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Changement de règlementation sur la codéine en 2017 en France : quelles conséquences pour les pharmaciens ? - 10/04/21

Doi : 10.1016/j.therap.2021.01.016 
Stéphanie Pain 1, 2, , Bernard Fauconneau 1, 2, Julie Ricou 2, Marie-Christine Pérault-Pochat 1, 2
1 CEIP-A de Poitiers, Service de Pharmacologie clinique et Vigilances, La Villa Santé, CHU, rue de la Milétrie, BP 577, 86021 Poitiers cedex, France 
2 UFR Médecine-Pharmacie, rue de la Milétrie, Poitiers, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

En France, la codéine a longtemps été disponible dans les officines sans ordonnance et utilisée pour ses propriétés antitussives ou antalgiques. Cette facilité d’accès était la source de nombreuses dérives notamment les usages détournés comme dans la fabrication du “purple drank” induisant des dépendances à la suite de mésusages répétés. Ainsi, depuis le 12 juillet 2017, tous les produits codéinés ainsi que le dextrométhorphane, la noscapine et la codéthyline ne sont désormais délivrés que sur ordonnance [2, 1]. Le panel de médicaments « conseils » délivrables en pharmacie s’est vu alors diminué.

Méthodes

Une enquête a été réalisée auprès de pharmaciens d’officine, de préparateurs en pharmacies ainsi que d’étudiants en pharmacie afin d’estimer les impacts de cette nouvelle règlementation sur la pratique officinale et le ressenti des professionnels à l’officine.

Résultats

Les résultats de 116 réponses montrent que les pharmaciens utilisaient les produits codéinés comme médicaments-conseils pour de nombreuses indications telles que des douleurs dentaires, des céphalées, de la toux sèche ou encore des maux de dos. De plus, ils observent, depuis cette décision ministérielle, une augmentation des ordonnances falsifiées avec de la codéine. Par ailleurs, les professionnels de santé interrogés sont majoritairement en désaccord avec cette nouvelle loi car ils constatent qu’ils n’ont plus de réels moyens ni d’alternatives efficaces pour soulager les douleurs aiguës sévères. Une autre étude réalisée dans 8 officines a montré une très nette diminution des ventes des 4 médicaments codéinés (Prontalgine®, Codoliprane®, Euphon®, Neocodion®) qui étaient, avant la nouvelle règlementation, les plus délivrés. Seulement une légère augmentation des prescriptions médicales de ces médicaments a été observée, ce qui suggère que les patients se tournent vraisemblablement vers d’autres thérapeutiques pour soulager leurs douleurs.

Discussion

Cette nouvelle loi sur la codeine a modifié la pratique officinale principalement pour le traitement de la douleur aiguë. Néanmoins, il persiste le problème des patients addicts à la codéine qui doivent soit trouver des thérapeutiques de sevrage, soit se tourner vers d’autres substances psychoactives.

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Vol 76 - N° 2

P. 164 - mars 2021 Retour au numéro
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