Strychnine, un vieux produit… toujours d’actualité : Description d’un cas et analyse des décès rapportés aux centres antipoison en France au cours des dix dernières années - 26/02/21
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Résumé |
Contexte |
Les intoxications à la strychnine restent rares, notamment depuis son interdiction dans les taupicides, mais potentiellement très graves puisqu’elles conduisent souvent au décès du patient intoxiqué. Dans la littérature française les descriptions de cas d’intoxications à la strychnine sont peu nombreuses [1, 2, 3]. En janvier dernier le centre antipoison de Bordeaux était contacté pour un cas d’exposition volontaire à la strychnine d’un patient ayant ingéré 5 grammes de poudre de « Strychnine Sulfate Neutre » contenu dans un vieux flacon de substance à usage pharmaceutique et qui a malheureusement conduit au décès de ce dernier. Ce cas est l’exemple que ce poison ancien reste tout de même parfois d’actualité.
Objectif |
Afin d’étayer notre cas, nous nous sommes interrogés sur cet ancien produit et avons réalisé le recueil des cas d’intoxication à la strychnine signalés aux différents centres antipoison français depuis 13 années et nous nous sommes penchés sur l’analyse des décès.
Méthode |
Il s’agit d’une étude rétrospective multicentrique des cas d’exposition à la strychnine recueillis du 01/01/2007 au 30/09/2019 par les centres antipoison français.
Résultats |
L’exploitation des données des centres antipoison sur cette période, a permis d’extraire 94 cas d’expositions à la strychnine. Au total 15,3 % de décès ont été observés soit 15 patients sur les 94 exposés. 47 % sont des décès survenus à domicile. Les circonstances d’exposition étaient réparties en 14 conduites suicidaires et un acte criminel. La moyenne d’âge était de 72 ans, l’âge médian de 77 ans. Le sex-ratio était de 2,75. Sur le plan clinique, lorsque cela a été observé, le décès faisait suite à un tableau de convulsions généralisées suivies de contractures généralisées et arrêt cardio- respiratoire. La survenue du décès après l’exposition, va de 15minutes (comme dans notre cas) à 17jours pour des cas ayant nécessité une réanimation prolongée. Dans 60 % des cas, le décès est survenu en moins de 6heures. La prise en charge a été possible en réanimation dans 27 % des cas (4 sur 15). Les produits ont été identifiés dans plus de 70 % des cas (les taupicides retrouvés contenaient entre 5 et 10 % de strychnine). En l’absence d’identification du produit, 30 % des décès ont été imputés à la strychnine en raison d’une part du tableau clinique évocateur, et d’autre part de la présence d’un produit suspect (conservé de longue date) dans un contexte suicidaire, ou d’une strychninémie positive. Les dosages sanguins de strychnine ont été effectués dans 33 % des cas avec des résultats situés entre 0,5 et 4,2mg/L.
Conclusion |
L’originalité de notre dossier repose sur la rapidité du décès suite à l’ingestion de 100 fois la dose létale, et surtout la présentation pharmaceutique de la strychnine.
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Vol 33 - N° 1
P. 21-22 - mars 2021 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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