature, nous pouvons néanmoins recommander le protocole suivant. Il apparaît indispensable de contrôler la fonction respiratoire par des épreuves fonctionnelles respiratoires idéalement dans les 7jours suivant l’exposition. Ce bilan devra être renouvelé à 1 et 3 mois. En cas de normalité de la fonction respiratoire, si le patient rapporte des symptômes, un test d’HRNS devra y être associé. Ce suivi sera à renouveler si des anomalies ont été décelées ou en cas de persistance des symptômes.

Conclusion

En pratique les patients symptomatiques se voient très souvent proposer un traitement inhalé anti-asthmatique, avec notamment une corticothérapie inhalée éventuellement associée à des bêta-agonistes à longue durée d’action, avec une efficacité modérée notamment sur la toux.

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Plan


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Vol 33 - N° 1

P. 14-15 - mars 2021 Retour au numéro
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