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Comment prendre en charge le sevrage en prégabaline dans le cadre d’un trouble de l’usage ? - 10/04/21

Doi : 10.1016/j.therap.2021.01.039 
Lisa Langlume 1, Sophie Roy 1, Céline Eiden 1, Floriane Taruffi 2, Julien Gambier 3, Hélène Donnadieu-Rigole 2, Hélène Peyrière 1,
1 Centre d’Évaluation et d’Information sur la Pharmacodépendance-Addictovigilance, CHU Montpellier, 191,avenue du Doyen-Gaston-Giraud, 34295 Montpellier cedex 5, France 
2 Département d’Addictologie, CHU Montpellier, Montpellier, France 
3 Département d’Addictologie, CHU Nimes, Nîmes, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

La prégabaline (Lyrica® et génériques) est indiquée dans le traitement de l’épilepsie partielle, des troubles anxieux généralisés et des douleurs neuropathiques. Les premiers signalements d’abus et de dépendance ont été notifiés en Europe en 2010, et au réseau d’addictovigilance Français en 2011 [1]. La prise en charge d’un trouble de l’usage à la prégabaline est problématique au regard des risques liés à un sevrage brutal et du manque de recommandations. Il s’agit de faire un état des lieux sur la prise en charge d’un sevrage en prégabaline, par l’analyse des cas notifiés au centre d’addictovigilance de Montpellier et de la littérature.

Méthodes

Étude rétrospective, observationnelle des cas notifiés de trouble de l’usage et syndrome de sevrage à la prégabaline entre 2019 et 2020 au centre d’addictovigilance de Montpellier.

Résultats

Six cas de pharmacodépendance à la prégabaline ont été rapportés sur la période. Ils concernent 5 hommes et 1 femme, d’âge moyen 20,6 ans [écart : 16-26 ans]. Les sujets ont présenté un syndrome de sevrage nécessitant une prise en charge addictologique hospitalière (n=5) ou ambulatoire (n=1). Tous consommaient la prégabaline par voie orale, avec une dose quotidienne de 300 à 12 600mg. Leur mésusage datait de 2 à 72 mois. Cinq patients (83,3 %) avaient des antécédents de consommation de substances psychoactives illicites (cocaïne, MDMA, cannabis, opiacés). Les effets recherchés étaient : stimulation, désinhibition, euphorie, anxiolyse, « défonce » ou pour simuler les effets des opiacés. Les symptômes de sevrage observés étaient : paresthésies, dyesthésie, ralentissement psychomoteur, myalgie, céphalées, tachycardie, hyperhidrose, douleurs, nausées, fatigue, agressivité, anxiété, idées noires. Le sevrage de ces usagers a été effectué soit avec du diazépam (4/6), et/ou un antalgique (paracétamol et/ou néfopam) (2/6) soit avec une décroissance posologique progressive de la prégabaline (1/6).

Discussion

Des publications décrivent l’abus de prégabaline à des fins récréatives mais il n’existe pas de protocole de prise en charge du syndrome de sevrage [2]. Pour limiter le risque de convulsion et d’anxiété comme rapporté dans nos cas ou dans la littérature, une benzodiazépine type diazepam peut être intéressante pendant le sevrage avec une décroissance des posologies sur 3 semaines.

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Vol 76 - N° 2

P. 176 - mars 2021 Retour au numéro
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