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Folle analyse : à propos du psychanalyste LGBTQI+ - 01/05/21

Queer-ish analysis: On LGBTQI+ psychoanalysts

Doi : 10.1016/j.inan.2020.11.003 
L. Le Corre
 Psychanalyse médecine et société, université Paris 7 Denis Diderot, 12, rue Eugène Sue, 75018 Paris, France 

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Résumé

Contexte

Une génération a émergé depuis une quinzaine d’années endossant, peu ou prou, le titre de psychanalyste LGBTQI+ et en prennant sa part dans la responsabilité qu’impose l’acte psychalytique.

Objectif

Notre objectif est de mettre en évidence l’articulation entre la thématique de la guérison de l’homosexualité qui traverse l’histoire de la psychanalyse et celle de l’émergence de la figure du psychanalyste LGBTQI+ en considérant que la seconde apparait dès lors que la première est renvoyée à sa valeur de préjugé.

Méthode

Considérant que les psychanalystes LGBTQI+ sont moins un symptôme que le produit d’une pratique de la psychanalyse qui reste à éclairer, notre article à visée exploratoire problèmatise la question du psychanalyste LGBTQI+ en réfléchissant aux conditions d’une enquête plus ambitieuse portant sur la formation du psychanalyste dans le champ freudo-lacanien en France. À l’appui de cette problématisation, nous analysons des textes de Freud et de Lacan et les articles sur le thème parus dans les revues de psychanalyse.

Résultats

iL s’en déduit que Freud et Lacan ont été travaillés par la question de la guérison de l’homosexualité, en signalant d’emblée qu’ils vident ce préjugé dès lors qu’ils parviennent à l’approfondissement doctrinal visé. Pour Freud, l’idée d’une guérison de l’homosexualité survient en 1909 dans un contexte théorique où, faute d’être en mesure d’expliquer l’homosexualité par des arguments internes au champ, il cherche un contrepoint idéologique à la théorie de la dégénérescence qui organise les attendus de la psychiatrie de son temps. Chez Lacan, la question de la guérison de l’homosexualité apparaît au milieu des années 1950, sous la forme d’un renvoi bibliographique, alors qu’il engage la refonte doctrinale de la théorie du phallus. Le renvoi aux travaux de Félix Boehm par ailleurs connu pour sa participation à l’aryanisation de la psychanalyse à Berlin après 1933 est interrogé en ce qu’il signe un déni de Lacan concernant la situation de la psychanalyse en Allemagne. Une fois liquidé le préjugé de la guérison de l’homosexualité, Freud et Lacan soutiendront l’accès des homosexuels à la pratique psychanalytique. Le premier en montrant que la guérison de l’homosexualité est sans objet pour la psychanalyse ; le second, en étant le premier à garantir la pratique psychanalytique d’homosexuels ayant rejoint l’École Freudienne de Paris. Pour autant, l’examen des revues de psychanalyse en France montre que la question de l’adhésion des homosexuels aux associations psychanalytiques n’est pas vraiment d’actualité avant les années 2000 et l’importation dans le champ, de la théorie queer, dans un contexte de modifications substantielles des règles de l’alliance et de la filiation.

Conclusion

L”histoire de l’émersion du psychanalyste LGBTQI+ souligne l’intérêt du travail constant sur les normes et les concepts qui fondent la psychanalyse, sans quoi celle-ci perd sa puissance heuristique et son efficace clinique. Pour autant, cette déconstruction des savoirs, si elle s’appuie pour l’heure sur la théorie queer comme disciplie affine, tire toute sa valeur de se déduire d’arguments internes au champ freudien.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Abstract

Context

Over the past fifteen years, a generation has emerged that more or less assumes the title of LGBTQI+ psychoanalyst and takes its part in the responsibility imposed by the act of psychoanalysis.

Objective

Our objective is to highlight the relationship between the topic of curing homosexuality, which spans throughout the history of psychoanalysis, and that of the emergence of the LGBTQI+ psychoanalyst figure, by considering that the latter appears as soon as the former is reverted to its prejudice value.

Method

Considering that LGBTQI+ psychoanalysts are less a symptom than the product of a psychoanalysis practice that remains to be clarified, our exploratory article problematises the question of the LGBTQI+ psychoanalyst by reflecting on the conditions of a more ambitious investigation concerning the psychoanalyst's training in the Freudo-Lacanian field in France. In support of this problematisation, we analyse texts by Freud and Lacan, as well as articles on this theme published in psychoanalysis journals.

Results

It follows that Freud and Lacan were preoccupied with the issue of curing homosexuality, by signalling from the start that they would render this prejudice meaningless as soon as they arrived at the targeted doctrinal deepening. For Freud, the idea of a cure for homosexuality arose in 1909 in a theoretical context where, since he was unable to explain homosexuality through arguments within the field, he sought an ideological counterpoint to the theory of degeneration that structured the expectations of contemporary psychiatry. For Lacan, the question of curing homosexuality appeared in the mid-1950s, in the form of a bibliographic reference, while he was initiating the doctrinal revision of the theory of the phallus. The reference to the works of Félix Boehm–otherwise known for his participation in the aryanisation of psychoanalysis in Berlin after 1933–was questioned in that it signified Lacan's denial about the situation of psychoanalysis in Germany. Once the prejudice of curing homosexuality had been eliminated, Freud and Lacan would support homosexuals in accessing psychoanalytic practice. The former did so by showing that curing homosexuality is irrelevant for psychoanalysis; the latter did so by being the first to guarantee psychoanalytic practice for homosexuals who had joined the Freudian School of Paris. However, examination of psychoanalysis journals in France shows that the question of homosexuals’ adherence to psychoanalytic associations was hardly topical before the 2000s and before queer theory arrived in the field, in a context of substantial modifications to the rules of alliance and filiation.

Conclusion

The history of the emergence of the LGBTQI+ psychoanalyst underlines the value of constant work on the standards and concepts that underpin psychoanalysis, without which the latter loses its heuristic power and clinical effectiveness. However, this deconstruction of knowledge – while at present based on queer theory as a joint discipline – derives its full value from being deduced from arguments within the Freudian field.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Freud, Lacan, Guérison de l’homosexualité, Psychanalyste LGBTQI+

Keywords : Freud, Lacan, Cure homosexuality, LGBTQI+ psychoanalyst


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Vol 5 - N° 1

P. 47-53 - mai 2021 Retour au numéro
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